L’Unité d’habitation Air France à Brazzaville sert de prétexte de la photographie documentaire

Du 09 janvier au 23 février 2013, le hall de l’Institut français du Congo à Brazzaville accueille l’Unité d’habitation Air France une exposition de photographie de Philippe Guionie. Cette exposition s’inscrit dans la programmation du festival Les étonnants voyageurs du13 au 17 février 2013.

Vingt photographies de grand format donnent à voir ce qui reste de la vie d’un bâtiment emblématique construit en 1952 et destiné autrefois au personnel européen local de la compagnie aérienne Air France, un chef- d’œuvre de quatre architectes français, J. Hébrard, J. Lefebvre, Létu et Bienvenu, disciples de Charles- Edouard Jeanneret dit Le Corbusier qui a tant marqué l’architecture mondiale du XX e siècle.  Une manière de « redonner vie autrement à un bâtiment un peu oublié, méconnu quasiment à l’abandon aujourd’hui. C’est un travail photographique, artistique, mais aussi sociologique. Une expérience humaine» a indiqué Philippe. A travers ce reportage, l’auteur  interpelle, montre et réveille les consciences oublieuses, un terme cher qu’il emprunte à l’écrivain Léopold Sédar Senghor «  les consciences oublieuses sont ceux qui ne savent pas, ceux qui ne veulent pas voir, ça peut-être des hommes politiques etc. » Ajoute-t-il. A partir des conditions de vie des habitants de l’immeuble Rouge se dégage une lecture en filigrane des conditions de vie du congolais « à partir de l’exemple de l’Unité d’Air France on peut faire jurisprudence, réfléchir sur les conditions de vie du peuple congolais…J’ai photographié les résidents dans leurs vies ordinaires,sans misérabilisme mais avec beaucoup de dignité, des hommes et des femmes congolais et congolaises qui vivent aujourd’hui dans ce bâtiment sans eau avec une électricité souvent défaillante et des conditions de vie déplorables.»  Philippe Guionie est chargé des cours de sémiologie de l’image à l’Ecole de Formation de la photographie et du Multimédia (ETPA) à Toulouse.

Russel Morley: