Suivez Nous

WABY SPIDER : « LE SHOW-BIZ EST UN MONDE VIRTUEL OU ALCOOL, SEXE ET MENSONGES SE COTOYENT »

Raymond Alex Loukou | | Evènements

Ancien champion d’Afrique de boxe (catégorie poids plume), Waby Spider est  aujourd’hui Président de la Fédération Ivoirienne de Boxe.  Son parcours n’a pas été un long fleuve tranquille.  Chanteur, il a été dans le milieu du show-biz avec tous ses avatars. Dans ces dernières années, l’homme a été touché, dit-il par Dieu. Après sa rencontre avec ce dernier, il s’est métamorphosé. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Waby Spider est resté égal à lui-même : homme de foi et de conviction.

Pendant la fête de la Tabaski, vous étiez à Adjamé pour la célébrer avec les vôtres. Est-ce une habitude de vous retrouver  à chaque fois à l’endroit où vous avez grandi ?

Tout à fait ! Depuis quelques années c’est devenu presqu’une habitude. C’est devenu un sacerdoce, voire une mission, parce que quand Dieu veut bénir un peuple, il envoie un homme. Quand le diable veut détruire un peuple, il envoie un homme. Et, depuis que j’ai été consacré Pasteur, ordonné, j’ai reçu la révélation, le mandat, Dieu, selon sa parole, dans Acte 26, verset 17 à 18 a dit qu’Il me renvoie là où Il m’a enlevé enfin d’être en bénédiction à ma génération, à la population et à mon environnement immédiat.

Vous savez que la mission suprême de notre Seigneur, Jésus Christ, quand Il a envoyé les douze disciples, Il a dit : ‘’vous recevrez une puissance et le saint esprit viendra sur vous. Vous serez mes témoins dans la Judée, en Samarie et sur toute l’étendue de la terre’’. Mais, la Jérusalem qu’Il situait à eux, Il était en train de leur montrer leur environnement immédiat. C’est-à-dire que si tu rentres dans le sacrificatoire, tu es d’abord envoyé pour sauver les siens avant de sortir pour sauver les autres.

Donc, ma mission commence toujours comme une vague autour de toi et s’étend jusqu’à la rive. Et Il a dit aux douze : ‘’allez dans tout le monde entier et de toutes les nations, mes disciples’’. Je suis né à Bromakoté (NDLR : un sous-quartier de la commune d’Adjamé). J’ai quitté mon quartier, dans les années 1990, pas avant l’âge de 30 ans. Aujourd’hui, Dieu m’a mis à cœur que je ne peux pas être en bénédiction pour le monde entier si je refuse d’être en bénédiction pour ma propre famille, pour mon propre quartier. C’est pour cela que vous ne serez pas étonné de voir à chaque fois à Bromakoté. Non, pas seulement à une occasion de fête, mais je suis ici pratiquement tous les dimanches après mes cultes avec les miens.

Depuis que vous revenez parmi les vôtres, combien d’âmes avez-vous repêché?

C’est beaucoup d’âmes qui ont été converties. En 2007, j’ai fait monter un podium et nous avons commencé notre croisade à la cité RAN à Adjamé et de cette cité, nous sommes venus à Bromakoté. De Bromakoté, nous sommes venus à Attécoubé. D’Attécoubé, nous sommes partis à Anono (NDLR : village ébrié de la commune de Cocody). J’ai sillonné tout Abidjan en commençant par Bromakoté. Et des milliers d’âmes ont été sauvées. Pendant deux semaines à la cité RAN, nous avons pu sauver plus de mille âmes.

A Attécoubé, nous avons fait deux semaines, nous avons sauvé plus de mille âmes. Retenez que chaque fois qu’on fait une croisade dans un quartier, mon église Winners Chapel’s mettait tous les dimanches  un ou deux bus pour convoyer les gens à l’église. Nous avons fait cette action pendant deux à trois ans.

Tous ces quartiers que nous avons sillonnés, il y a des Pasteurs qui sont sortis de là. Ils sont aujourd’hui des Pasteurs missionnaires de Winners Chapel’s à Bouaké, à Daloa, à Abengourou, à San-Pédro, à Yamoussoukro, etc. Nous avons aussi ouvert partout à Koumassi, Yopougon, Treichville, Marcory, Cocody. Lorsque Dieu m’envoie en mission, ma parole n’est qu’éloquence, c’est-à-dire que c’est ma vie qui devient un témoignage vivant pour édifier et pour aider à la conviction que Dieu peut en tout et pour tout.

