Abidjan-Koffi Olomidé : Une surenchère qui tourne au vinaigre !
Dans le conflit qui oppose désormais le chanteur Congolais Koffi Olomidé au promoteur Canta Production ainsi qu’à ses fans Ivoiriens, il est aujourd’hui claire que le père de la génération « Tchatcho » qui dépoussière en ce moment sa carrière sous fond d’un concept « Selfie » « et une chanson dite « Ekotité», est l’artiste le plus mal-aimé en Côte-d’Ivoire.
La cause : Koffi Olomidé a interrompu volontairement son concert lors d’Abidjan By Night Festival qui se tenait le samedi 25 décembre au Palais de la culture de Treichville. Alors que son concert avait accusé un grand retard et venait de débuter seulement quelques minutes après 3 heures du matin.
La raison première évoquée sur les toiles dans les premières minutes qui suivent, est qu’il y avait des caméras dans la salle et que Koffi Olomidé n’aurait pas apprécié.
Le dimanche 26 décembre les 2 promoteurs montent au « créneau » à travers un point de presse animé au stand Upp à Cocody pour s’expliquer et situer les responsabilités des uns et des autres dans ce couac.
Il ressort selon les promoteurs que Koffi Olomidé a signé un contrat avec eux pour un concert dans le cadre d’Abidjan By Night Festival qui devrait se tenir le 25 décembre 2015.
À la faveur de la sortie de son single « Ekotité » qui connait un succès relatif sur les réseaux sociaux, Mopao a tenu à rediscuter le contrat quatre mois après sa signature tenant compte de sa cote du moment.
Les promoteurs d’Abidjan By Night Festival avaient cependant obtempéré et revalorisé son cachet de 15 millions de francs cfa soit l’équivalent de 22 500 euros et mieux à fermer les yeux sur certains agissements de l’artiste notamment le « non-paiement » du droit de séjour de son staff et les frais de visa qui devaient être à la charge de l’artiste.
Mais contre toute attente, arrivé en Côte d’Ivoire, Koffi Olomidé aurait souhaité ne pas se faire filmer pendant le concert. Dans le cas contraire, ceux-ci devraient s’acquitter de la somme de 12 000 euros pour céder ses droits d’image. Toute chose qui n’était pas prévue dans le contrat, affirme le promoteur qui a par ailleurs, porté plainte et réclame un dédommagement de 80 millions de Francs cfa soit l’équivalent de 120 000 euros.
La contre-attaque dans les colonnes de « Afriki Presse » ne s’est pas fait attendre de la part de Koffi qui a précisé qu’il ne s’est pas adressé au public pendant le concert par confiance pour Ouattara (organisateur et promoteur d’Abidjan By Night Festival, promoteur de spectacles et patron de Canta Production et de Le Temple).
« Je ne voulais pas qu’il dise que c’est une affaire interne, et que je ne devais pas en parler devant le public. Moi je suis venu pour chanter, j’ai attendu des heures mais Ouattara n’est pas venu. J’aurais pu commencer à ne pas chanter, avec ces caméras, ces drones et ces grues que j’ai vues, mais j’ai voulu montrer ma bonne foi » confie le Grand Mopao à « Afriki Presse » tout en disant ses regrets, présentant dans le même temps des excuses sincères à son public.
« Ouattara m’a dit, si je vois une caméra, d’arrêter de chanter. J’ai mal pour mon public; qu’il sache que ce n’est pas de gaité de cœur. J’ai attendu, j’étais prêt à remonter sur scène. Hélas ! Quand les gens sauront que j’ai des regrets, que j’aurais dû privilégier le public, et ne pas tenir compte de Ouattara, ils comprendront. Poursuit–il tout en dénonçant la mauvaise foi des promoteurs (….)
Selon l’artiste, des tractations seraient en cours et que la date du 27 février 2016, avait été proposée pour réparer tout cela. Chose qu’il dit avoir accepté de gaité et de cœur sans rien demander.
« Je ne suis pas fâché avec l’organisateur Ouattara, c’est lui qui est fâché avec moi, qui me méprise. Ça fait quarante coups de fil que je lui passe depuis, mais il ne répond pas. Quelqu’un qui me dit qu’il n’y aura pas de caméra, que le spectacle ne serait pas filmé, mais vous connaissez « KENZO », il ne vient pas avec de la pacotille. J’ai vu des drones, des grues, des caméras professionnelles. C’est de l’abus de confiance ou de l’escroquerie. Je ne connais pas bien le droit, mais ce n’est pas juste ça. Mon problème ce n’est pas l’argent, mais la manière de faire, il faut respecter les gens, il faut respecter le travail des artistes qui vivent de leur « art » conclut Koffi Olomidé.
Et loin de penser que cette affaire trouverait une issue heureuse, c’est la toile qui s’enflamme de plus belle et donne de l’eau au moulin à cette affaire qui prend une tournure nationale et même internationale. Entre la majeur partie des Ivoiriens qui considèrent l’attitude de Koffi Olomidé comme une foutaise caractérisée et la minorité qui demande qu’on fasse prévaloir les contrats écrits pour mieux évaluer les responsabilités de part et d’autres, des professionnels, des professionnels de la culture et médias Ivoiriens dont nous avons trouver des traces en guise de réaction sur les réseaux sociaux, incriminent visiblement l’artiste.
Selon la journaliste Sally Zelle Ouattara, la structure Canta Production n’est pas un débutant dans l’organisation et qu’il ne signerait jamais un tel contrat sans tenir compte de l’utilisation de nouvelles technologies. Elle pense que Koffi Olomidé doit dire toute la vérité dans la mesure ou 4 mois après la signature de son contrat, Il aurait obtenu la valorisation de son cachet pour la simple raison qu’il avait fait une nouvelle chanson qui « avait pris ».
