Elle a bon dos la tradition

Gaston Paul Effa est professeur de philosophie dans son septième ouvrage, « Nous enfants de la tradition » il montre comment l’Afrique empêtrée dans ses traditions empêche l’individu de s’épanouir et de vivre.
Voici l’histoire : Osele, l’aîné d’une famille africaine est envoyé en France pour terminer ses études d’ingénierie. Ce qu’il réussi avec brio. Mais, une fois ses études terminées, il reste en France, se marie à une Française et a deux enfants avec elle. Mais Osele envoie chaque fin de mois son salaire aux pays, au grand désespoir de sa femme qui a du mal à joindre les deux bouts avec son seul salaire d’enseignante. Enervée, Hélène sa femme le fout à la porte et le mari se retrouve dans un foyer Sonacotra. Commence alors une réflexion sur le poids de la tradition qui veut que chaque africain qui réussit, porte à bout de bras tout le reste de la communauté surtout ci celle-ci a financé ses études.
A travers les pages du livre « Nous enfants de la tradition » Gaston Paul Effa, invite à un voyage intérieur et extérieur où la solitude du jeune narrateur prétend démonter le poids de la tradition. Colère, abattement et nostalgie sont les sentiments qui l’habite. Colère car il tient sa famille restée en Afrique responsable de son incapacité à s’épanouir en France, abattement, parce qu’il ne comprend pas cette tradition qui arrache le pain de la bouche de ses propres enfants et enfin nostalgie car, il se rappelle avec beaucoup de bonheur sa vie en Afrique, beauté des paysages, des mystères du continent.
Mais « a t’on toujours tord face à la tradition » comme le dit avec ironie le jeune narrateur du livre ? Le continent Africain est-il si poreux aux us et coutumes comme le suggère Gaston Paul Effa ? L’Afrique est-il le continent englué dans des traditions qui nient l’individu ?
Assurément, en lisant le livre du Professeur de philosophie de Sarrebourg (Lorraine- Est de la France) on sent le parti pris de l’auteur pour la France-Afrique. Aussi, il est nécessaire et urgent que les travailleurs de la plume d’Afrique sachent une fois encore qu’aucune écriture n’est innocente. Et que nous africains ne pouvons pas laisser à nos ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée, de l’imagination et venir en Europe pour envoyer de l’argent pour faire vivre nos familles restées en Afrique. Car, Paul EFFA ne dit rien d’autre que cela . Lui, qui à l’âge de 9ans a été confié à des sœurs religieuses ; et se définit comme « un esclave » de la langue française.
Car le livre de Gaston Paul Effa, donne le sentiment d’un Afro-pessimisme . Le sentiment que l’Afrique est depuis l’aube des temps restée scotché à l’âge de pierre. Que rien de bon n’est jamais sorti de l’Afrique. Nos yeux boivent l’éclat du soleil et vaincus s’étonnent de pleurer. Car, en dépit des difficultés liées à la tradition, à la globalisation, il y a en Afrique des gens qui au quotidien travaillent au mieux-être du continent en ne pensant qu’à faire avancer le continent sans aucune extraversion. Faut-il le rappeler ? Ce que Paul Effa montre dans son septième livre c’est une Afrique qui ne peut s’en sortir que par de ses enfants expatriés sur un continent où la plupart du temps ils sont relégués à des rôles de domestiques, de plongeurs et d’individus taillables et corvéables à merci . Ce que Gaston Paul Effa suggère aux Africains c’est de s’abîmer dans des génuflexions face aux occidentaux en faisant vivre leurs familles. Et un style fleuri, une écriture flamboyante ne saurait cacher des intentions d’une indignité insultante qui ne fait plaisir qu’aux nostalgiquex d’une époque révolue. Mais, l’Afrique doit-elle toujours être dans une politique du ventre ? Dans une politique de la main tendue vers un occident qui n’hésite pas à lui imposer une mondialisation néo-libérale dont les effets ravageurs sont les crises endémiques que sont les guerres au Darfour, les coups d’Etat au Tchad, les crises alimentaires en Egypte et Abidjan. A la vérité Gaston Paul Effa est nostalgique de la mission civilisatrice.
Pour mémoire rappelons qu’en Afrique l’individu a toujours eu sa place. Mais, selon l’auteur qui parle d’une Afrique qu’il méconnaît, le salut de l’homme africain ne peut venir que d’une collaboration servile avec un occident méprisant qui ne cherche qu’à exploiter ses ressources. Un combat d’arrière garde qui ne fera qu’applaudir les gogos friands d’une époque à jamais révolue (France-Afrique), une coterie d’amis de l’auteur qui ne cherche qu’à s’attirer l’approbation de ceux qui ne cherche que le sensationnel sur l’Afrique. Car à vrai dire le livre de Gaston Paul Effa participe du misérabilisme que certaines personnes veulent donner de l’Afrique.