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Les chances d’Owell Brown, «Le mec idéal» ivoirien!

Remi Coulibaly | | Cinéma

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Il sera le représentant ivoirien dans la sélection officielle du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), du 26 février au 5 mars. Même s’il ne se situe pas dans le Top 5 des critiques, il n’empêche qu’il se présente comme un outsider à prendre au sérieux. Tant il est vrai que son style original lui vaut un capital-sympathie auprès des cinéphiles de 18/40 ans. A tout le moins, il pourrait être estampillé au palmarès du 22e Fespaco.

Il s’appelle Owell Brown, jeune réalisateur ivoirien résidant à Paris, Le titre de long métrage : «Le mec idéal». Déjà crédité d’échos positifs depuis sa sortie en 2009, notamment au Festival international du cinéma de Guadeloupe et la semaine dernière en Algérie. Owell Albert Essoh alias Brown, s’est officiellement fait connaître au monde du 7e art, derrière la caméra, avec son film «No way», en 2004, à 30 ans, après avoir tenté en vain d’être un acteur. Ne se contentant, pendant une décennie, que de figurations dans des téléfilms français. Un background qui lui a permis, toutefois, de se faire une idée et une vision personnelles du cinéma qu’il baptise lui-même «cinéma afro-français». Ainsi, dès «No way», il propose une écriture très «urbaine» mettant en scène des blacks immigrés ou nés en Hexagone, dans leur quotidien aussi bien fait de galères diverses que de strass, smokings et paillettes. Pour ce coup d’essai qui fut un coup de maître, Owell Brown confiait le rôle principal au rappeur franco-congolais Passi (Bisso Na Bisso).

C’est dans ce même esprit que s’inscrit «Le mec idéal» qui fait couler, actuellement, beaucoup d’encre et de salive, à trois semaines du Fespaco. Entre Paris, Libreville et Abidjan, Owell promène sa caméra dans les méandres de jeunes africains bon chic bon genre. Le personnage principal, le Gabonais Serge Abessolo (Bill), incarne un jeune, brillant et charmeur avocat qui est en concurrence avec Marcus, l’acteur et slameur ivoirien Mike Danon, qui joue le rôle d’un gérant de pressing, au sujet de la ravissante comédienne, l’Ivoirienne Emma Lohouess (Estelle). Entre frime, micmacs, le tout servi par des décors contemporains et un jeu naturel, «Le mec idéal» offre une vision de l’Afrique urbaine dans un contexte mondialisé, sans complexe, mais sans parti pris. Sauf, peut-être, celui de dépeindre sa société telle qu’il la connaît et la vit. Un long métrage avec un casting de choix qu’on pourrait qualifier d’acte 4 de la tétralogie d’Owell Brown, après «No way», «Paris, la métisse» (2006) et «L’anniversaire» (2007).

Influencé à ses débuts par le cinéma de Sembène Ousmane et sa rencontre réalisateur avec l’urbanité new-yorkaise de Spike Lee ou d’un Melvin Van Peebless, Owell veut sortir le cinéma africain des sentiers battus des «calebasses et cases» qui intéressent les canaux de financement institutionnels, pour affirmer son indépendance d’esprit et sa rigueur d’analyse sociétale. C’est ce qui l’a poussé à monter avec son ami Max Missahinhoun, I Cost Company, avant qu’il ne vole de ses propres ailes avec Ekla Productions. Parcourant le monde pour intéresser les jeunes managers africains à son projet d’un cinéma innovant.

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