-Comment était donc, votre vie ?

Ma vie était  une vie de fornication, de blasphème, d’alcoolique, une vie de star. Qu’est-ce que cela veut dire ? Une vie de star mondaine, c’est-à-dire d’affabulation, d’hypocrisie et de fiction. Aujourd’hui, je suis mieux placé pour le dire. Le monde des arts et de la starmania est une vie virtuelle. Parce que la Bible dit : ‘’pour ceux de l’incrédule et le Dieu de ce monde a voilé la face pour ne pas qu’ils voient briller la gloire de Dieu qui est manifestée dans l’évangile du christ’’. C’est-à-dire que le monde est en attraction avec ce qui ressemble le monde ou ce que le monde veut. Qu’est-ce que le monde veut ? C’est l’attraction, la brillance, l’attirance, la gloire mondaine, la jouvence, etc.

C’est le show, le show. Cela veut dire le spectacle, le m’as-tu vu ? Tout cela est l’embellissement pour plaire, pour donner un semblant de bien-être, pour donner une apparence de joie. On crée la joie. Or, on invente la joie, mais c’est de la fiction. Parce que la réalité des uns et des autres, les rattrape toujours. Donc, ma vie était confinée dans cet environnement de mensonge et de reniement de soi. Parce qu’on cache ce qu’on est pour montrer ce que le monde veut pour être  bien. On se maquille pour aller devant les caméras, les photographes. Tout ça, c’est de la fiction. Mais en réalité, nos problèmes quotidiens demeurent, le poids de nos responsabilités nous submergent. On ne peut pas les exprimer en public. On est dans un carré entre journalistes et stars. On se cache des vérités et on cherche des solutions parmi les gens qui sont nantis. On a envie de paraître et on se donne à eux comme sur des piédestaux pour qu’ils s’agrippent pour monter un peu. C’est la même chose que pour  la vie des nanas prostituées qui veulent prostituer tout le monde. C’est dans ça que j’ai vécu. J’avais deux bars, deux maquis. Toutes les stars venaient. On se ment, on se blague et on s’arrose au Whisky. Et le lendemain, chacun vit ses réalités. Voilà ce monde où j’étais.

Le monde de reniement, de revirement, de fantasme et surtout de fornication. Les nanas, on les changeait comme des chemises.  Pour moi, c’était un monde de faux, de mensonge. Aujourd’hui, Dieu m’amène à dévoiler tout ça et à montrer aux uns et aux autres qu’on peut faire bien. J’ai eu une révélation sur le culte et la culture.

C’est-à-dire la culture au service du culte pour la gloire de Dieu. Ça peut se faire. On peut glorifier Dieu par tout moyen avec tout ce que Dieu a mis en nous. Parce que l’art est essentiellement un don. C’est un talent donné. Ce, à quoi tu mets ce don-là, détermine le royaume que tu sers. Si le royaume est assujetti  pour le mal, tu deviens un serviteur du mal. Si ce talent est assujetti pour faire le bien, tu deviens un serviteur du bien.

Le jour vous avez accepté d’être enfant de Dieu. Est-ce que quelque chose a véritablement changé dans votre vie ?

Ce ne sont pas que des choses qui ont changé dans ma vie. C’est ma vie, elle-même qui a changé. C’est-à-dire de la mortalité, je suis rentré dans l’immortalité. La Bible dit qu’il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Christ. Moi, qui étais un fornicateur, adultère, alcoolique,  menteur. Par cette grâce du salut, je suis sorti des ténèbres pour maintenant m’asseoir dans la splendide lumière du Dieu glorieux. Et ce corps qui était prostitué à tout le monde, est devenu un corps privilégié où habite le Saint esprit. Ce corps n’est plus vilipendé, n’est plus accessible à n’importe qui.

