Inauguration du lieu d’Europe de Strasbourg, une page de l’histoire du Kartier Nord

Inaugurer une ère nouvelle pour la villa Kayser, aujourd’hui re-nommée «Lieu d’Europe», c’est pour l’association culturelle Kartier Nord en même temps se souvenir du passé, agir dans le présent et libérer l’avenir. Pour développer empruntons la chronologie inhérente à la plus célèbre œuvre de Gauguin intitulée : « D’où venons nous ? Que sommes nous ? Où allons nous ? » (œuvre appartenant au musée des beaux-arts de Boston, Collection Tomkins – partie Sidney and esther Rabb Gallery – qui expose des œuvres d’art européennes créées entre 1870 et 1900).
Voilà six ans déjà que l’association kartier Nord c’était employé à révéler la qualité de l’environnement naturel de la villa, de sa situation exceptionnelle au cœur des institutions Européennes et internationales de la ville de Strasbourg, à l’entrée d’un quartier on ne peut plus frontalier situé en bord du Rhin :  celui de la Robertsau.
Que les pouvoirs publics partagèrent progressivement nos points de vue et finirent par vouer la villa Kayser à une vocation à la fois européenne, internationale et culturelle, ne put que réjouir notre association puisque née de la volonté citoyenne de concevoir, proposer et expérimenter justement un tel projet.
Que notre action ait réussi à influencer la ville qui opta pour ce site, plutôt que d’autres, afin d’y inscrire le fameux lieu d’Europe attendu des vœux de nombre d’associations, ne pouvais que ravir Kartier Nord, à condition cependant que la dimension de la création et de la recherche y soit prise en compte ; c’est à dire un lieu d’Europe ayant contenus en capacité de fabriquer de la connaissance, donc de la culture, plutôt que de muséifier l’histoire de l’Europe et de ses cultures.
A cet effet, nous avons voulu donner corps à nos idées et démontrer le prima unificateur de la création et de la recherche contemporaine, en tant que levier majeur du développement, qu’il soit entendu économique, social ou environnemental.
Tracer en quelque sorte de réelles perspectives de contenus engageant le futur.
Qui mieux que les créateurs et les chercheurs seraient être en mesure de signifier que les utopies sont le quotidien de demain ?
Tout cela nous ne voulions pas seulement le conceptualiser, mais le traduire en acte, l’expérimenter à échelle un face à un public. Le public d’abord des habitants de la Robertsau venu nombreux. Publics ensuite venus de bien plus loin pour nous témoigner leur intérêt quant aux événements que nous avons produits.
Notre cinquième saison dans le petit pavillon vitré de la villa, contaminera nous l’espérons ceux qui douteraient encore de la pertinence de notre vision.
Quels meilleurs ambassadeurs que les artistes, pour déployer la diversité culturelle qui incarne l’identité européenne. Cette identité qui se conçoit moins en terme de territoire qu’en terme de rayonnement.
En place de « conclure » sur ces premiers acquis, Kartier Nord tient déjà à disposition quelques propositions pour la seconde phase promise plus spécifiquement à la question culturelle.
Pour n’en point faire secret, il s’agit du projet d’un institut des cultures européennes, structure n’existant nulle part en Europe (exception faite au Googleplex de Paris qui dés 2011 installa au cœur de ces 11000 m² de nouveaux bureaux, un  centre de recherches et de développements articulé à un Institut culturel européen (Google prend, avec une certaine longueur d’avance, soin de notre richesse culturelle  numérisable).
Un tel institut,  envisageant de façon holistique que « le tout est plus que la somme de ses parties », poserai la question des points de croisements des cultures européennes, trame que chercheurs et créateurs ne cessent de tisser.
Les chemins de l’invention et de la création, sous la bannière bleu étoilée, sont des chemins on ne peut plus « métissés » et qui de ce fait rayonnent aussi en le monde de tous les apports discrets des autres civilisations ou continents.
La belle Eurṓpē que Zeus distingua et ravit sur une plage de Tyr (antique cité localisée à environ 80 km au sud de Beyrouth), ne saurait disposer de tant d’éclats sans les attributs de ces métissages.
Jean-Claude Luttmann
Président de l’association Kartier Nord
100pour100culture: