Artiste peintre et photographe, Raymond Furlotte se distingue à travers une écriture particulière qui ne laisse personne indifférente. La réflexion est au centre de la création de cet artiste francophone Canadien. À travers « un regard singulier et original, sur la réalité » Furlotte crée ainsi des contrastes qui font réfléchir.
Comment êtes-vous arrivé à la peinture et la photographie ? De coloriste en cinéma et publicité d’animation à la peinture et à la photographie, comment s’est fait la transition ?
Je suis né sur les côtes acadiennes à Eel River Crossing, village francophone du Nouveau-Brunswick (Canada), bercé par les élans artistiques de mon entourage, en particulier ma mère. J’ai découvert un attrait pour les arts dès ma tendre enfance. Tout pouvait servir de matériau pour mes créations, carton, métal, coquillages, écorce de bouleau, etc.
Une fois installée à Montréal, j’ai travaillé comme coloriste en cinéma et publicité, une expérience riche surtout, du point de vue technique. Quant à la peinture, j’ai commencé en peignant des scènes champêtres sur des petits meubles. Rapidement, je suis passé à la toile.
La photo a débuté lors d’un voyage à Capri. Fasciné par les reflets de la lumière sur l’eau de la piscine, j’ai capté mes premiers clichés sur le thème du jean.
Dans vos compositions, vous opérez un rapprochement entre personnages, animaux ou objets. Qu’est ce que vous voulez mettre en exergue à travers une telle option ?
Ces rapprochements surprenants entre des personnages, animaux ou objets, parfois génétiquement modifiés, s’écartent de l’ordre commun et reflètent un regard singulier et original sur la réalité. J’apprécie les contrastes qui font réfléchir.
Par ailleurs, à quoi rime l’univers ludique et même surréaliste qui caractérisent vos créations ? Peut-on affirmer que vous êtes du courant néo-surréaliste ?
Oui, mon peintre préféré est René Magritte qui m’influence beaucoup. J’ai eu l’occasion de voir plusieurs de ces œuvres dans les musées, surtout en Europe. Comme Magritte, je peins des idées et non des paysages.
Et si on vous demandait de commenter «Enfin ! La paix», un tableau que vous avez réalisé mettant en exergue un éléphant avec des ivoires jaunes dans un univers crépusculaire.
J’ai peint l’éléphant avec des bananes pour dénoncer la chasse aux pachydermes, car si les éléphants avaient des défenses en banane et non d’ivoire, ils auraient la paix de la part des hommes. Par ailleurs, le thème de la conservation de la faune revient régulièrement dans mes œuvres, par exemple, «Si fragile» représente un lionceau dans une bulle de savon. Cette œuvre figure désormais dans la collection de la Fondation Brigitte Bardot.
Vous avez un parcours artistique riche et impressionnant, on retrouve vos œuvres au Québec, au Canada, aux États-Unis d’Amérique, en Suisse, en Irlande, en Guinée… Quelle reconnaissance attendez-vous ?
La diffusion de mes œuvres me tient à cœur. Je fais beaucoup de contacts par le Web pour que mes œuvres soient présentées dans différents lieux et qu’elles figurent dans des collections un peu partout. Je suis satisfait de la diffusion de mon travail artistique.
Que représente pour vous en tant que peintre du Festival International Montréal, en Art (FIMA)?
Le Festival est une grande galerie à ciel ouvert, une occasion en or de présenter son travail, car l’affluence est très importante tout au cours de festival. C’est également une excellente occasion de tisser des liens avec d’autres artistes ainsi qu’avec le public.
À la 10ème édition du Festival International Montréal en Arts (FIMA 2009), dans la catégorie Art Engagé, il a été décerné le Prix Raymond FURLOTTE. Et c’est le peintre d’origine ivoirienne Achille Kouamé qui l’a remporté. Que vaut ce prix et pourquoi l’avez-vous institué?
Je voulais encourager les peintres dans la catégorie Art engagé car on ne voit pas très souvent des œuvres dans cette catégorie. Comme mes propres œuvres reflètent un regard critique sur la société, j’apprécie voir les œuvres d’autres artistes engagés.
Que pensez-vous du travail de ce dernier ?
Le travail d’Achille Kouamé s’est démarqué car il représente dans ses tableaux le quotidien des gens de son pays, le cordonnier, le porteur d’eau, etc. Au-delà de la première lecture, nous y retrouvons la condition humaine assez difficile que vivent les Ivoiriens.
Quel est votre regard en tant que peintre occidental sur les créations des artistes d’origine Africaine ?
J’apprécie l’aspect figuratif de l’art africain, qu’il s’agisse de peinture, de sculpture ou de tissu. Les personnages et les animaux qui y sont représentés nous ramènent aux sources de la création artistique. J’ai eu l’occasion de visiter le nouveau musée du Quai Branly à Paris. L’art premier africain y tient une place très importante. Nous devons beaucoup aux artistes africains.