Estève Alexandrine N’Goran mariée mère de trois enfants nous dresse après six mois de sacre, dans cette interview, le bilan à mi-parcours de son mandat. Ses projets, sa vie de famille, sa vision de la beauté Africaine sont entre autres les sujets abordés dans cet entretien.
Le concours Awoulaba CI est un concours réservé aux femmes ivoiriennes âgées d’au moins 26 ans ayant eu une ou plusieurs maternités. Mais qui, après ces maternités ont toujours gardé leur beauté. Selon M. Jonas Lago, Président du CACI (Comité Awoulaba CI) concernant les critères dudit concours, »il ne s’agit pas d’un concours de femmes fortes. Encore moins un concours de femmes aux postérieurs proéminents. C’est une compétition basée sur des critères et canons de beauté propres à la conception africaine de la belle femme. C’est-à-dire avec de la prestance dans la démarche, les rondeurs là où il faut, et surtout proportionnelles à sa taille… »
Vous avez été élue Awoulaba CI 2013 au soir du 08 mars dernier, est-ce que très sincèrement vous vous attendiez à un tel sacre?
Très sincèrement, ce jour-là reste l’un des meilleurs jours de ma vie. Seulement qu’à y revenir et je fonds en larmes et sourire tant ce 08 mars était exceptionnel pour moi. Cela dit, je suis très satisfaite avec toute la transparence qu’il y a eue lors de mon élection. Et pour cela, je tiens à remercier Soum Junior, le Président du Comité d’organisation. Je tiens également à dire merci à mon époux et surtout ma fille sans oublier les onze candidates avec qui nous avons partagé de bons moments depuis près de trois mois. Merci également à mes Saraman (Dauphine) Albarette Gayé(1ère Saraman) et Morisson Clarisse(2ème Saraman).
Vous vous attendiez vraiment à un tel sacre?
A dire vrai oui. Je m’y attendais vraiment parce que j’ai dû attendre 10 ans pour pouvoir être à ce niveau aujourd’hui. Et puis, je comptais beaucoup sur mes atouts que sont mon physique, mes jambes et surtout ma beauté. Pour dire que je me faisais vraiment confiance. Et justement, c’est parce que je croyais en mes atouts que dès que le concours a été lancé, j’ai supplié mon époux pour me permettre d’y participer. Dieu merci j’ai élue l’Awoulaba CI 2013.
Comme vous le disiez tantôt, vous aviez dû supplier votre époux pour pouvoir participer au dit concours. Comment est-ce que vous êtes parvenue à le convaincre?
En fait, c’est en 2002 que j’ai exprimé mon désir de participer à ce concours à mon mari. Malheureusement, cette année-là, il a refusé catégoriquement que je me présente. Pour lui, il n’était pas question que je me présente à un concours de beauté. En fait, il avait une mauvaise idée de ces concours. J’ai dû attendre dix ans plus tard pour le relancer. Et en 2012 quand le concours Awoulaba CI a été lancé, ma fille a demandé à ce que je me présente. Donc avec son aide, nous avons réussi à convaincre mon époux de mon envie de participer à ce concours. Ce qu’il a accepté sans condition. Pour me montrer donc toute sa volonté et sa détermination de me voir participer à ce concours, il n’a pas hésité à m’accompagner à toutes les étapes du concours jusqu’à la finale.
Et après votre élection, vous n’avez pas peur que votre couple connaisse des problèmes surtout avec les nombreuses sollicitations auxquelles vous répondez?
Non, pas du tout. Mon mari a confiance en moi et donc mes déplacements ne peuvent en rien constituer une peur pour lui. Cela fait plus d’une quinzaine d’années que nous sommes mariés avec trois enfants. Si depuis tout ce temps, je lui ai été fidèle, ce n’est pas maintenant que je vais le trahir. D’ailleurs, avec ce titre d’Awoulaba CI, je me dois d’être un exemple et un modèle pour toutes ces femmes que j’incarne désormais. Vous savez l’Awoulaba est le prototype de la femme Africaine. Comme nous le savons tous d’ailleurs, la femme Africaine a des valeurs qu’elle incarne.
Depuis donc votre élection, quelles les actions concrètes que vous avez menées jusque-là?
D’abord, le Ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfant m’a nommée Ambassadrice de la lutte contre les violences faites aux femmes et à la jeune fille. Même si jusqu’à présent, je n’ai pas encore reçu de feuille de route véritable de la part du Ministère pour conduire ma mission, toutefois, dans cette vision, je mène au quotidien des actions auprès des couples pour les amener à adopter la non-violence. Je leur dis toujours quelle que soit la gravité du problème, ils se doivent de le régler de façon pacifique. Ce sont donc pour le moment dans un premier temps des messages de sensibilisation à tous ceux qui se plaisent à cette ère à maltraiter encore la femme que je véhicule en attendant que j’ai plus de moyens pour passer à une autre phase. En plus de cette lutte, je me suis engagée dans d’autres œuvres sociales. Le 15 juin dernier, j’ai récompensé les meilleurs élèves d’un groupe scolaire aux II Plateaux et également fait dons de manuels et kits scolaires dans une école primaire d’Anyama. Également, j’ai visité la maternité de l’hôpital général d’Anyama où je compte faire des dons. Aussi, le vendredi 16 août prochain, j’irai faire des dons dans un centre de santé situé dans un village non loin d’Anyama. En tout cas, avant la fin de mon mandat, je compte beaucoup œuvrer dans le social et l’humanitaire.
Par ces actes et actions, je veux démontrer et demander à tous qu’avec le minimum de moyens on peut toujours venir en aide à son prochain. Je voudrais également, avec l’accord de la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation), m’engager dans le processus de paix et de réconciliation. En somme, je serai là où besoin se fera sentir. Je voudrais donc dire à toute la nation que je suis son Awoulaba et de ce fait, je suis disposée à représenter le pays partout. Aux entreprises, que je peux être une bonne Ambassadrice des marques ivoiriennes et Africaines. J’aimerais demander aux politiques de s’engager véritablement dans le processus de paix et de réconciliation engagé par la CDVR. Et aussi que les violences faites aux femmes et à la jeune fille cessent pour de bon.
Paraît-il que quelques temps après votre élection, vous aviez eu quelques couacs avec le Comité Awoulaba CI?
Effectivement, nous avons eu quelques incompréhensions qui ont été, en fin de compte, très vite réglés.
Philip Kla