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Littérature : Une poignée d’amour

Paul Zahiri | | Litterature

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Etre-en-communauté est un constitutif fondamental pour l’existence de l’homme qui est toujours une coexistence. Un homme existant tout seul est impensable, à peine imaginable car ce serait un monstre. Cela dit, on court vite vers l’idéal de l’amour du prochain qui est vanté à satiété. Mais il est erroné de croire la coexistence humaine déjà fondée sur l’amour du prochain et sur des rapports positifs entres les hommes.

La nécessité concrète de l’usage de moyens supplétifs, et coercitifs, que sont les us et coutumes, les lois, et leur force compulsive, ou l’assistance sociale en apporte la preuve. Leur exigence s’appuie sur le fait que l’homme demeure, souvent dans des formes indifférentes, déficientes, voire même négatives de la coexistence. On peut aimer son prochain, mais on peut aussi lui être indifférent, ou même ne pas l’aimer, et le haïr.

Ce sont là autant de formes, possibles, de la vie sociale. Qui la limitent à des rapports qui sont constamment extérieurs et formels. Où dominent la distance, la réserve, et la méfiance. A regarder de près notre vie quotidienne et ordinaire est faite d’évidence et d’inattention à l’égard d’autrui, et des autres, en général.

Même la fraternité, l’amitié, et l’amour ne sont jamais à l’abri, d’une sorte de dissolution et de perte dans la réticence de la dissimulation, et l’hypocrisie, sociale. Prendre cela en vue, c’est penser à saisir rigoureusement la base phénoménale à partir de quoi les relations humaines peuvent être mieux comprises. L’existence n’est pas fondée sur l’amour du prochain qui n’est qu’une de ses possibilités. Pouvant voisiner avec d’autres possibilités ou faire défaut.

 

Paul Zahiri