LA LIGNE D’HORIZON de Kouamé Samuel Antwi architecte d’intérieur et designer
Activité de création et de production d’objets industriels ou artisanaux, le design se présente sous deux formes. La première s’intéresse à la production d’objets fonctionnels réalisés en grande série et à moindre coût. C’est un design qui installe une sorte de culture universelle dans laquelle on trouve les mêmes objets partout où nous nous trouvons. Cette façon de voir le design est basée sur la théorie « less is more » de Mies Van Der Rohe.
La deuxième forme de design est basée sur la théorie de Robert Venturi, « more is not less, less is above ». Par rapport à cette théorie, le design est abordé comme une création artistique et poétique, un design qui privilégie le rêve et la beauté. Et c’est dans cette seconde démarche qu’opère Kouamé Samuel Antwi, architecte d’intérieur et designer, diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux Arts d’Abidjan puis professeur d’espace et volume.
SES MATERIAUX DE PREDILECTION
Kouamé Samuel Antwi allie le fer, le bois, le verre et le plexiglas. Selon lui, le fer est malléable et sert à la structure de ses œuvres. Le bois est noble, facile à trouver et constitue l’assise ou le dossier des meubles qu’il crée. Le verre et le plexiglas sont transparents et légers ; ainsi interviennent-ils dans la finition. Des objets récupérés dans la nature et le patrimoine socioculturel sont aussi remodelés et plongés dans le présent. Tous ces matériaux rigides ou souples, fragiles ou résistants, imposent à l’artiste une bonne maîtrise de la matière.
Kouamé Samuel Antwi pense que le designer doit relever le défi d’un monde global et être capable de faire coïncider ses créations avec les désirs réels de ceux qui vivent dans son époque.
SES CREATIONS
Chaises, tables, luminaires, horloges avec les jantes de voitures – pour accentuer l’effet de passage du temps – restent ses centres d’intérêts. Il y privilégie la pureté des lignes, la finesse et la lumière. Toute œuvre pour lui est une sorte de poésie où il est important d’associer l’agréable à l’utile. C’est dommage que les gens qui ont de l’argent dans nos pays achètent des œuvres « vieux jeu » du genre Louis XIV ou bien envahissent les super marchés pour y racler tout ce qu’ils trouvent de « beau ».
SA DEMARCHE PLASTIQUE
- L’idée qu’il peut avoir n’importe où et n’importe quand.
- Le crayonnage qui consiste à mettre l’inspiration reçue sur papier.
- L’esquisse qui précise le projet qu’il souhaite développer.
- La construction schématisée de l’objet selon les normes techniques et les choix artistiques.
- La maquette qui donne un avant goût de ce que pourrait représenter l’objet d’art.
- Le prototype.
- Enfin le produit fini en collaboration avec des artisans locaux.
SON MODE DE PRODUCTION
Kouamé Samuel Antwi produit soit en série limitée, soit en pièces uniques parce que généralement, le public qui s’intéresse aux objets design est très snob et jaloux de ses acquisitions. Selon lui « la série tue l’œuvre d’art». Il est donc intéressant de toujours garder un cachet d’originalité et d’unicité des propositions artistiques. Le contexte même de la création en Afrique reste très artisanal. Des problèmes liés à l’industrialisation du design sont encore persistants : manque de moyens financiers, de matériels performants et d’espaces de diffusion des créations.
LE LIEN ENTRE L’ARCHITECTE D’INTERIEUR ET LE DESIGNER
L’architecte d’intérieur se préoccupe plus de l’environnement, même s’il peut quand il en a la capacité s’exercer à la création d’objets dans le contexte d’un aménagement d’intérieur. Le designer a pour mission première la création d’objets ou de produits tendant à l’amélioration de notre mode de vie grâce à leur simplicité, leur humour, leur originalité. Il peut aussi étendre son activité à l’environnement dans les limites de ses possibilités. De nos jours, architecte d’intérieur et designer s’entremêlent parce que leur formation est sensiblement la même et ils travaillent tous les deux à l’évolution positive du milieu de vie.
SON REGARD SUR L’HABITAT ET L’URBANISATION
Kouamé Samuel Antwi estime qu’une maison bien pensée doit correspondre à l’idéal de l’occupant et surtout pouvoir tenir dans le temps. Il est indispensable de faire profiter de la lumière du jour, d’avoir des ouvertures sur l’extérieur et bénéficier de la circulation de l’air. Aussi est-il primordial de tenir compte du nombre de personnes qui doit habiter les lieux. Ce qui n’est pas souvent le cas dans les constructions qui fleurissent partout.
Selon lui, la ville d’Abidjan n’a pas de zones de repos et de parcours en circuit organisé. Les trottoirs et les passages pour piétons sont quasi inexistants. Il n’y a pas de perspective, de ligne d’horizon et d’espace d’aération. Il faut repenser la Ville! C’est pourquoi, il insiste sur le fait que l’Etat doit associer de vrais urbanistes, architectes et designers aux aménagements qu’il entreprend dans nos villes.
SES PROJETS
Avoir une petite unité industrielle de création et un showroom. Enfin, mettre en place une manifestation pour les designers, car ils ont tendance à évoluer en vase clos.
Par Jacobleu