Portrait: Ya Zola, un maestro en arts céramiques


Ce Professeur de français au lycée Lumumba à Brazzaville, avait troqué la craie contre l’argile. Diplômé d’un Master I en céramique (Arts plastiques) de l’Académie de Beaux Arts de Brazzaville, Zola Robert, appelé affectueusement « Ya Zola », est le premier congolais de la première promotion des céramistes de ladite Académie. Il enseigne à l’Ecole Nationale de Beaux Arts de Brazzaville où la céramique et l’esthétique sont parmi ses modules d’enseignement.

Né en 1957 à Musana- Boko au département du Pool, Ya Zola s’était pris de passion pour la sculpture dans son enfance. «  Dans mon village, malgré mon jeune âge entre huit et neuf ans, je m’étais lié d’amitié avec un vieux sculpteur- céramiste, M. Loubaki. Mes fréquentations assidues dans son atelier m’a valu d’être son apprenti. Pendant près de quatre ans, il m’a donné le goût de ce métier. Mais il était décédé à fleur d’âge. Ce qui avait interrompu mon apprentissage. »

Nous entretient-il dans un élan de nostalgie. Cependant, ya Zola travaillait toujours la céramique dans l’entretemps. Tellement, cette passion le tenait coller comme de la glu. Tant mieux, d’ailleurs ; Saint Augustin, ne dit-il pas que «  celui qui se perd dans sa passion, perd moins que celui qui perd sa passion ». Parallèlement à son activité d’art céramique, Ya Zola menait de front sa carrière d’enseignant de français. Pour confronter et conforter son art, Zola Robert, avait suivi son stage à l’Atelier PIEKIZ du céramiste de renommée internationale, Maître Albert Kinzonzolo. Également M. Mafuala François (originaire de la République Démocratique du Congo), son ancien professeur à l’Académie de Beaux arts et son ami, Malonga Abel Omer l’ont épanoui dans son parcours de céramiste.

Son style original, caractérisé par la représentation de la forme humaine dans son vécu congolais ou la représentation des masques Kongo (originaire du sud du Congo) renvoie à une quête identitaire dans l’élan de Proust. A la question de savoir le processus de production, il répond avec un ton et expression pédagogiques : «  Il faut procéder d’abord par l’extraction de l’argile qu’il faudra sécher. Cela étant fait, vous le tremper dans l’eau avant la préparation de la pâte qui, à son tour, conduit à la formation des pains d’argile. Passé ce stade, vous faites l’esquisse ou la conception du projet. Ceci amène à la maquette ou la miniaturisation de la pièce à sculpter. Ensuite, c’est le modelage de la pièce ou l’agrandissement de la maquette. Et puis, c’est l’étape de la cuisson ; la première cuisson au dégourdi ou biscuit à la température de 850°- 900° C au four électrique ou traditionnel à briques réfractaires (résistantes à la chaleur). Après vient, émaillage ou la décoration à l’émail ou aux oxydes (manganèse, cobalt, cuivre…). Enfin, la seconde cuisson à la température de 960° à 1000° C pour assurer l’impression des couleurs sur la pièce. Vous avez le produit fini…voilà entre autres procédés.  » Dit-il visiblement satisfait de sa pédagogie.

Ya Zola veut contribuer à la dynamisation du Musée congolais, en créant des œuvres de qualité. Le seul hic, « Nous éprouvons des difficultés à importer les couleurs de France, précisément à Limoges. C’est très onéreux. Ce qui justifie la limite, si c’en est bien une de notre céramique. Nous aimerions fabriquer des couleurs à partir des matériaux locaux pour décompter cette situation. » Ya Zola a exposé ses sculptures en argile dans le monde entier, mais demeure un artiste très discret. Du 02 au 05 février 2012, il exposera ses œuvres au Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza à Brazzaville dans le cadre du salon Fleura du Congo. Aussi, sera-t-il en exposition à Dol de Bretagne, exposition organisé par l’association Dol pays d’initiatives en au mois de juin prochain. Ya Zola est membre du Club International des Artistes Contemporains, association international qui regroupe des artistes opérant dans divers médiums artistiques : Peinture, Photographie, Vidéo, Chorégraphie, critique d’art, …

Cette association est sous la présidence du photographe artiste et auteur, Yvon Serge Bienvenu Makosso, résident en Europe. Zola Robert projette de créer des œuvres en porcelaine. Dans son atelier situé dans la rue Moundongo au numéro 1618 à Makélékélé- Brazzaville, quatre stagiaires de l’Académie de Beaux Arts de Brazzaville y sont en formation pratique. Ya Zola se prépare pour l’exposition aux jeux Olympiques de Londres (Olympic Fine Art, OFA 2012) en Août prochain avec pour commissaire de la section Européenne Vincenzo SANFO. Exposition organisée sous le haut patronage du Ministère de la Culture Chinois.

 

Russel Morley: