Lutte contre la piraterie : L’Ong All For One en action


La piraterie est avec ses succédanés (piratage et fraude), les fléaux qui partout dans le monde grève la juste rémunération des œuvres de l’esprit. Le phénomène est d’autant difficile à juguler que le système semble s’en accommoder.Et c’est raison pour laquelle L’Ong All For One en action basée en Côte D’Ivoire a bien voulut se prononcer sur ce fléau par la voix de son president Floresse Koffi

Phénomène mondial, le piratage des œuvres comme tous les phénomènes universels trouve en Afrique une acuité particulière à cause de la fragilité ou l’inadaptation des structures. Pourtant c‘est paradoxalement, sur ce continent que les artistes et autres créateurs ont le plus besoin de tirer profit de leur travail, tant leur situation sur ce continent est précaire et la sécurité sociale quasi-inexistante : Manque de structure d’encadrement des artistes, studio d’enregistrement mal équipé, absence de contrôle de qualité d’album à la sortie, ignorance de certains artistes eux-mêmes mal avertis, sont entre autres les maux auxquels doit faire face toute autorité soucieuse d’améliorer la situation des créateurs en Côte d’Ivoire.

La situation en Côte d’ Ivoire n’est pas exceptionnellement optimiste. Les autorités ont comme abdiqué leur rôle de régulation et de protection des œuvres. Le manque de professionnalisme flagrant du secteur ajouté au laxisme des autorités en charge de la protection des œuvres et le manque d’une réelle volonté politique scelle définitivement le sort de nos artistes. De plus la qualité elle-même s’avère désormais un lux hors de portée des artistes, tant les coûts de production sont prohibitifs. Ce qui a pour effet d’entrainer la prolifération de studios miteux, mal équipés (seuls accessibles pour la grande majorité des artistes) et ne subissant aucun contrôle (puisqu’il n’en existe pas). Mais c’est aussi pour une grande part l’inaccessibilité économique et géographique des points de distribution qui oriente les consommateurs vers les voies de la facilité. Les revendeurs trouvent également dans ce commerce frauduleux une solution à la crise économique et au manque criard d’emploi observé dans la plupart des pays africains. C’est pourquoi aucune solution durable ne peut se faire si l’on ne considère la question du piratage de façon totale et globale, c’est-à-dire si l’on intègre les exigences à  tous les niveaux de la réalité socio économique.

Pourtant, ce mal qui frappe de façon pernicieuse le monde de l’art en Afrique et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, n’est pas incurable. Quelques mesures issues d’une réelle volonté politique suffiraient à endiguer  de façon sinon définitive, à tout le moins durable, ce fléau du siècle. Quelles sont ces mesures ?
• Rapprocher les réseaux de distribution des supports phonographiques (CD et cassettes) des mélomanes, en créant des points de ventes dans les maquis, bar et boites de nuit ;
•  Utiliser les même réseaux de distribution que les pirates pour les concurrencer efficacement et les annihiler en permettant aux petits distributeurs de revendre les CD et cassettes originaux en leur proposant des primes au rendement (par nombres de pièces vendues) ;
• Professionnaliser leur métier en leur attribuant des matricules de façon à pouvoir les répertorier de façon exhaustive et les contrôler, des tenues à l’effigie respective de la structure de distribution agréées qui les emploie ;
• Sensibiliser efficacement tous les acteurs du secteur (mélomanes, artistes, opérateurs du show-biz, producteurs, managers, producteurs, etc. et les vendeurs sur les méfaits de ce fléau. Des campagnes de sensibilisation pourraient par exemple s’appuyer sur les sociétés de téléphonies cellulaire, l’internet, et télé bien évidemment qui est un média de démonstration.
• Mettre en exergue les méfaits de cette pratique sur la vie des artistes malades ou mourants dans le dénouement. Montrer comment l’achat d’un CD de contrebande ou piraté condamne inéluctablement l’artiste à la mort.
• Détruire les nids reconnus de la piraterie tels que : La Sorbonne, Plateau,  rue Fic gayo, carrefour Koumassi, etc.
• Utiliser l’affichage à très grand format, les prospectus pour la sensibilisation à grande échelle ;
• Organiser des séminaires et conférences dans le cadre d’un réel éveil des consciences sur le problème de la piraterie ;
• Renforcer les dispositifs légaux et réglementaires de protection des œuvres de l’esprit ;
• Relever les taxes sur les CD vierges de sorte à grever leur position concurrentielle relativement aux CD des artistes ;
• Mettre en place des mesures fermes de répression des infractions aux dispositions relatives aux droits des artistes ;
• Mettre en place une structure de contrôle de la qualité technique, sonore et esthétique des CD et cassettes originaux.

Toutes les dispositions et mesures sus mentionnés devraient pour être efficacement applicable, être accompagnées par un encadrement des artistes à travers la mise à leur disposition de certaines compétences: Un conseiller financier pour leur permettre de faire les bons choix en matière d’investissement, de saisir les bonnes opportunités permettant de leur assurer un bon niveau de vie et un lendemain meilleur; un conseiller juridique et un avocat pour assurer la conformité de leurs actes professionnels aux dispositions en vigueur et la protection de leurs droits. La mise en place d’une mutuelle pourrait également garantir la prise en charge de l’artiste dans plusieurs domaines notamment sanitaire et éducatif.

Binso Binso: