Inauguration foudroyante pour Kheperankh-Street!

C’est le samedi 22 septembre que Kheperankh-Street, « le mouvement vital de la rue », a officiellement vu le jour. Tous les parrains et marraines de l’évènement ont répondu présents ainsi qu’une foule de personnalités du monde artistique. Compte-rendu d’une soirée exceptionnelle.
C’est à vingt heures et demie qu’une immense foule de personnalités du Hip-hop a pris d’assaut le 31 rue Chapon dans le troisième arrondissement de Paris. En effet, un évènement culturel majeur, appelé à bouleverser le monde artistique en lui donnant un nouveau souffle de vie, s’y est déroulé: l’inauguration de Kheperankh-Street.
Avant toute chose, qu’entendons-nous par « Kheperankh-Street » ? Kheperankh-Street signifie le mouvement vital de la rue. Ses initiales, « KA Street », rappellent à l’énergie créatrice de la rue. « Kheper » et « Ankh » sont deux mots issus du Medu Neter (langue sacrée parlée par les habitants de l’Egypte antique). « Kheper » désigne tout ce qui est dynamique, en perpétuel mouvement. Selon la cosmogonie de l’Egypte antique, c’est la dénomination que prend Dieu (Atum-Râ) lorsque, par Sa seule volonté, Il émerge de l’océan primordial appelé le Noun. « Ankh » se traduit par la vie, l’énergie. D’ailleurs, en Egypte antique, la croix Ankh est le symbole de la vie que Pharaon, représentant de Dieu sur Terre, insufflait à son peuple. Et « Street » qui se traduit par la rue car c’est de là qu’ont commencé les premiers arts, que ce soit le Hip-hop ou le Vocal noir. Arts dans lesquels excellent les deux figures emblématiques de ce projet, à savoir Max-Laure Bourjolly alias Shu-Ankh, danseuse pionnière dans le Hip-hop en France mais aussi chorégraphe-scénographe et enseignante hors-paire, et Hewan alias Yaala, auteur-compositrice et talentueuse chanteuse de Vocal noir de rue. Toutes les deux œuvrent au sein de Karêd’Har, association créée par Max-Laure et qui est à l’initiative de ce projet artistique.
A l’entrée, une allée de petites bougies nous accueille et nous emmène au lieu où se déroule la soirée. En entrant, c’est une salle remarquablement scénographiée et décorée par Max-Laure et Ethik concept avec l’aide d’une équipe de bénévoles qui se dévoile sous nos yeux éblouis par cette extraordinaire organisation et tant de rigueur. La salle s’articule sur deux étages : le premier où se déroule la conférence de presse, le second, décoré avec le mobilier typiquement africain d’Ethik concept, offre un espace très convivial prévu pour les parrains et la presse. Toute la soirée a été animée par Hortense Gouvian du magazine Cité Black. Après de courtois remerciements adressés au public pour sa présence massive, la parole a été donnée à Max-Laure et Hewan qui ont présenté Kheperankh-Street. Un évènement culturel qui se veut être une fédération de toutes les personnes physiques et morales du monde noir autour de sa jeunesse en manque de repères aujourd’hui par la transmission de leur culture que beaucoup trop peu connaissent. C’est dans ce cadre que des historiens et des scientifiques sont appelés à rencontrer et échanger avec les jeunes au cours des sessions pour ce qui est de l’histoire de l’art noir en plus de l’enseignement artistique dispensé par Max-Laure et Hewan. Le public de jeunes attendu est situé entre 12 ans et 18 ans. Il est en effet plus que jamais urgent de ramener la jeunesse noire à ses racines et traditions afin que celle-ci, par la suite, soit capable de s’autodéterminer, s’autogérer. Car un arbre sans racines ne peut pas se développer, est incapable d’agir de manière adéquate. Et c’est en réponse à ce vide que Max-Laure et Hewan ont créé ce projet exceptionnel. Exceptionnel car Kheperankh-Street se divise en quatre sessions événementielles d’apprentissage des Danses et Vocal Noir de rue. Le tout dans les conditions du live, avec l’apport d’un guitariste et d’un deejay qui remixe les chansons d’artistes, parrains de l’évènement, que les jeunes interprètent en danse et chant! Une véritable innovation en la matière ! Du jamais vu en France ! De plus, ce travail effectué tout au long de ces sessions sur toute une saison en période de vacances scolaires a pour but de faire participer les meilleurs éléments en première partie du spectacle, point d’orgue de l’évènement, dont l’hymne est composé par Hewan et scénographié par Max-Laure qui prend également en charge la mise en scène. Ce spectacle, prévu en juillet 2008 et fait avec des professionnels parrains de Kheperankh-Street, permet ainsi un échange intergénérationnel entre les jeunes et ces artistes expérimentés qui pourront ainsi les guider, les conseiller dans ce domaine.