Soyez un peu plus clair…

C’est un processus où Waby Spider a résisté longtemps. J’étais en mission artistique à Yaoundé en décembre 1990, j’étais en compagnie de Consty Eka, Yves Zogbo Junior, Baïlly Spinto, Tshala Muana, Guillou. Nous étions invités par la CIRTV pour une émission appelée ‘’ Noël en couleurs’’. Après une émission à la télé,  le président (NDLR : aujourd’hui Révérend NDigua) du Diamant football club de Yaoundé est venu à mon hôtel. C’est un homme que je ne connaissais pas. Il est passé par Consty Eka pour me voir. Il m’a dit qu’il a reçu une révélation que j’allais sillonner le monde pour annoncer l’évangile du Christ. Je lui ai dit qu’il se trompait. Parce que j’étais issu d’une famille musulmane. Ce monsieur a insisté et m’a offert une Bible. Quand on a fini notre contrat et qu’on devait retourner sur Abidjan, bizarrement, j’étais le seul à être resté  à Yaoundé. Parce que j’étais le seul à n’avoir  pas eu de place dans l’avion. J’avais mon numéro de siège et tout était enregistré. Je suis resté trois jours de plus à l’hôtel. Pendant ces trois jours, j’étais avec ce monsieur. Il me parlait tous les jours de Dieu. Même de retour à Abidjan, le monsieur continuait à m’appeler.

Quand je voyais ses appels, je ne décrochais pas. Parce qu’il m’agaçait. J’ai résisté pendant huit ans. Je n’ai jamais voulu accepter le Seigneur. Alors que Dieu avait par l’intermédiaire d’un autre missionnaire européen a révélé à  mon épouse que votre mari sera un homme de Dieu. Ainsi, j’ai demandé à Dieu si c’est par des hommes qu’il passe pour me faire des révélations, pourquoi Lui-même ne le fait-il pas ? J’étais un chrétien du dimanche.

Dieu a- t- il mis des embûches sur votre chemin pour que vous l’acceptiez, sincèrement…

Oui ! Il y a eu beaucoup d’oppressions. Il faut comprendre que Dieu a les moyens de sa volonté. J’étais un mondain. Dieu m’a montré l’infidélité des hommes et sa fidélité. C’est-à-dire que je n’ai jamais pu avoir de satisfaction dans une relation humaine. J’allais de déception en déception. Je suis quelqu’un de très sensible et sentimental. Je suis quelqu’un qui s’attache facilement aux gens. Et dans mes relations, je suis total. C’est ce qui m’a poussé à être boxeur. Parce que souvent j’ai envie d’aboutir dans mes convictions sans attendre l’apport des uns ou des autres. Je ne veux pas dépendre des gens. Je ne veux pas qu’à cause de l’inaction de quelqu’un, je n’arrive pas à atteindre un but. Ça, c’est mon trait de caractère. Allant de déception en déception, de frustration en frustration. Quand Dieu s’est illustré en moi. Car, avec lui je ne serai jamais déçu. Les hommes vont me trahir, mais lui ne me trahira pas.

Comment vos parents, vos amis et connaissances ont-ils réagi quand vous leur avez annoncé que vous êtes à présent un chrétien ?

Il y a eu beaucoup de réactions et différentes réactions. Au niveau des parents, c’était la déception. Parce que je suis orphelin de père et de mère, mais j’avais la charge des moyens de la croyance de mon oncle musulman. J’ai été conditionné par lui pendant la Tabaski. Je lui ai promis qu’advienne que pourra, qu’il aura son mouton, même si je suis très loin de lui, j’aurai les moyens de faire venir son mouton. C’est un engagement que j’ai pris jusqu’à sa mort. Mais, quand je suis devenu chrétien, il était déçu. Dans la famille, c’était la même chose. Au niveau des amis, ça été interprété différemment. Déception pour beaucoup. Au point où certains amis m’ont dit que je suis devenu chrétien à cause de l’argent. J’ai accepté cela, parce que Dieu a dit : ‘’l’or et l’argent m’appartiennent’’. Il y a eu beaucoup d’interprétation. D’autres ont dit que je suis devenu chrétien, parce que ma femme est chrétienne. Mais, aujourd’hui, tous ceux qui m’ont combattu, sont devenus des gens qui rendent gloire à Dieu de cet appel sur ma  vie. Parce que je suis devenu une bénédiction, un soutien spirituel incommensurable pour leur propre vie.

Est-ce qu’il arrivait que les gens vous fuient?

Non ! Je n’étais pas un pestiféré.

