La voie vers la pensée
Philosophes et poètes des belles lettres, artistes performeurs, graphistes et dramaturges dans l’âme, musiciens et acteurs de la scène, journalistes et critiques d’arts, designers et modélistes, architectes des médiums tous amenés à redéfinir selon nos pratiques, l’espace-temps, par notre pensée. Cependant, réfléchir ou travailler sur un même sujet n’implique pas radicalement d’y avoir les mêmes rudiments et moins encore de les aborder avec la même voie d’extériorisation. Les champs de réflexion sur la pensée de la création artistiques divergent selon notre mentalité conduite par notre état d’âme et notre vision d’expérimentation liée aux maintes disciplines de notre choix. Chacun d’entre nous adopte une écriture individualisée en fonction de son esprit critique, la transpose, la projette sous une plastique, dans l’intention de satisfaire naturellement ce que le biologiste Michael Joseph Behe qualifie de « dessein intelligent » dans l’intitulé de son livre « la boite noire de Darwin » : l’atteinte programmée d’une finalité. Nous atteignons tous, fidèlement cette transmission de la mémoire malgré nos pluralités psychomotrices. Que recherche-t-on autour de cette pensée dans la création ? A appréhender les diverses expressions artistiques débordant de codes ? Chacune de ses questions implique des outils et des angles d’approche différents. En revanche une question transversale paraît commune : celle de la place que l’on laisse aux conditions parallèles de la pensée et de la création artistique dans mon analyse de ce corpus.
La pensée, au sens propre, est une conformité à un lien de notre existence et aux réalités qui se présentent face à tout un chacun. C’est pourquoi la vision de ce monde est basée sur la pensée. A l’origine de ce consensuel, la pensée fut une action du corps, une réflexion guidée par une idée. L’esprit qui nous habite donne naissance à la pensée, et celle-ci à son tour, fait naître des événements de notre expérience vécue. Cette expérience, définie comme le cordon ombilical de notre mémoire est notre propre miroir face à nos orientations d’où notre réserve. Cette réserve marque notre nourriture quotidienne et vit en tout être humain. Elle est l’unique lien qui guide notre cognitif à s’orienter vers la raison. Ainsi, cette image de la raison dévolue aux hommes apparaît sous une richesse immense de l’agilité de notre intellect vers une large ouverture des pratiques : la création. La pluralité des disciplines présentées comme la danse, les arts du spectacle, le théâtre, la photographie, les arts visuels, la sociologie, la musique, l’histoire, la littérature, la mode entre autres, sont le jugement de notre esprit raisonné. Ces expressions de transdisciplinarité présentées par le journal culturel « 100pour100culture.com » dans la collection « Arts et Savoirs » se sont saisies de la question des voies parallèles de la pensée et de la création artistique pour l’approfondir sous des angles complémentaires, pour l’illuminer de leurs points de vue pluriels. Comment naît une pensée et quels sont les rouages qui gravitent autours, aux fins d’une création artistique ? La pensée serait-elle un facteur moteur que conjugue les substances sensorielles vers la fertilité d’une imagination chez l’être pensant ? A quoi sert véritablement ce processus parallèle de notre pensée et la création en réalité ?
Désiré AMANI