S’ouvre du 22 au 24 décembre la 14 ème édition du festival des masques « Kaléta et des arts Agouda ». Un cadre de valorisation et de promotion d’un patrimoine culturel menacé de disparition.
Un rituel annuel. Par le passé, on voyait foisonner entre novembre et décembre des groupes d’animation artistique tenus par des enfants. Ils mettaient l’ambiance dans la ville, les rues béninoises scintillaient de leur gaieté. Deux ou trois d’entre eux portaient un masque (Kaléta) et les autres faisaient office de musiciens. Ils circulent de maison en maison pour gratifier les familles d’une belle prestation de danse soutenue de rythme de tam-tams, castagnettes, gon, chansons populaires… Et comme si c’était la naissance du Messie, ces prestations folkloriques annoncent la Noël, par ricochet les fêtes de fin d’année.
Ici, les enfants et les parents s’offrent mutuellement un cadeau à Noël. Ils chantent, dansent pour le plaisir de leurs visités. Le public les gratifie et se réjouit avec eux dans l’osmose de la prestation.
La scène est familière aux personnes un peu plus âgées. Depuis quelques années, la pratique est rare. Et les nostalgiques souhaitent le retour des groupes de Kaléta.
Les organisateurs du festival des masques « Kaléta et des arts Agouda » visent ainsi, promouvoir et inculquer ce patrimoine culturel aux jeunes de sorte à le vulgariser de nouveau.
Cette année, c’est la ville de Ouidah dans le sud-ouest du Bénin qui abrite l’événement. Une quinzaine de groupes venus de plusieurs villes du pays sont annoncés. Le festival a permis édition après édition à ces groupes de s’exprimer au grand plaisir des amoureux du Kaléta.
La particularité du Kaléta ? C’est un pur produit du métissage culturel.
Nous sommes entre 1830-1835. Un grand nombre d’anciens esclaves sont déportés sur le Golf du Bénin. Ils sont originaires du Brésil pour la plus part. Porteurs de pratiques culturelles dont le Kaléta. Danses et chants les fortifient. Les peuples autochtones séduits, ils se l’approprient, le vulgarisent dès le la moitié du XIX è siècle.
Le Kaléta devient dès lors une valeur culturelle à part entière du Bénin. Les chants sont en langues locales. Le Kaléta se pratique dans tout le pays. Un symbole de la diversité des expressions artistiques et culturelles au Bénin.
Cyril Verb