Aujourd’hui, quelle est votre relation avec les musulmans…

Pour beaucoup de chrétiens, quand ils deviennent chrétiens, ils rentrent en hostilité avec les musulmans.  Au point où les gens s’écartent de leur famille, de leur environnement, s’écartent de leur vie d’ami. Ils rentrent en hostilité de façon ouverte et flagrante. Dans mon cas, ce n’est pas ainsi. Par exemple voici mon doyen, M. Silué Seydou (NDLR : le monsieur en question était en face de lui) est un responsable spirituel dans la mosquée Djiddah à Bromakoté. Je suis son petit-frère du quartier et je suis Pasteur. En tant que Pasteur, à cause de l’intérêt que nous portons à notre quartier et aussi à la vie humaine, s’il y a des choses qui se passent dans le quartier au nom de la communauté musulmane, il me fait appel et me  les  soumet.

L’éclairage spirituel que Dieu me donne est souvent mis à contribution. L’année dernière, j’ai fait le carême avec mes frères musulmans. Chaque soir, je venais rompre le jeûne avec eux à Bromakoté.

Après ma licence en théologie en 2004, j’ai compris que le musulman est attaché à la loi. La loi n’est rien d’autres que les cinq premiers livres de la Bible qui sont les livres Deutérocanoniques. Le livre de la loi. Ces livres de la Genèse, l’Exode, Nombres, Lévitique et deutéronome. Ce sont des livres qui ont été écrits par Moïse. L’ancien Testament que vous voyez est exactement le Coran.

Nous sommes liés par beaucoup plus de choses que ce qui nous divise. Ce qui nous divise est tellement minime et ce n’est pas une raison de se regarder en chien de faïence. On a beaucoup de choses en commun avec la communauté musulmane. Je me suis proclamé le seul Pasteur des musulmans. Parce que je suis avec mes frères, ils m’ont accepté, je l’ai accepté. Et nous sommes en bonne intelligence. On n’a pas de conflit spirituel. Même parmi mes frères musulmans, il y a un Pasteur qui est sorti de là. Ce dernier est aujourd’hui, le directeur de la mission de Winner Chapel ‘s à Bouaké. C’est pour vous dire les voies de Dieu sont insondables.

-En avril 2012, vous allez organiser un grand gala de boxe. Est-ce le grand retour de Waby Spider à la boxe ?

Ce travail est un mandat divin d’aider dans tous les secteurs de la vie où nous sommes passés. Où nous avons excellé, il nous appartient de tendre la perche pour aider  d’autres à sortir du ghetto. Donc, le gala de boxe que nous allons organiser en avril 2012, c’est de promouvoir la boxe en Côte d’Ivoire. A côté de cela, c’est de susciter la boxe chez les jeunes. Waby Spider Boxing Association (WSBA) va commencer la détection dans toute la ville d’Abidjan. Trouver les bonnes graines et les mettre dans des structures pour les encadrer.

 Nous sommes en train de créer une Académie de la  boxe à Yopougon. Les galas que nous allons faire, soient un cadre de motivation de nos enfants. Cela va nous permettre de les former, de les lancer dans des tournois que nous allons appeler ‘’Challenger’’.  Nous allons faire des challenges à travers le District d’Abidjan que nous allons promouvoir sur le plan national et international.

Quelle est la perspective de la boxe pour vous ?

J’ai une perspective nationale pour la boxe. A notre époque, on n’a pas eu de devanciers pour pratiquer la boxe au haut niveau. Avec une vision claire de ce que nous avons, aujourd’hui. La génération actuelle a la chance de nous avoir. Ça sera un péché si nous refusons de l’aider.

Nous connaissons les limites qui ont bloqué la boxe. Les champions de boxe de Côte d’Ivoire étaient des illettrés. Quand les gens comme  Salam Ouédraogo parlaient, on se moquait d’eux.  Nos devanciers étaient analphabètes. A cause de notre claire vision, les gens se fâchaient avec nous. Ils disaient qu’on voyait trop clair. Aujourd’hui, nous, on veut ouvrir la porte à nos enfants. On veut aussi que les boxeurs en Côte d’Ivoire, garent leur cylindré devant leur maison comme les footballeurs. C’est possible.

La boxe peut donc nourrir son homme…

Bien sûr ! Elle peut nourrir son homme si elle est bien organisée, bien rétribuée et bien redistribuée. Un gala de boxe, si on l’organise peut engloutir des millions. L’organisateur ne prend pas en compte la prime d’un boxeur qui est un facteur dans le coût de production de ces galas. Il prend tout en compte, sauf le boxeur.

