C’est à vélo que Christiane TAUBIRA, la Ministre Française de la Justice issue de la diversité a quitté l’Élysée à la suite de l’acceptation de sa démission, le 27 janvier 2016 par le Président François HOLLANDE et son premier Ministre Manuel VALLS. Celle-ci, faisant suite à son désaccord avec le projet de loi sur la déchéance de la nationalité Française, souhaité par la ligne du parti socialiste depuis la vague des attentats terroristes en France il y a de cela quelques temps. Celle qu’on considère désormais comme le fer de lance de la fin du BÉNİ-OUI-OUI métropolitain au haut niveau vient de rabattre le caquet à la grande République sœur par une démission spectaculaire, qui, à coup sûr emmènera encore plus à reconsidérer le débat sur « l’intelligentsia » liée au racisme structurel dans l’environnement politique Français.
Au-delà de ce désaccord sous forme d’une démission décomplexée entre Christiane TAUBIRA face à sa famille politique ; le Parti Socialiste Français. C’est un signal fort qu’apporte celle qui détient tout de même le raccord de longévité à la tête du Ministère de la justice Française (pendant plus de trois ans et huit mois), depuis Robert BADINTER (1981-1986). Plutôt que de faire seulement référence aux poètes et sans attendre que ceux-ci ne viennent à son secours, elle a finalement fait le «fou».
Pissant du coup sur cette vie stupide que l’on fait à cette minorité en défendant une certaine ligne politique pour contenter la majorité. Même si son bilan se résume dans l’imagerie populaire à deux lois dont un projet de loi portant sur celle du « Mariage pour tous », celle concernant la contrainte pénale et un projet de loi pour réformer la justice des mineurs, Christiane TAUBIRA reste cette Ministre d’origine Africaine qui a osé se désolidariser de son propre parti politique sur des questions fondamentales. C’est un fait sans précédent qui au final renforce la marque d’estime de TAUBIRA ; qui à l’issue d’une intervention du socialiste Philippe Martin a reçu un standing d’ovation, rendant hommage à son action comme Ministre de la Justice tout en saluant «la parfaite collaboration pendant quatre ans entre Christiane TAUBIRA et le groupe socialiste ». Née le 2 février 1952 à Cayenne (Guyane), Christiane TAUBIRA, a commencé sa carrière politique comme militante indépendantiste, puis a participé à la création du parti politique guyanais « Walwari ». Députée de la première circonscription de la Guyane de 1993 à 2012, elle est à l’origine de la loi tendant à la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Candidate du Parti Radical de Gauche (PRG) à l’élection présidentielle de 2002, elle arrive en 13ème position du premier tour de scrutin, avec 2,32 % des voix. Elle fut garde des Sceaux, Ministre de la Justice du 16 mai 2012 au 27 janvier 2016.
Firmin Koto