L’héroine de ce petit livre captivant et palpitant s’appelle Colette et elle est originaire d’Afrique.
Une première lecture nous donne l’impression d’un polar ou d’un récit d’aventure à la sauce aux ingrédients africains, tant il s’y trouve la majorité des éléments de ces deux genres romanesques:
Alors que cette aventurière –née n’a que huit ans,elle est mordue par un mamba vert et revient à la vie après trois mois de coma; farouchement éprise de liberté , cette cadette d’une famille de huit enfants préfére déjà la nature à la compagnie de sa sororité avec qui elle s’entend bien par ailleurs: bien qu’un tantinet dissipée, elle est bonne élève et parmi ses camarades de la petite école comme plutard de la fac, elle est tour à tour aimée, détestée, enviée, jalousée.
Il en sera ainsi dans sa vie privée et professionnelle: sa vie sentimentale est jalonnée de scandales, mais aussi des amours platoniques; elle est aimée de Moussa le vendeur de Garda , de son camarade de la fac le timide Roland, en passant par son futur mari Donatien, jusqu’à un rebelle pour ne citer que ces cas de figures . Elle est aussi détestée, délaissée, haie, prise en otage, s’échappera avec l’aide de son gardien soudoyé. Soupconnée d’être agent secret au service de son président, on lui propose d’être agent double.
Une lecture en profondeur montre que Colette est une jeune femme ambitieuse, qui rêve de créer sa propre enterprise. Aussi, contre toute attente cette littéraire, ancienne prof de français et speakerine à la télé, décide de se lancer dans l’entreprenariat.
Elle crée C.Afrika, qui, connaît des horizons incertains pendant ses débuts. D’aucuns auraient déjà tôt fait d’abandonner. C’est peu connaître la battante qui est en elle. Ses promenades sylvestres d’antan ont fait d’elle une initiée des obstacles de la vie. Devant les mille et une difficultés qui l’empêchent de parvenir à son but , il lui suffit de replonger dans cette partie de son enfance pour y puiser des lecons d’equivalence. Elle ne croise pas les bras, mais cherche une issue: par exemple, elle est prête à s’installer dans un ailleurs qui semble plus propice à la continuation et réussite de son enterprise que d’abandonner la voie sans issue que son projet rencontre dans son pays. Ne dit-on pas que nul n’est prophète en son pays? Plus l’obstacle est dur, plus elle s’accroche. Devant un autre obstacle professionnel, elle s’accroche à ses branches épineuses comme jadis la gamine d’alors s’accrochait aux branches de l’arbre qu’elle grimpait. Colette a la rage de gagner.
Pour réussir dans la vie, elle se rend compte qu’il faut oser; elle s’apercoit aussi que cela comporte aussi des risques . Le chemin de la réussite ne sera pas facile pour la novice en la matière. N’est pas facile pour l’expérimentée qu’elle est devenue entretemps. Le chemin est pleine d’écueils tout comme le chemin qu’enfant, elle empruntait pour aller à la plage. Elle court ces risques, soit avec bravoure, détermination, soit avec stoicisme, parfois avec des écorchures, mais aussi avec la main de la chance. Colette est bien cette enfant intrépide qui a survécu à la morsure du serpent comme elle a surmonté tous les obstacles qui l’empêchaient d’atteindre le but qu’elle s’était fixée: réussir. Elle a relevé le défi.
Sur la balance des comptes, La vie de cette femme active est une réussite aussi bien sur le plan national qu’international; Cette réussite est d’autant plus exemplaire que le sujet non seulement est originaire d’Afrique, mais en plus, c’est aussi une femme.
Le succès de celle-ci l’amène à côtoyer les personnalités les plus diverses de ce monde moderne : Mouammar Kadhafi, Idriss Deby du Tchad, Bouteflika d’Algérie, Amadou Toumaré du Mali, Abdoulaye Wadw du Sénégal, L’architecte Roland Lumumba . Voilà pour l’Afrique. Outre-Atlantique, elle rencontre Angela Merkel la Chancelière d’Allemagne. Elle a même croisé Jacques Lang et Francois Hollande. Quel beau tableau de rencontres! A Paris, après le succès de l’expo de sa collection au Parc de Versailles, elle est invitée à RFI par Kidi Bebey à l’émission “ Reines d’Afrique”, ne pas confondre avec le nom de la marque des superbes bijoux “Reines d’Afrique” de la créatrice Méco de Féral, encore un modèle de réussite à encourager et à suivre.
Colette voyage aussi. Elle est toujours entre deux avions. Elle a séjourné dans tous les pays d’Afrique ou presque; en Chine, en Extrême-Orient, en Australie. Il n’y a qu’en Amérique où elle n’a pas encore mis pied , après le traumatisme d’un voyage vers le pays de l’Oncle Tom, voyage bien entamé et malheureusement interrompu après deux heures de vol , ce jour synchronique du 11 Septembre de triste mémoire. L’Europe? Elle connaît aussi pour y avoir été invitée à plusieurs reprises. C’est d’ailleurs à Berlin qu’elle rencontre la Chancelière, qui s’est déplacée spécialement pour venir voir son exposition C.Afrika. Ai-je parlé du tout de la presse qui est toujours au rendez-vous lorsque Colette expose? Pas moins de huit organs de presse, du Berliner Zeitung en passant par Die Welt. A Paris, au Parc de Versailles, mêmement! Même 100pour100Culture de Stockholm était au rendez-vous.
La Femme active .
Colette tranche-t-elle avec l’image traditionnelle de la femme au foyer qui tend à disparaître même en Afrique? Rappellons que ce cliché voulait que la femme se suffise avec ses trois roles: épouse, mere, nourricière du foyer. Pas tout-à-fait, puisque celle-ci est mere et épouse. Colette est aussi une femme qui est consciente que les affaires n’ont jamais fait bon ménage avec l’amour ni avec le role de mère, surtout quand les enfants sont encore à l’âge où il fait mal de se sevrer de la presence maternelle. Mais en femme moderne, Colette essaie de se rattapper en faisant le rappel du temps de son absence lorsqu’elle retrouve ses enfants.
La vie de Colette a ceci de particulier que celle-ci semble avoir saisi la notion du temps. D’ailleurs, ce livre peut même se lire comme l’emploi du temps d’une femme moderne, avec ceci d’original que cette femme est originaire d’Afrique où la notion du temps est aussi élastique que la notion de famille qui comme on le sait, est large comme le même continent berceau de l’humanité. On a l’impression que Colette n’arrête pas de courir. Déjà toute petite, elle courait sur le sentier de la forêt. Aujourd’hui, elle semble courir contre la montre. Ce n’est pas un hazard si le livre est parcouru de précisions sur le temps. J’en prends pour exemple la première ligne de la première page du livre!
Cette pionnière dans son genre s’est vraiment frayée un sentier personnel dans le monde des affaires. D’ailleurs, n’a-t-elle pas découvert un “gisement” de la tourmaline, pierre qu’elle croyait être le “diamant noir” ?
Colette Sanou, alias Corinne Hazoumé nous séduit pour avoir gagné son pari de réussir. Ce n’est pas un roman, mais une biographie romancée de la céramiste Corinne Hazoumé créatrice de l’entreprise C.Afrik. Celle-ci fait désormais partie du nombre croissant d’hommes et de femmes actifs qui courent pour non seulement mettre l´ Afrique à l’heure de ses partenaires européens et autres, mais au besoin les dépasser car ce genre de competition est légal et loyal sur le marché international. Ce sont de beaux exemples à recommender et à suivre .