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Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) : Djimadoum Mandekor, ancien Directeur, sonne l’alerte dans un essais

Lucie Assi | | Litterature

Un essai critique et percutant signé par Djimadoum Mandekor, ancien directeur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), met en lumière les défaillances croissantes de la gouvernance de cette institution clé au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). 

Dans son ouvrage “Pour sortir la BEAC de sa gouvernance défaillante” récemment publié aux Editions Jets d’Encre, Mandekor dresse un tableau inquiétant de la détérioration interne de la BEAC au cours des dernières années, dénonçant des pratiques douteuses qui menacent non seulement l’avenir de la banque mais aussi celui de la CEMAC.

Depuis 1972, la BEAC a dirigé la politique monétaire des six pays membres de la CEMAC, contribuant ainsi au développement économique et à la stabilité financière de la région. Cependant, selon Mandekor, des changements institutionnels en 2010 ont ouvert la voie à des pratiques discutables, où les intérêts personnels des dirigeants prévalent sur l’intérêt collectif. L’auteur souligne que cette détérioration a atteint un point critique, mettant en danger la crédibilité et l’efficacité de la BEAC.

L’ancien directeur, désormais retraité, s’est fait le porte-voix des partisans du redressement de la BEAC. À travers des tribunes publiées dans des journaux nationaux et internationaux, Mandekor a attiré l’attention sur le détournement des objectifs de la banque au détriment des populations qu’elle est censée servir. Il offre ainsi une analyse approfondie de la mégestion interne, mettant en lumière la souffrance du personnel et les conséquences désastreuses pour la stabilité économique de la région.

Le livre propose des solutions concrètes pour redonner de l’éclat à la BEAC. Mandekor insiste sur la nécessité de recentrer l’institution sur son rôle initial de moteur du développement économique et financier, ainsi que d’intégration sous-régionale. Son expérience et son expertise en font un guide précieux pour ceux qui cherchent à restaurer la confiance dans cette institution autrefois considérée comme le fleuron des institutions publiques de la CEMAC.

L’extrait de l’essai souligne le déclin progressif de la BEAC depuis la fin des années 1980, avec un point culminant récent lors de l’affaire des détournements de fonds. Mandekor dénonce également la gestion controversée d’un concours de recrutement de cadres supérieurs, exposé par les réseaux sociaux en juillet 2022, ajoutant ainsi une nouvelle couche d’infamie à l’image de la BEAC.

L’essai, publié par la maison d’édition Jets d’Encre, est disponible au format 14,8 x 21 cm, avec 218 pages. Il est actuellement commercialisé au prix de 20,30 €, offrant aux lecteurs une plongée approfondie dans les coulisses de la BEAC et les enjeux cruciaux qui entourent sa survie et sa réforme. 

Djimadoum Mandekor espère que son cri d’alarme servira de catalyseur pour un changement positif au sein de la BEAC, restaurant ainsi sa gloire passée et contribuant au progrès économique de la CEMAC.

Lucie Assi

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