Avec la sortie de ce nième ouvrage témoignage sur la crise ivoirienne, l’on peut affirmer sans risque de se tromper que la production littéraire ivoirienne est foisonnante. Cette crise aura été, pour ainsi dire, une période de réflexion propice à la création littéraire.
Contrairement aux nombreux écrits incisifs et vindicatifs qui ont meublé la littérature très prolixe sur la crise ivoirienne, l’auteur a choisi le bon ton. Il dénonce ce qui ne va pas et fait par ailleurs des propositions ou ouvre des pistes de solutions.
Koné Satigui, l’auteur de l’ouvrage qui est un ancien étudiant de l’Institut de Sociologie d’Abidjan et, par ailleurs journaliste, fait dans cet ouvrage un véritable plaidoyer : fin des inégalités régionales, lutte contre l’impunité, avènement d’une police non corrompue etc. Telle est la nouvelle vision de l’auteur.
Sous sa plume, il plante, d’entrée, le décor et aborde sans faux-fuyants l’atmosphère politique en Côte d’Ivoire avec la signature des Accords de Ouagadougou en 2007.
Le caractère particulier du gouvernement issu de ces accords est, selon lui, souvent à la base des sons de cloche dissonants.
À travers un style d’écriture simple et très alerte Satigui adopte une démarche progressive qui relate le film de la sortie de crise ivoirienne. Abordant brièvement quelques fois les circonstances du déclenchement de cette crise, l’auteur met un accent particulier sur les circonstances du rapprochement des ex-belligérants.
Dans son diagnostique il passe au peigne fin le nouveau rôle de l’armée dans le processus de sortie de crise. Selon lui, la société civile, est un constat d’échec parce que assimilée très souvent à des appendices de partis politiques, devra se ressaisir et jouer véritablement son rôle de contre-poids du pouvoir.
À l’analyse des forces et faiblesses des principaux candidats à la prochaine élection présidentielle, il se dégager des réflexions de l’auteur que rien n’est joué d’avance. Comme pour dire que les réalités sous les tropiques sont tout autres et que personne dans le cas de la Côte d’Ivoire ne saurait se fier à un quelconque sondage. Puisque cette méthode a déjà montré ces limites à bien des égards.
Pour l’auteur, l’accord de Ouagadougou demeure la boussole idéale pour conduire la Côte d’Ivoire vers une paix durable pourvu que pour un nouveau départ ce soit « l’esprit ivoirien » qui soit de mise.
« Côte d’Ivoire, la paix n’est pas impossible » est un excellent ouvrage à parcourir pour comprendre qu’il y a réellement de l’espoir à l’horizon.