 Pourquoi ? C’est un mépris. S’il prenait cela en compte en premier et il se dit qu’il faut donner 2 millions au boxeur. Il faut chercher maintenant une salle. Il allait faire un bon calcul et les sponsors qu’il allait avoir en conséquence, il allait rétribuer selon ce que lui-même il a dit. C’est lui-même au départ. Il met les boxeurs en off. La boxe peut nourrir son homme si ceux qui veulent la faire la connaissent vraiment. J’ai été le seul boxe ivoirien, africain qui a boxé et qui a touché des millions. Même les Séa Robinson n’ont pas eu prime de million.

Ce n’est pas être un peu prétentieux …

Ce n’est pas être prétentieux. J’ai compris la valeur de ce que je suis par rapport à ce que les gens attendent de moi. J’étais le champion. Aujourd’hui, il y  a des boxeurs qui supplient des promoteurs pour participer à des galas. C’est pour cela qu’on ne les prend pas au sérieux.

Avec un tel acharnement, les gens diront que Waby Spider veut être à la tête de la fédération de boxe…

(Il lève le ton) Je ne cherche même pas à être à la tête de la fédération de boxe en Côte d’Ivoire. J’ai Waby Spider Boxing Association. Je suis président à vie et je vais faire quoi avec la fédération où le mandat est de quatre ans. Je n’ai pas besoin d’être président de la fédération pour organiser des galas de boxe.

La boxe n’a pas évolué en Côte d’Ivoire. Alors que c’était le sport préféré de Feu Félix Houphouët Boigny…

La boxe a évolué à l’époque. Mais elle est ‘’morte’’ avec le décès d’Houphouët. La technologie que nous avons aujourd’hui, on n’avait pas ça à ce moment. On nous faisait des retransmissions de gala de boxe. La Côte d’Ivoire veillait pour suivre des combats aux USA, parce que les moyens étaient dégagés. Le Président Houphouët a fait venir des champions en Côte d’Ivoire comme les Mary Konaté pour les loger et les payer. Ils étaient pris en charge, rien que pour susciter la boxe aux gens. C’est comme cela que je suis devenu boxeur. Après la mort de Boigny, il n’y a plus eu de soutien matériel ni politique pour la boxe. C’est pour cela qu’elle n’a pas encore évolué.

La boxe était aussi managée par un passionné comme M. Henri Bourgoin. Houphouët était son meilleur soutien. Il a démissionné, parce qu’il ne pouvait plus avoir de l’argent pour organiser des combats de boxe. Tous ceux qui sont venus à la tête de la fédération sont venus pour se donner un nom, non pas pour aider la boxe. Quel président de boxe aujourd’hui, se bat pour la boxe ? Chacun vient pour se servir de la boxe pour se faire voir un peu. Ils ne connaissent pas la boxe et ne savent pas la manager.

Avec vous, c’est le réveil de la boxe en Côte d’Ivoire…

Je dis si la boxe doit échouer maintenant là, elle n’a plus le choix. C’est trop tard. Je n’ai jamais échoué dans ma vie. Tout ce que j’ai touché, j’ai été toujours le meilleur. Ce n’est pas l’orgueil. Je suis l’unique boxeur  ivoirien qui ai arrêté la boxe, invaincu en 1990.

Avez-vous été satisfait de votre carrière de boxeur ?

Pour ce que je devais faire selon le plan de Dieu, je l’ai fait avec satisfaction. Mon départ prématuré de la boxe est une déception pour beaucoup de fans de la boxe. Je les comprends. Mais, aujourd’hui, ils sont contents de me voir.

Qu’est-ce que vous avez retenu pendant votre carrière de boxeur au moment de Feu Houphouët Boigny ?

C’était la seule personnalité dans le monde, qui a aimé et qui a aidé la boxe. Pour tous les boxeurs du monde, Houphouët est le plus grand soutien que la boxe n’a jamais connu. Je n’ai pas eu la chance d’être managé par son environnement. J’ai été même opposé par son environnement. Mon dernier combat en 1989 contre Hagler qui représentait Yamoussoukro. La volonté des dirigeants de l’époque voulaient que Hagler gagne pour faire plaisir au Président. Malheureusement, il a perdu.

