Le lundi 08 mars 2009 dernier, le monde célébrait la journée internationale de la femme. En fait, la journée internationale des « droits » de la femme. Le Secrétaire Général des Nations Unies en a profité pour lancer un appel à l’union des femmes et des hommes pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. « Il nous incombe à tous, a-t-il déclaré, hommes et femmes, membres des forces armées et des forces de maintien de la paix, simples citoyens et dirigeants, de contribuer à mettre un terme à la violence contre les femmes. Les États doivent tenir les engagements qu’ils ont pris de lutter contre la violence, en traduisant en justice les auteurs de ces actes et en offrant des moyens de recours aux victimes. Chacun de nous doit parler de ces actes de violence en famille, sur son lieu de travail et dans sa communauté, pour qu’un terme y soit mis. ». En clair, la journée de la femme concerne aussi les femmes que les hommes. Car, si les premières revendiquent justement un traitement plus équitable, elles n’en ont pour autant jamais exclu les seconds (qui, a contrario, ne peuvent pas en dire autant) ! Les femmes de France ont eu une pensée pour leurs sœurs d’Afghanistan, où les droits des femmes subissent l’oppression sanglante des fondamentalistes islamiques et où Barack Obama s’apprête à envoyer 4 000 soldats supplémentaires pour combattre les talibans.
En Afrique, il y a plusieurs siècles de cela, de nombreuses femmes ont été arrachées à leurs terres et à leurs familles puis déportées à la faveur d’un commerce honteusement appelée la « traite négrière ». Au cours de ces trois siècles de traite intensive (de 1550 à 1850) on estime que 20 à 100 millions d’Africains furent déportés, sachant que 65% à 80% d’entre eux mourraient à un moment ou à un autre de leur calvaire. Les conséquences démographiques pour l’Afrique furent donc aigues, la traite ayant interrompu la croissance démographique pendant deux siècles. Pourtant, au-delà de cette saignée démographique, des bouleversements politiques qu’entraîna les guerres aux esclaves, il est essentiel de se souvenir que les Africains eux, survécurent en maintenant largement leur culture et leurs institutions. Comme le notera plus tard John Iliffe, Professeur d’Histoire Africaine à Cambridge University, dans son livre The History of a Continent : « Paradoxalement, cette période honteuse montra également la résistance humaine sous ces aspects les plus courageux. La splendeur de l’Afrique était aussi dans sa souffrance. » D’où, ce retour aux sources dont nous vous faisons le compte-rendu dans ce numéro d’Avril, à travers un voyage à Ouidah, sur les traces de l’esclave…