Un document vidéo, réalisé par Boukman de Kamayiti, a été présenté lors de l’inauguration dans lesquels les parrains, marraines et partenaires du projet parlaient du bien-fondé de Kheperankh-Street et incitaient vivement les personnalités de tout corps de métier du monde noir à apporter leur contribution financière, physique ou matérielle pour l’épanouissement de ce projet. Le public, très réceptif à ce message, ne cessait d’applaudir à chaque apparition et durant le discours des deux organisatrices, tellement qu’il était pertinent et qu’il mettait bien en relief l’urgence de réaliser ce projet pour la jeunesse noire complètement déracinée. Ensuite, les deux organisatrices ont tenu à remercier leurs partenaires parmi lesquels on compte entre autres Princess Erika, Pierre Nillon, Nuttea, Banga, Gabin Nuissier, Daniel de Ticaret : tous reconnus dans leur domaine respectif. Et bien d’autres qui ont tenu à apporter leur pierre à l’édifice tels que la chaîne de télévision urbaine Trace TV, Afrik.com, Ali Diallo du festival international de cultures urbaines à Ouagadougou ou encore Lokua Kanza et Positive Black Soul ! Après ce discours poignant, Naghmey, auteur-compositrice slameuse, est intervenue et a exprimé tout son talent sur scène en évoquant la terre de ses ancêtres qu’est l’Afrique dans un poème très touchant pour que le continent sorte de la misère dans laquelle il est depuis plongé trop longtemps. Puis la soirée a suivi son cours, dans une très bonne ambiance. Si bonne que plus personne ne voulait partir.
De par sa volonté de vouloir fédérer toutes les forces du monde noir et de par ses extraordinaires innovations dans le monde artistique, Kheperankh-Street s’annonce comme l’un des rendez-vous culturels incontournables de la jeunesse noire. Car c’est par une jeunesse forte et dotée de la connaissance de soi que tout peuple peut avancer. C’est par l’action envers les siens que chaque peuple, en unissant toutes ses forces, peut renaître.
Et c’est dans cette logique que se place Kheperankh-Street dont la première session de transmission aux Danses et Vocal Noir de rue aura lieu du 29 Octobre au 2 Novembre 2007. Un évènement que le public, présent ce soir, attend plus que jamais avec impatience tellement que l’issue de cette soirée a été positive et qu’elle annonce de bonnes choses pour l’avenir. Une seconde est prévue pour le mois de Décembre. Plus que jamais, la jeunesse noire a besoin de se retrouver. Et, pour ce faire, les deux dirigeantes du tout premier pôle de ressources artistiques de rue itinérant dédié aux cultures urbaines Max-Laure et Hewan invitent fortement les parents en premier lieu à venir y inscrire leurs enfants, mais aussi toute structure qui est en contact avec des jeunes telle que les associations culturelles et sociales, les groupes de danse et les jeunes danseurs et chanteurs amateurs. Plus que jamais, c’est pour leur fournir des repères solides que Kheperankh-Street a été créé. De plus amples informations sont disponibles aux adresses suivantes :
www.myspace.com/kheperankhstreet et www.myspace.com/karedhar.