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Le FESPACO: Là où l’Afrique se donne rendez vous au cinéma

Badjo DAGBO | | Cinéma

GCtUAAADgBA4uAAHAo2K3AAAAAElFTkSuQmCCTous les deux ans, presqu’ à la même période, le cinéma africain se donne rendez vous à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

Cette 23ème édition n’a pas failli à la tradition. Le Fespaco se présente aujourd’hui comme un carrefour de rencontres et de mélanges de civilisation cinématographiques des africains en Afrique, parfois pour l’Afrique et le monde. Les cinéastes africains font l’effort de répondre à ce rendez vous du donner et du recevoir entre africains! Le Fespaco est de ce fait un tremplin pour tous les amoureux du cinéma africain.

Ouagadougou devient dès lors,  l’épicentre du cinéma africain et n’hésite pas à brandir  fièrement ce fils du terroir qui garde encore les pieds en Afrique. La culture cinématographique s’exprime encore et cela depuis 23 ans à travers le Fespaco. On pourrait même dire que le cinéma est en fête du fait du Fespaco. Le Fespaco offre ainsi une occasion de rencontres des citoyens africains et ceux du monde du cinema en général de s’organiser pour se faire une partie de cinéma toute la période que dure l’événement. Le Fespaco, c’est aussi et surtout le lieu de compétition des cinéastes africains qui convoitent la plus haute distinction: l’Étalon de Yennenga.

Les séances IN et OFF se disputent les spectateurs. Depuis quelques années, le Fespaco innove surtout avec les projections gratuites et publiques dans les quartiers, en plein, qui offrent de réelles opportunités à un plus grand nombre de cinéphiles pour découvrir cet art en mal être  en Afrique à l’image de la création artistique africaine elle-même. Les amoureux du 7ème art s’en donnent à cœur joie, ils ne boudent pas leur plaisir.

Mais, au delà de cette fierté remarquable et justifiée, le Fespaco cache mal sa souffrance, celle qui mine en Afrique l’art en général et le cinéma en particulier. Le Fespaco pourrait être le miroir  du cinéma africain. Pour cela, il faut aller au-delà des simples intentions.

Que dire quand on sait que les lieux aménagés répondant aux exigences de l’exercice de cet art sont rares, vétustes ou en voie de disparition. Les exemples font légion en Afrique. Nombreux sont les pays africains où les salles de cinéma ont purement et simplement été affectes à des activités autres. En clair, en Afrique, et rien n’est surprenant, le cinéma ne fait pas partie des priorités.

On le sait aussi, le cinema africain ne bénéficie pas vraiment de financements adéquats là où des événements politiques de même importance seraient soutenus régulièrement et périodiquement par des lignes budgétaires. Même pour le cinema, on sollicite encore et toujours l’Outre Mer. À quand l’autonomie culturelle? À quand la politique culturelle? C’est dans ce décor que le Fespaco évolue. Le Fespaco fait résister le cinéma africain. Le Fespaco doit continuer de se frayer un chemin dans un paysage africain dominé par la politique. Et Ouagadougou fait l’effort de tenir ce rendez vous culturel annuel qui fait sa marque, son emprunte en faisant de cette capitale africaine, la plateforme du cinéma africain.

Que penser des barrières linguistiques qui catégorisent le cinéma africain et font naturellement des divisions ou des choix. De là, le Fespaco devient presqu’exclusivement, le rendez vous du cinéma francophone africain. Alors même que dans l’espace CEDEAO cohabitent à côté du Fespaco des rendez vous anglophones de cinéma à l’image du Ghalliwood ghanéen.

Les artistes cinéastes africains continuent d’y croire,  les politiques dans une moindre mesure et le public ne pourrait pas s’empêcher pas de suivre le mouvement.

Malgré tout, le cinéma francophone africain semble avoir trouvé son espace avec le Fespaco. En espérant que le cinéma s’exprimera mieux et de manière régulière dans ces espaces, le Fespaco en s’institutionnalisant appelle et encourage à une culture du cinéma en Afrique et dans toute l’Afrique. Il lui revient donc le mérite de chercher à briser les différentes barrières existantes.

Ce rendez vous au cinema s’annonce donc plein et entier et c’est le Fespaco qui invite.

 

Badjo DAGBO

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