Exposition dédicace. «Petrus (…), au-delà de l’esthétique structure notre mémoire»

L’ex-ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte D’Ivoire Henriete Dagri Diabaté a dévoilé, récemment, l’essence de son dernier ouvrage, en présence d’éminentes personnalités, dont le ministre ivoirien de la Communication. Ibrahim Sy Savané
La salle de conférences du Cerap (ex-Inades), à Abidjan Cocody, a refusé du monde, le 21 octobre, à l’occasion de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage «Petrus, la gloire du photographe» de Mme Henriette Dagri Diabaté, couplée d’une exposition de photos de son défunt géniteur, Pierre Dagri alias Petrus Dahwgry, sujet du livre.
Au-delà de la présentation, de la critique et de l’analyse du contenu du livre par des spécialistes, ce fut l’occasion de témoignages. Tous unanimes sur les qualités de l’auteur, aux plans humain et intellectuel. Il en est du ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané. Qui, après avoir égrené des souvenirs familiaux relatifs aux œuvres du photographe Petrus, a tenu à rendre hommage à sa fille, Henriette Dagri Diabaté, pour «son humilité, sa simplicité et son profond regard sur la Côte d’Ivoire à travers son livre. Qui est un livre d’histoire, à travers la vie de communauté ». Mieux, Sy Savané y décèle une dose de «spiritualité, une vision tranquille de la vie». À juste titre, il proclame: «Au-delà de l’esthétique, Petrus, la gloire du photographe permet de structurer notre mémoire».
C’est donc dans la droite ligne du propos du ministre que ses collègues du gouvernement, Amon Tanoh, Amadou Gon et Hamed Bakayoko, membres, eux, de la famille politique d’Henriette Diabaté, et bien d’autres militants du Rdr, avec à leur tête leur président, le Dr Alassane Dramane Ouattara, sont venus faire allégeance au talent de l’auteur.

Présentant l’ouvrage, Fatou Kéïta, enseignante et écrivaine, pense qu’au-delà de «la vision à la fois puérile et exacte des faits, sous le sceau d’une relation fusionnelle entre la fille et le père», «Petrus» consacre la «libération intellectuelle sans fausse pudeur». Pour Maurice Bandaman (Grand Prix littéraire d’Afrique noire), «Petrus est un personnage de roman créé par le génie d’un auteur». Car, ses élans bohémiens et picaresques font de lui, «un homme de démesure plutôt qu’un homme de demi-mesure», préférant démissionner d’un poste de commis de l’administration coloniale pour se consacrer à sa passion, la photographie dénote de son «farouche destin de liberté de l’être». Le Dr Cissé Moussa, dans la même veine, emprunte cet oxymore: «Petrus est un rebelle atypique».
In fine, c’est Henriette Diabaté, elle-même, qui rappelant que son récit d’une tranche de vie, de sa vie, par cet acte d’écriture, est à la lisière de la biographie, de l’autobiographie et de la monographie historique, affirme que c’est l’éloge du « Vivre ensemble » qui sous-tend ce livre. Vivre ensemble comme par le passé, à l’époque de Petrus, «en comprenant et en acceptant nos différences pour s’en enrichir mutuellement». Comme dans toutes ces villes du pays (Agnibilékrou, Gagnoa, Odienné, etc.) où l’auteur mène le lecteur au gré des affectations de son photographe de père. D’où son appel, en guise de conclusion de la cérémonie : « Les élections ne doivent pas nous diviser».