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Martha Diomandé Entre danse, chanson et humanitaire

Atse Ncho De Brignan | | Danses

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Aujourd’hui en France comme presque partout dans certains pays européens ou d’Afrique, les danseuses ou danseurs africain(e)s monnaient leur talent par l’enseignement de la danse (en général) dans les écoles et collèges à travers les compagnies qu’ils (elles) créent. Parmi ces personnes, l’on peut citer Martha Diomandé ou encore Déesse Diom, une jeune femme ivoirienne installée à Rennes, en Bretagne (France) depuis bientôt 5 ans dans le but de promouvoir la danse et la culture africaines.

L’histoire pourrait s’appeler Martha et sa passion pour la danse. Cette passion est née depuis l’âge de 9 ans lorsqu’elle vivait à Abobo, dans un faubourg d’Abidjan. Soutenue par sa mère, elle intègre des structures et des compagnies de danse comme l’Ecole de Danse et d’Echange Culturel (EDEC), le Djolem, le Ballet National de Côte d’Ivoire et bien d’autres compagnies culturelles ivoiriennes. Avec celles-ci, Martha parcourt le monde pour représenter les danses traditionnelles de Côte d’Ivoire à travers des festivals. Elle en profite pour développer son talent de chorégraphe en s’associant à la création du Lakimado, une compagnie réputée pour sa création « Kaso ». Puis quelques années plus tard, en 1997, elle crée sa propre compagnie à San-Pedro, en Côte d’Ivoire : la Compagnie Wassa, et par la même occasion le village Wassa. Généreuse dans l’âme, son « village » sera donc chargé d’accueillir les jeunes de la rue en vue de leur donner la possibilité d’apprendre les arts traditionnels ivoiriens dans toute leurs diversités.

« Le Cri d’Afrique », « La Fête au Village » et « La Transition » sont quelques-unes de ses créations qui donnent à voir un mélange subtil de danse théâtralisée, inspirée des plus beaux pas traditionnels, caractéristiques de son Afrique.

Ce n’est qu’en 2000 que le goût de l’aventure doublé d’un professionnalisme vrai la pousse à aller monétiser son talent par l’animation de stages internationaux en Italie, France, Allemagne, Suisse… dans le but de financer son « village ». Toute chose que la jeune fille d’Abobo réussira, car en 2004 elle crée, grâce à ses contacts et ses échanges internationaux, le premier festival de promotion, d’échange et de création artistique dénommé Festival WASSA, dont la 1ère édition a lieu à San-Pedro en Côte d’Ivoire. A cette même année va s’empirer la crise politique avec ses événements douloureux dans son pays. Décidée coûte que coûte de faire vivre les pensionnaires de son « village » tant rêvé, Martha est donc obligée de quitter la Côte d’Ivoire pour aller s’installer en France, en Bretagne dans la ville de Rennes. L’année suivante, elle crée l’Association Culturelle Zassa d’Afrique (ACZA), une association engagée d’un point de vue culturel et humanitaire dont l’objectif premier est de lutter contre l’excision, une pratique traditionnelle qu’elle a subie dans son enfance et qui est courante en Afrique. Les ateliers de danse, de cuisine, de couture et de poterie constituent également les principales activités de son association. Aujourd’hui présidente de l’ACZA, l’artiste-chorégraphe Martha Diomandé enseigne la danse africaine traditionnelle, le coupé-décalé et le Hip-hop ragga à Rennes et Laval dans la région de la Bretagne, en France. Cette année, son association y a organisé la 4ème édition du Festival Wassa au cours duquel la richesse des traditions présentes et vivantes en Côte d’Ivoire (son pays d’origine) et en Afrique de l’Ouest était à l’honneur. Même installée en France, les bénéfices des festivités et de ses cours permettent aux artistes du Village WASSA de faire vivre leur art.

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