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Transdisciplinarité : Métissage culturel, Les percussions de Strasbourg et Eddy Ekété

Desire Amani | | Arts Visuels

Quand la musique se frôle aux arts dits visuels

Si l’enrichissement de l’esprit par des exercices intellectuels gagne du terrain dans la transdisciplinarité contemporaine, alors toutes les disciplines à caractère artistique peuvent ainsi se métisser dans un seul moule. Tel était le cas qui s’est présenté avec la plus grande des célébrités mondiale, les  «  percussions de Strasbourg » et l’artiste à la dimension internationale Eddy Ekété dans une performance où le langage de la poésie sonore était à un rendez-vous inoubliable dans l’histoire des spectacles en France, notamment dans la grande cité strasbourgeoise sise dans le Bas-Rhin en Alsace.

En ce jour béni du 7 mai 2014 à 20h30 au théâtre de Hautepierre à Strasbourg, les riverains et l’ensemble des collectivités de la dite ville ont été servi copieusement à un concert inédit dans l’optique bien visible de laisser la masse populaire à découvrir l’essence vitale de la percussion sous ses diverses plastiques expressives démesurées d’où cette performance artistique confondue musicalement aux arts visuels.

 

Une traçabilité mémorable, dans le viseur de l’histoire

L’histoire générale est bien connue pour sa traçabilité des faits antérieurs. C’est cette tâche d’huile qui fait de nous un véritable repère et que l’humanité conserve dans la chair de sa chère contemporanéité sous les multiples facettes qu’elle présente au monde en particulier.

Tout commence vers les années « 1959 » sous une invitation de Pierre Boulez, à diriger dans la séduisante cité de Strasbourg, l’intitulé de son œuvre ‘’ Le visage nuptial’’. Pour un travail très conséquent, Monsieur Boulez se voit de réunir les musiciens de l’Orchestre municipal et celui de l’ORTF, tous issus de la formation locale.

Animés par une vocation axée sur une forte énergie novatrice au goût d’une véritable audace, les six jeunes musiciens (Bernard Ballet, Jean Batigne, Lucien Droeller, Jean-Paul Finkbeiner, Georges Van Gucht et Claude Ricou) soudés par une affinité folle, décidèrent de fonder une formation pédagogique et dialectique de percussions. Sous l’œil très sensible de leur guide spirituel Pierre Boulez, le « Groupe Instrumental à Percussion » voit le jour et par la suite deviendra « Les Percussions de Strasbourg » d’où cette appellation de nos jours. Ces élites de demain se donneront en spectacle pour la toute première fois à l’ORTF en janvier 1962, précisément le 17, en présence de grosses têtes de la percussion comme le compositeur contemporain Franco-Américain Edgar Varèse, le compositeur Français Serge Nigg et du  musicologue et compositeur Hongrois Béla Bartók, tous faisant partis des sommités culturelles de l’élite française.

Comme une étoile filante, l’écriture d’un nouveau répertoire prend assez vite un envol sous l’égide des compositeurs tels que Serocki, Messiaen, Ohana, Mâche, Kabelac, Xenakis et Duffort.

Cinq années après, en 1967 sans se laisser gagner par la voie de la paresse, cette nouvelle génération de percussionnistes, relève le défi par une folle forte maîtrise des instruments et l’imposition d’un brio scénique nourrit aux couleurs scénographiques lors de l’interprétation « Ionisation de Varèse ».

Depuis le succès de cette performance, ce groupe s’est vu s’imposé une voie à « un groupe de genre » inégalable, brillant par sa volonté et sa foi dans les percussions.

 

Une croissance perpétuelle dans un esprit d’équipe

Depuis cinquante bonnes années sans perdre halène, les percussions de Strasbourg ont su marqué de leur présence en face des visibilités quelques. « Le groupe vit toujours et n’a eu de cesse de se renouveler, de créer et d’innover sans relâche. Actuellement composé de Bernard Lesage, Claude Ferrier, Keiko Nakamura, Tam Nguyen, François Papirer et Olaf Tschoppe », ces maîtres de la sonorité, à leur actif possèdent  une richesse de 300 œuvres inédites dans leur répertoire musical et un immense instrumentarium qui singularise comme unique au monde. Il est utile de signaler que « Les percussions de Strasbourg » depuis leur début ont enregistré 1600 concerts qu’ils ont donnés dans une totalité de 70 pays.

 

Un cocktail artistique au goût du public

Tous diplômés des grandes institutions littéraires et de la pratique musicale, en alchimie avec « canette-man » ont su éblouir de merveilles l’ensemble des convives à cette messe où les percussions étaient célébrées dans une harmonisation très agréable à l’oreille. Les génies aux doigtés sonores ont scintillé une fois de plus en terre conquise, donc une terre promise pour le bonheur des voies artistiques métissées.

Drôle, talentueux, prestigieux, marrant, délirant, impressionnant, original, même chaotique… Autant d’adjectifs que l’on a coutume à associer  au  super « héros de l’Alsace » ; cannette-man ou l’homme cannette ». Initiateur du concept « homme cannette », Eddy a effectivement conquis toutes les grandes institutions et les grosses villes avec ces hommes en  costumes d’objets usuels à base de cannettes. Associant ça et là des sonorités incongrues que chantaient ses accessoires mobiles, bruyants sous la configuration d’objets métalliques, la performance de cette élite sortie de la haute école des arts du Rhin, en conformité aux exigences des normes musicales et les principes de la transdisciplinarité qu’offrait ce culte artistique, justifie à quel point les multiples disciplines artistiques peuvent cohabiter dans une parfaite symbiose depuis la nuit des temps. Cette preuve comme traçabilité montre aux yeux du « tout monde » cette véritable union qui a toujours gardé son utilité entre les arts visuels et les arts dits musicaux.

Venu des divers points de la France. Le public s’est déplacé de Paris en passant par Lyon. De Bordeaux à Lille, ainsi que de la Bretagne en Alsace, tous ont rejoint la belle cité strasbourgeoise pour goûter à ce délice musical, très prisé de notre ère, en ce jour vendredi 7 mai 2014.

Pleine à craquer, la salle du spectacle a reçu du beau monde à une coloration mondiale.

 

Désiré Amani