La Guinée a fêté ses noces d’or avec son statut d’indépendance le 2 octobre 2008 . Située en Afrique de l’ouest, avec ses 10 .211.437 millions âmes et ses 245.852 km2 de superficie , cette figure curviligne, assise sur l’Atlantique, tout en puisant ses autres sources dans les fleuves Niger, Sénégal, et Gambie, ne compte pas moins de six pays frontaliers . Son président actuel est le Général Lansana Conté.
Cet Etat historique , dont la capitale est Conakry, est connu à plus d’un titre : pour son « non » au Général de Gaulle en 1958 par la bouche de Sékou Touré; pour ses amazones, d’aucunes de la police, d’autres militaires , d’autres encore pilotes de l’armée de l’air. Nous n’étalerons point ses ressources naturelles comme le Fouta Djallon ou ses ressources minières . Nous voulons juste relater comment Omar Diaby, président de l’association des guinéens, avec ses compatriotes et amis, ont fêté le 4 octobre cet évenement dans la capitale scandinave. Le cadre de réjouissances choisi a été la Folkhuset (la maison du peuple) de Rågsved, bourgade située à une vingtaine de minutes de Stockholm.
La salle est comble, bien des heures avant que le spectacle ne commence. La scène, habillée sur fond mural du drapeau national aux couleurs verticales rouge , jaune et vert , comporte d’imposants instruments de musique et a ainsi l’air d’un immense tableau de nature morte . Il est bon de rappeler que le rouge symbolise le travail ; le jaune , la justice, et le vert, la solidarité.
Il faut bien croire que l’Afrique a sa propre notion du temps qui se résume ainsi: Le temps n’est pas l’heure.
En tout état de cause, ce qu’il y a de bien dans les retards, c’est qu’ils excitent notre impatience, creusent notre appétit, et nous font épouser nolens volens la philosophie optimiste.
Et la preuve est que la soirée a bien fini par commencer. La nourriture nous a d’abord été servie, et pour taire les grondements du ventre, et parce qu’elle est succulente ,nous l’avons entamé sans manière.
A suivi, presque simultanément, le défilé de mode de la créatrice Yat Touré. Celle-ci n’en est pas à son premier défilé. L’on se souvient de son tout récent défilé estival dans la boutique Bourkina Faso à Gamla stan . Elle a mis tant de doigté, tant de messages inédits dans les tissus d’indigo de Guinée, dans le wax de fabrication africaine, pour en sortir des jupes, des robes, des djellabah, des tuniques , des blouses , sans parler de ses chapeaux aux matériaux tissés au Bourkina Faso, et inspirés des chapeaux des chasseurs du Mali, en ce jour anniversaire de cette fière Dame, que les spectateurs que nous sommes en sont touchés. Ses mannequins sont de tous âges et de toutes les tailles: enfants, jeunes et adultes ; des deux sexes : hommes et femmes ; de toutes les couleurs: entre autres, toutes les variétés du noir, du blanc, et bien entendu ,du fruit de leurs mélanges : les métis. Un clin d’oeil bien réussi à l’humanité dont ce continent africain est le berceau et la Guinée l’une des filles.
La scène est large et ces mannequins « omniraces », parfois seuls, parfois en couple, défilent avec élégance au rythme d’une musique venue des nuits africaines et se prêtent avec complaisance aux clic clac des dizaines de photographes dans l’assistance.
C’est captivant et davantage… Tous les sens trouvent leur bonheur. Pendant que la bouche continue à mâcher un morceau de poulet porté par des doigts avides, et le nez d’aspirer les bonnes odeurs du mafé (sauces d’arachides) accompagnant le riz, les yeux grands se délectent du spectacle des beaux mannequins se mouvant devant eux.
A enchaîné la musique. De Kalabante aux notes modernes à Chapeaux de Guinée aux accents plus traditionnels, , en passant par Yigi et Fanta Yayo, ces vitrtuoses des percussions , de la kora et de danse nous ont arrachés des tonnerres d’applaudissements. L’africain a le rythme dans le sang. Cet adage s’est encore vérifié . Mais cette qualité ne lui est plus désormais exclusive . En effet, sous les battements de tam-tam, deux danseuses suédoises du groupe kalabanté ( oui, suédoises blanches ! ) ont surgi et les voilà dansant, se tordant telles des lianes des forêts tropicales , charmantes, libertines, quitte à être taxées par les leurs d’osées, que l’on aurait juré qu’elles avaient des ancêtres africains. Ce sans-gêne confirme bien que « kalabanté » qui se traduit par « effronté », porte bien son nom : c’est agréablement effronté, coquin même, endiablant et charmant ! Fanta Yayo une grande et ravissante artiste aussi populaire dans le show-business d’ici qu’en Guinée, descendante d’une grande famille de griots, nous a bien montrés qu’elle était un véritable multitalent ; elle a défilé, elle a chanté, et surtout elle a rejoint le duo suédois et ce trio féminin nous a offert un tour de danse d’une sensualité et d’une beauté artistique que nul n’est prêt à oublier. Merveilleux !
Quelle était belle ,fraiche et insouciante la Guinée avec ses cinquante ans !
La soirée du jubilé de la belle Guinée avait commencé bien tard. Mais elle s’est aussi terminée très tard, au petit matin.