Quand à l’animateur John Jay, il s’exprime à travers un post non sans s’indigner à travers des propos durs: « Quand il est descendu de la scène, je suis allé le voir. Je lui ai demandé, « grand-frère, qu’est-ce qu’il y a ? ». Il m’a dit qu’il voulait parler à M. Ouattara. J’ai pris mon téléphone et je l’ai appelé. M. Ouattara m’a dit, « Jay, je suis fatigué ! Si Koffi trouve un inconvénient à ce que les caméras le filment, dit aux caméras d’arrêter ». J’ai passé le téléphone à Koffi pour qu’il échange avec M. Ouattara. Il a pris le téléphone et il a dit : « Oui, mais ils ont déjà filmé. Il faut que tu viennes on va discuter ». Plus grave, c’est que je lui demande, « Koffi, pourquoi tu fais ça ? ». Il me dit : « De toutes les façons ils vont me faire quoi ? Ouattara n’a qu’à me mettre en prison, Hamed va me faire sortir. Je peux faire ce que je veux dans ce pays. » Est-ce parce que lui et Hamed sont amis qu’il va faire ça ? »
Si on doit me mettre en prison à cause de ce monsieur. Koffi s’est rendu compte qu’il avait une vache à lait. Donc il voulait en profiter. Il traîne trop de casserole, il faut qu’il arrête. Il faut que Koffi sache que là où il est arrivé, c’est « boribana » (« la course est finie », en langue Malinké). Si aujourd’hui, on doit me mettre en prison à cause de ce monsieur (Koffi Olomidé, Ndlr), moi, John Jay, on va me mettre en prison. Si Koffi part de la Côte d’Ivoire sans qu’il ne dédommage Canta Production, qu’on ne m’appelle plus pour tout ce qui concerne ce monsieur. Parce que, j’aurai compris que vous êtes des masos ».
Marcel Bilé journaliste animateur, quant à lui trouve que c’est à la justice de trancher cette affaire au vu des différentes closes du contrat entre les 2 entités.
À propos de contrat justement qui devrait situer les responsabilités des uns et des autres dans cette histoire, conformément à la plainte qu’aurait porté Canta Production, plusieurs questions concernant la compréhension du problème en lui-même qui lui ne reste pas en suspens, vu le dénouement de ces derniers jours dans cette affaire.
Après le couac du samedi, Koffi dit-on s’est volatilisé nuitamment vers le Gabon pour rejoindre la capitale Kinshasa d’où il a posté un tweet pour dire qu’il était juste bien rentré et pas plus!!
Loin des débats personnels et passionnés, la réaction de Madame VIEIRA, une voix avisée dans ce cas de conflit relance de plus belle le débat au vu des propos de la 1ère patronne du BURIDA qui s’est confiée au journaliste Raymond DIBI : « La captation (en termes juridiques, »la fixation ») de la prestation d’un artiste est soumise, dans la loi ivoirienne comme partout ailleurs, à l’autorisation formelle (écrite) de l’artiste».
Elle va plus loin pour approfondir son assertion, en précisant que « pour tous spectacles, concerts… organisés par un particulier, il doit avoir entre l’artiste et le promoteur en question, un contrat dûment signé précisant qu’il y aura fixation d’images. » « En termes plus simples, le promoteur, pour pouvoir filmer le spectacle, se doit de signer au préalable un contrat avec l’artiste. «La clause du contrat qui l’autorise doit même préciser la destination de cette fixation», ajoute-t-elle.
La directrice générale du Burida espère que Canta Production n’a pas oublié ce détail.
«Espérons pour Canta Production que le contrat signé avec Mopao comporte une telle clause», signifie-t-elle. Car pour elle «c’est un des droits de l’artiste interprète que d’avoir son mot à dire sur l’enregistrement de sa prestation, alors surtout que cet enregistrement peut donner lieu à diverses exploitations. Il doit donc l’autoriser expressément et être d’accord avec ses utilisations futures». Et d’ajouter que quand bien même le cachet de l’artiste a été dûment et entièrement payé, le promoteur se doit de lui payer des droits pour exploiter son image. «Le cachet payé en général à un artiste pour se produire sur une scène, n’englobe pas les intéressements qu’il doit également percevoir (et c’est juste) pour les exploitations futures de l’enregistrement de sa prestation», soutient-elle.
Ce genre de cas pareils à celui qui oppose Koffi Olomidé à Canta Production, Mme VIEIRA en a déjà vécu et en donne un exemple : « une fois, à Marrakech au Maroc, lors d’un récital qu’est venu donner Stevie Wonder pour clôturer une conférence diplomatique organisée par l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), le public a été informé que l’usage de téléphones portables ou autres appareils enregistreurs étaient interdits pendant la prestation de l’artiste sur scène», a-t-elle argumenté.
Comptant sur la lucidité du promoteur Canta Production, Mme VIEIRA espère que rien n’a été oublié dans le contrat. Sans tout de même que Canta Production est un professionnel et qu’il a dû prévoir une telle clause dans le contrat de Koffi, et tout ce qui va avec cette autorisation»
Le procès étant en cours, seule la justice Ivoirienne dont s’est saisie le promoteur de ce festival, aura maintenant la capacité de déterminer : qui a tors ou qui a raison dans cette affaire ou le contrat est le seul poids de la balance.
Firmin KOTO
