KATOUCHA NIANE Une ex-star des podiums s’en est allée

Dans une de nos parutions, nous titrions « Katoucha exorcise le démon de l’excision ». C’était en novembre 2007, à la suite de la sortie de son livre témoignage de 325 pages « Dans ma chair » publié aux Editions Lafon. Un livre dans lequel l’ex-Top model raconte de façon libérée l’excision qu’elle a subie. Une véritable parade de l’écriture pour échapper à ses démons intérieurs qu’elle a trainés depuis toute petite.

Depuis donc la publication de cet ouvrage, « la Princesse peule » ne se sentait plus « dans sa chair ». Elle vivait éloignée des caméras et de ses ami(e)s sur une péniche au bord de la Seine, à Paris jusqu’à ce qu’un jour du mois de février on l’annonce portée disparue après avoir été déposée par des amis, à proximité du Pont Alexandre III, où est amarrée sa péniche, selon une source citée par l’AFP.

Après maintes investigations, la dépouille de Katoucha Niane sera officiellement identifiée après une autopsie. L’ex-mannequin est donc mort des suites d’une noyade ; par « submersion rapide sans traces de violences », toujours selon l’AFP. Son corps a été retrouvé un mois plus tard dans la Seine, au niveau du pont du Garigliano, entre le XVe et le XVIe arrondissement de Paris par un passant qui a alerté la Brigade fluviale.

Une mort tragique dont refuse de croire sa famille et  certains proches : « Où est la Reine Katoucha ? Morte ? Je ne saurais l’accepter, parce qu’elle nous a ouvert le monde de la mode sans nous en donner les clefs, qu’elle nous a réveillés et nous laisse dans l’obscurité, qu’elle est arrivée comme l’ange de l’Annonciation et a replié ses ailes sans un mot… Et ça, ça, je ne saurais l’intégrer » dixit Calixte Béyala, l’écrivaine franco-camerounaise dans le mensuel Afrique Magazine N° 270 de Mars 2008.

Fille de Djibril Tamsir Niane, l’auteur de la célèbre épopée « Soudjata ou l’épopée mandingue », Khadiatou Niane (à l’état civil) est née en 1960, à Conakry, en Guinée et est mère de 3 enfants. Elle s’est révélée au monde entier comme l’un des mannequins vedettes noirs. Celle que l’on surnomme « la Princesse peule » a notamment été dans les années 80 l’une des figures emblématiques des grands couturiers Yves Saint-Laurent, Azzedine Alaïa, Christian Lacroix et Paco Rabane.

Avant la publication de son livre, elle s’était consacrée depuis la fin de sa carrière à la lutte contre l’excision dans son pays d’adoption et en Afrique. Pour ce faire, elle avait créé l’association Katoucha pour la lutte contre l’excision (KPLCE) pour formaliser son engagement.
Par cette mort inattendue, l’émotion reste encore vive du côté des personnalités de la mode.

Atse Ncho De Brignan: