Prix Nobel de la paix 2011: Ellen Johnson-Sirleaf honore l’Afrique

«La dame de fer» vient de recevoir le prix Nobel de la paix le 7 octobre 2011, prix qu’elle partage avec sa compatriote libérienne Leymah et la yéménite Tawakkol Karman alors que la célèbre revue Forbes vient de la nommer « femme africaine la plus puissante ».
Ellen Johnson-Sirleaf revient de loin. Cette économiste née à Monrovia en 1938, sortie de Harvard en 1971, décide de s’investir pour son pays et occupe le poste de secrétaire d’Etat aux finances puis de Ministre des Finances sous William Richard Tolbert (20ème président libérien du 23 juillet 1971 au 12 avril 1980).
Suite à l’assassinat de ce dernier lors du coup d’état de Samuel Doe, elle est une des seule Ministre à être épargnée. Elle est toutefois contrainte à l’exil et retourne aux Etats-Unis où elle occupe divers postes dans la finance avant de prendre fonction en 1992 au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Le 16 janvier 2006, elle devient la première femme élue présidente en Afrique. Rappelons que le Liberia a été dévasté par une guerre civile pendant plus de 14 ans et qui fait partie des plus atroces, avec le génocide rwandais, que l’Afrique ait connues. Elle reprend ainsi les rênes d’un pays anéanti mais arrive à faire comprendre à sa population qu’il ne changera pas d’un coup de baguette magique.
Durant son premier mandat Ellen Johnson Sirleaf a su redonner à son pays le Liberia l’espoir et, de main de maître le pacifier. Dans le même temps, elle a pu ramener plus de 16 milliards de dollars d’investissement étranger à son pays dans le secteur des mines et du pétrole.
Par ailleurs, elle vient d’obtenir l’effacement de 5 milliards de dollars de dette afin de lancer les chantiers de construction de routes, d’écoles et hôpitaux. Selon les chiffres, cette initiative devrait permettre une croissance PIB libérien de 6,9% en 2011.
Candidate actuellement à sa réélection, elle est en position idéale pour gagner le second tour et ainsi de poursuivre sa politique d’ouverture économique qui a permis au Libéria de faire partie, selon la Banque Mondiale, des pays sub-sahariens dont l’économie s’est le plus améliorée (most-improved economies for entrepreneurs).
Ellen Johson Sirleaf en faisant la fierté de son pays rend hommage aux africains et surtout aux africaines. Elle démontre ainsi combien Gandhi avait raison en ces propos :« Appeler les femmes «le sexe faible» est une diffamation ; c’est l’injustice de l’homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes»!