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Le professeur David M. Soro revisite Platon et Descartes pour une meilleure comprehention de l’action politique

Raymond Alex Loukou | | Litterature

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Né en 1967 à Pitiangomon dans le Département de Korhogo, David M. Soro est Professeur Titulaire de philosophie ancienne et d’ études africaines à l’ Université de Bouaké. Ancien Chef du Département de philosophie, ancien conseiller technique principal et ancien Directeur de Cabinet Adjoint du Ministre de l’ Intégration Africaine, il est actuellement le Directeur du Bureau Ivoirien pour la Promotion de l’ Intégration Africaine, le Rédacteur en Chef de la revue Lettres d’ Ivoire de l’ Université de Bouaké et Directeur de Publication de la revue scientifique Réveil Africain.

A travers l’ ouvrage  » Deux philosophes de l’ action politique : Platon et Descartes  » il prend part au débat relatif à la place du philosophe dans l’ arène politique. Ce débat loin d’ être suranné, est plus que jamais d’ actualité d’ autant plus qu’ aujourd’ hui le champ politique est investit par les intellectuels. L’ intérêt ici, des propos de Soro David est il me semble, de montrer à l’ opinion, voire la réflexion dans le domaine de le domaine de la politique ne doit pas être considérée comme une pensée allusive et inopérante. L’ intellectuel à penser politique c’est-à-dire s’ engager dans la politique en ayant une prise et une emprise réelle sur le quotidien du citoyen. Le choix des philosophes Platon et Descartes car ils sont considérés comme des philosophes qui ont consacrés des réflexions sur la question. Rompre avec l’ idée du philosophe contemplateur est la démarche du Prof Soro en mettant cet ouvrage au grand jour.

C’ est le Prof Yacouba Konaté, préfacier du livre qui nous instruit le lecteur à travers ces lignes :  » Il ( l’ auteur ) relit Platon et Descartes et il instruit la question des a priori spéculatifs abstraits, question qui disqualifie l’ intellectuel réduit au statut d’ un théoricien sans pertinence pratique « . Pour Yacouba Konaté, en reprenant cette question Soro ne retrouve pas seulement ces auteurs, c’ est la question de la pertinence de l’ activité intellectuelle régulièrement opposée à l’ action qu’ il repose, en écho à l’ accusation récurrente de la réflexion comme activité futile et paresseuse. Se faisant l’ écho de cette pensée, le Prof Soro soutient pour sa part que la vocation de l’ intellectuel ne se réalise que lorsqu’ il descend parmi les siens pour les éclairer, les éduquer.
En effet Platon a toujours estimé que pour une meilleure gestion de la cité, il est important que le roi devienne philosophe ou que le philosophe devienne roi. C’ est ce que reprend l’ auteur en disant que la philosophie ne doit pas être seulement une pure spéculation mais qu’ elle est surtout une action pratique car comme le dit Platon lui-même  » l’ action pratique est la finalité de la philosophie « .

Cet ouvrage de 87 pages écrit dans un style dépouillé permet au lecteur de saisir l’ enjeu de la question qui est en jeu, à savoir le rôle du philosophe dans la politique. L’ auteur ne pouvait trouver meilleure conclusion à son livre à travers ces mots :  » La philosophie a une valeur pratique et est la valeur de la pratique. Sans elle, aucune pratique n’ est possible. C’ est une vérité essentielle que nous apprennent Platon et Descartes « . Cependant dans la réalité des faits, les intellectuels n’ ont toujours pas été des éclaireurs de conscience quand ils ont eu la chance d’ exercer le pouvoir. De sorte que la question s’ est toujours posée à savoir si le pouvoir en lui même ne porte pas les germes de la corruption. C’ est un autre débat qui mérite d’ être convoqué. Pour l’ heure, lisons et relisons le Prof Soro avec un regard critique socle de toute activité intellectuelle. Le livre est paru est paru aux Editions Balafons.