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Demain, l’essor de la presse ivoirienne?

Soile Cheick Amidou | | Litterature

Isaïe BitonL’avenir de la presse en Côte d’Ivoire. Sujet assez pertinent car ce pan du milieu des medias s’est vu, à juste titre, culpabilisé dans la grave crise qui a balafré la Côte d’Ivoire. Ici, il s’agira surtout de rechercher des mécanismes pour doper le secteur en le rendant plus responsable, plus patriote.

En dehors des décisions institutionnelles des autorités étatiques, les mandarins de la presse ont un vrai travail d’Hercule à faire en amont. Pour nous, les journaux faibles doivent disparaître en fusionnant avec les relatifs « grands » groupes. Cela est possible. Il suffit de s’asseoir et discuter. Il est vrai qu’il s’agit d’une activité de libre entreprise mais un cahier de charges devrait faire reculer tous les navets qui voudraient s’aventurer dans ce marigot. Il faut de grands groupes de presse en Côte d’Ivoire et non des publications qui ne peuvent même pas vendre un demi-millier d’exemplaires. On le sait, aucun porteur de publicités ne choisira de tels organes pour des réclames. Sans ventes ni annonceurs, comment pense-t-on que les patrons de ces feuillets paient leurs employés? Quels plans ont-ils pour survivre ou progresser, sans moyens licites conséquents? Voici ouverte la boîte de Pandore.

En outre, les journaux se doivent de s’octroyer leur « indépendance politique », c’est-à-dire arrêter de prendre leur feuille de route dans les officines politiques. L’idéal serait de s’affranchir, tout en restant proches des idéologies. Cela désarmera les plumes et les claviers. Résultat? Les papiers seront moins partisans et leur qualité s’améliorera. Plus personne n’accusera la presse de semer la graine de la violence et du chaos. Indéniablement! Et comme des abeilles voltigeant vers une ruche de nectar, la publicité et le lectorat viendront pour que les caisses soient viables et fournies. Puis, les groupes de presse deviendront des géants!

Aux gourous du secteur, l’on est tenté de poser cette insolente question pertinente : Le Monde, The Daily Miror, The Washington Post, France Football, El Watan en Algérie, Sud Quotidien au Sénégal, ne vous font-ils pas rêver? Allez, rêvons et prenons l’engagement de bâtir des empires! Fraternité Matin, jouissant des moyens de l’Etat, est sur la bonne voie.

De plus, il faut que les patrons de presse appliquent la convention collective pour mettre les journalistes à l’abri du besoin. A ce moment-là, ils ne tendront plus la main pour quémander ou exiger d’obscurs et humiliants « perdiems ». Ainsi, l’on n’aura plus les articles « commandés et suscités », les papiers de chantage honteux. Le milieu serait dorénavant assaini des charognards et des loups. Et le verger de la confiance reverdira.

Enfin, une bonne politique d’incitation à la lecture des journaux (en papier glacée) pourrait être lancée en s’appuyant sur un marketing de proximité.

Dans ce pays, beaucoup de jeunes qui attendent un premier emploi peuvent faire ce travail de séduction qui boostera les ventes à coup sûr. Il paraît que l’Ivoirien ne lit pas.

Quelle méprise! Si déjà bon nombre de lecteurs pouvaient s’acheter un journal régulièrement, ce serait un bon début. Et cela est possible si l’environnement économique et social s’embellit.

Ce sont là quelques pistes pour jeter les bases d’une presse prospère. Qu’on n’oublie surtout pas que conformément à la Déclaration des Droits de l’Homme, l’information responsable est un droit pour le citoyen.

  

Soilé Cheick Amidou

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