Il y a des hommes et des femmes dont le métier est de lire des œuvres pour en proposer une analyse, une interprétation, disons une lecture. La finalité de leur action c’est de participer à la construction du sens de l’œuvre et inciter le lecteur anonyme à s’approprier du livre. A partir de là, le critique et le chroniqueur participent à donner plus de visibilité à la production littéraire.
Aujourd’hui, il y a une foule de livres publiés, chaque jour, dans le monde, par de milliers de maison d’édition. Sans le critique et le chroniqueur, nombreux sont les livres qui passent inaperçus ou qui disparaissent dans les ténèbres de l’anonymat. Quel drame pour un écrivain qui ne trouve pas de lecteurs ! On comprend alors que le métier de critique est, on ne plus, indispensable. Sévères ou tolérants, les critiques ne peuvent être marginalisés.
Toutes les structures qui œuvrent à promouvoir le livre et toutes sortes d’œuvres d’art ont besoin de coopter au moins un critique. C’est par lui que leur travail de vulgarisation aura pignon sur rue. Ainsi, les journaux, les revues en lignes, les chaines de télévision, les chaines de radio, les maisons d’édition, les librairies doivent sans calcul avoir en leur sein un critique ou un chroniqueur talentueux. Ils doivent ouvrir une ligne budgétaire pour le mettre dans les conditions optimales d’efficacité.
En Afrique, le rôle du critique littéraire ou d’art n’est pas encore bien perçu. Les éditeurs ne trouvant pas le besoin de promouvoir les livres édités, ne peuvent en effet cerner l’utilité d’un critique dans leur personnel. A la radio et la télévision nationale, les choses sont plus sombres. Obnubilées par la politique et les idéologies, elles n’ont même pas une petite émission littéraire pour participer à la promotion de la culture nationale. Le plus marrant est que les écrivains eux-mêmes ont une certaine aversion pour les critiques. Ils les jugent comme des « démolisseurs » voire des aigris qui ne sont jamais satisfaits du travail des autres. Ce qu’ils ignorent est qu’un papier, acéré ou élogieux, sur un livre le propulse d’une manière ou d’une autre devant la scène publique.
En tout état de cause, il faut que le métier du critique soit mieux considéré et appréhendé pour ne pas le confiner dans le chapitre des accessoires ou des périphériques dont on peut se passer. Il est nécessaire que les femmes et les hommes qui prennent leur temps pour parcourir et étudier des œuvres en vue d’en proposer des lectures critiques soient considérés comme des partenaires incontournables, des pions essentiels dans la machine de toute structure artistique et littéraire.
Que l’année 2013 ouvre aux critiques les écluses des chaines de télévision et de radio, des maisons d’édition et des journaux !