Houphouët  était une personnalité d’une qualité exceptionnelle. C’était un papa, un grand-père pour nous tous. Son amour pour la boxe n’a jamais fait de préférence. C’était un homme d’une générosité illimitée. Il a été bon, pas seulement pour les boxeurs.

Est-ce que le Président vous a reçu une fois en tant que champion de Côte d’Ivoire et d’Afrique ?

Votre question peut sous-entendre l’argent. Qui peut dire qu’il n’a pas reçu de l’argent du Président Houphouët ?

Un homme de Dieu dans la boxe. Est-ce qu’il n’y a pas de paradoxe ?

Pas du tout. Je vais vous montrer (NDLR : il ouvre sa Bible). La Bible dit : ‘’Depuis le temps de Jean-Baptiste, le royaume de Dieu est forcé. Et ce sont les violents qui s’en apparent’’. Cette violence-là peut être vue spirituellement et physiquement. Les gens m’ont dit sous quelle inspiration, j’ai chanté ‘’Erreur de gawa’’, sorti en 1987. La loi biblique, c’était œil pour œil et dent pour dent. Selon Dieu sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon. La Bible dit : ‘’L’âme qui pèche, c’est elle qui mourra’’. C’est-à-dire aujourd’hui, la grâce unique de notre Seigneur Jésus Christ, est manifestée pour ceux qui s’abritent derrière Christ. A part cela, c’est la loi. La boxe est une illustration, elle n’est pas méchante. Mais, c’est une violence pour posséder sa profession en vue de sortir du ghetto, de l’encasernement du diable. La pauvreté est une affliction du diable, la misère est une affliction du diable.

Tout moyen qui n’a pas pour intention de détruire, qui est utilisé pour sortir, n’est pas en contradiction avec la volonté de Dieu. Fabriqué des champions de boxe pour devenir milliardaire, n’est pas en contradiction avec Dieu. Trouver une solution pour eux, n’est pas en contradiction avec Dieu. La Bible dit que l’exercice physique est peu profitable, mais c’est l’exercice spirituel qui est plus profitable.

De la boxe, vous êtes passé chanteur et homme de show-biz, aujourd’hui…

Effectivement. J’ai eu le premier Prix Ivoire Dimanche de meilleur chanteur de Côte d’Ivoire en 1989 avec mon titre ‘’SIDA’’.  J’ai sorti en 1990, un album ‘’Complot coup d’état’’. Je demeure toujours la musique sur le plan technique et vocationnel. Je prépare mon retour sur la scène musicale. Cette fois-ci pour la gloire de Dieu. Ça sera la musique thérapeutique. Le nombre de titres n’est pas encore défini. Je compte aussi révéler de nouveaux talents.

Il y a des noms…

Les Galliets, c’est Waby Spider Production. C’est moi qui ait produit leur album avec le titre ‘’Samedi soir’’ en 2002. J’ai produit Allan et Nicaise en 1999. Actuellement au niveau de la Waby Spider Production, je suis intéressé par les musiques non révélées. Je cherche dans les régions de Côte d’Ivoire, des musiciens ou chanteurs dont les musiques n’ont jamais été modernisées. Je suis en train de faire une bonne expérience avec le jeune Wondy de la région de Bouna. Nous avons travaillé sur sa musique pour le faire connaître.

Quand Waby Spider n’est pas occupé, qu’est-ce qu’il fait ?

Je suis dans la méditation, la lecture spirituelle. Je suis aussi dans ma ferme pour m’occuper de mes moutons, poulets, lapins.

Waby Spider est-il un papa poule ou dur avec ses enfants…

Je suis les deux. La Bible dit : ‘’quel est cet enfant qui est exempt de la correction à laquelle tous ont droit ?’’ Si quelqu’un est épargné de la correction qu’on inflige à tous, c’est que, c’est un enfant illégitime. La Bible dit aussi : ‘’qui est le père qui ne châtierait pas l’enfant qu’il aime ?’’ Si tu l’aimes, il faut le corriger. Donc, la correction n’est pas antipathique à Dieu. Il est un Dieu de correction. Dieu veut que tout se fasse dans l’ordre et dans la décence. L’amour est la caractéristique de Dieu, mais la répression est sa voie de correction. Mais, ça se fait toujours avec amour.

Combien d’enfants avez-vous, aujourd’hui ?

Je suis marié depuis plus de 20 ans avec Melchilde et père de huit enfants dont quatre garçons et quatre filles.

Loukou Raymond-Alex