Le cinéaste américain de renom Spike Lee a publié, dans la soirée du dimanche 31 mai, sur les réseaux sociaux un court-métrage intitulé « 3 Brothers » en hommage à Georges Floyd, l’Afro-Américain de 46 ans, qui lors de son interpellation a suffoqué, menotté, sous le genou d’un policier blanc de Minneapolis.
« 3 Brothers », film d’une durée d’une minute et trente secondes, dresse un parallèle entre la mort de Radio Raheem dans « Do The Right Thing » (1989) et celles d’Eric Garner, décédé au cours d’une interpellation en 2014 à New York, et de George Floyd la semaine dernière à Minneapolis. « Est-ce que l’histoire va arrêter de se répéter ? », commente le réalisateur.
Depuis la sortie de « Do The Right Thing » (1989), son film coup de poing sur les tensions entre Noirs et Italo-Américains dans un quartier de Brooklyn, rien n’a changé. C’est le constat de Spike Lee dans « 3 Brothers », film hommage à George Floyd publié dimanche soir sur son compte Twitter.
Le cinéaste âgé de 63 ans a toujours dénoncé les dérives de la société américaine. Son dernier film, « Blackklansman », qui raconte l’histoire d’un noir qui infiltre le Ku Klux Klan, se termine avec des images de la manifestation de Charlottesville, où un membre d’un groupuscule d’extrême droite a tué le 12 août 2017 une femme de 32 ans, Heather Heyer.
La mort de Georges Floyd, survenue lors d’une interpellation la semaine dernière, a une nouvelle fois mis au jour les violences policières à l’encontre de la communauté noire en Amérique du Nord. Derek Chauvin, l’officier de police impliqué dans la mort de George Floyd, a été inculpé pour meurtre au troisième degré (homicide involontaire) et placé en détention par les autorités locales.
De New York à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, des dizaines voire des centaines de milliers d’Américains ont manifesté samedi et dimanche contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19.
Ni le renvoi de l’agent coupable de la bavure, Derek Chauvin, ni son arrestation postérieure n’ont calmé les esprits, bien au contraire: les protestations se sont propagées dans au moins 140 villes américaines.
Arsène DOUBLE