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Sidibé Sékou Oumar (acteur, réalisateur et producteur Burkinabé) : « Le problème de financement de projets de films demeure une réalité sous nos tropiques »

Sephora Damack | | Cinéma

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Oumar Sidibé est un acteur bien connu dans le paysage audiovisuel Burkinabé  et africain. Il a incarné plusieurs rôle au cinéma mais celui qui l’a fait révéler au grand public est celui de l’inspecteur Rock dans la série à succès le Commissariat de Tampy. Présent dans le cadre de la 16ème édition du festival de Clap Ivoire, l’acteur s’est livré à nos questions. Dans cet entretien, il fait part de son opinion sur le festival Clap ivoire, sa collaboration avec Akissi Delta dans le cadre de la série « Ma Grande Famille » et lève enfin un coin de voile sur ses futurs projets.

Qui est Sidibé Oumar Sékou ?

Je dirais tout d’abord que Sidibé Sékou Oumar est un acteur de cinéma qui a décidé d’avoir plusieurs cordes a son arc donc a suivi plusieurs formations. J’ai  une licence en réalisation, un master 2 en production cinéma obtenu à l’université Gaston Berger 2 du Sénégal. Suis  donc un passionné de cinéma qui essai de peaufiner son expertise dans tous les secteurs de ce milieu. Je suis à Abidjan dans le cadre du festival Clap Ivoire et si possible tisser des partenariats. 

Justement quelles sont vos impressions sur ce festival auquel vous prenez part ?

 J’ai de très bonnes impressions. C’est la deuxième fois que je participe à ce festival. La première fois c’était en 2014. J’étais présent avec un film d’école intitulé « Wakman »dont j’ai assuré la réalisation. Ce film a connu un franc succès. Il est allé dans plusieurs festivals dans le monde notamment le festival vu d’Afrique à Montréal, écran noir au Cameroun et Festicam au Burundi.  Pour cette édition suis là avec un autre film d’école un documentaire intitulé « La bibliothèque saint louisienne » dont je suis le producteur. Ce film est le portrait  d’un centenaire sénégalais qui relate son parcours et donne des conseils. En ce qui concerne l’organisation je dirai  tout simplement qu’il y a une nette amélioration. Et les choses se passent bien.

Vous parliez tantôt de collaboration avec certains cinéastes ici. Vous travaillez déjà avec Delta qui vous à coopté pour la saison 2 de sa série, un mot  sur cette collaboration ?

Ce que je puis vous dire c’est que Delta est une femme travailleuse. Et collaborer avec elle est une aubaine pour tout acteur de ce milieu. J’étais effectivement à Abidjan pour le lancement du premier clap de la série Ma grande famille.  Et je sens qu’avec l’implication de tous la série aura du succès comme la première.  Elle a commencé à tourné ici. Elle viendra par la suite dans notre pays pour tourner et à ce moment là nous pourrons parfaitement avoir une idée des retombées de cette collaboration. Sinon pour le moment tout va pour le mieux.  Vous savez porter un tel projet n’est pas facile. Mais Delta a osé et c’est ce qui est à encourager. Le problème de financement constitue toujours un frein pour nous autres acteurs du milieu du 7ème art. Cependant la rage de dépasser nos limites nous emmène à nous investir corps et âmes dans nos projets. Ma grande famille est le creuset de plusieurs talents mis ensemble. Et c’est ce qui fera son charme.

Vous faites cas du problème de financement dans le cinéma qu’en est-il exactement ?

Il faut savoir que le cinéma n’est pas une affaire d’individu parce que cela mobilise beaucoup d’argent.  Malheureusement en Afrique nous avons un hic à ce niveau. Nos gouvernants peinent à s’y engager. Ce qui fait que  trouver des financements est un véritable casse tête chinois. L’industrie du cinéma n’est pas trop développé dans les pays francophone c’est la triste réalité. Avant l’arrivée du numérique, le cinéma coûtait très cher et avait besoin de financements importants. En l’absence de financement endogène, nos films  n’auraient pas pu exister sans les aides  de la Francophonie et de l’Union européenne. Les télévisions européennes ont aussi joué un rôle important. Grâce à tous ces acteurs, on arrivait à faire des films dans nos pays. De même les fonds d’aide ont diminué. Pour pouvoir réaliser un film à budget, il est nécessaire d’avoir les trois guichets que sont l’aide française, celle de la Francophonie et de l’Union européenne. L’autre fonds français, le fonds Images Afrique, n’existe plus alors qu’il avait l’extrême avantage de financer directement des producteurs africains. Celui de l’Union européenne est doté d’un système d’appels à propositions irrégulier avec une procédure très lourde, ce qui freine le processus. Le financement de ces films est ainsi encore davantage devenu un parcours du combattant.

 

Entretien réalisé par Séphora D