« Les arts et la culture doivent contribuer à la cohésion sociale. »

Diplômée de l’INSAAC, spécialiste de conservation préventive, élue en 2003 au Conseil Exécutif de l’ICCROM, actuellement directrice régionale de la culture et de la francophonie, région des lagunes, Mme Hortense Zagbayou est également présidente de l’association « Awalet, art et culture ». Après son passage à la tête du Musée des civilisations de Côte d’Ivoire, Mme Zagbayou continue son combat, telle une passion, à la tête de l’Association « Awalet, Arts et Culture ».

FOI, AMOUR : PARCOURS D’UNE PASSIONNÉE
« C’est vrai qu’après le baccalauréat, je ne pensais pas à m’investir dans les arts et la culture. C’est par un parcours de circonstance que j’ai été orienté au CAFAC (Centre d’Animation et de Formation à l’Action Culturelle). Avec le temps, j’ai pris goût. Et j’ai continué au fur et à mesure mes formations dans ce sens. Après le CAFAC, je suis reparti à l’INSAAC (EFAC). Ensuite j’ai continué ma formation en Italie à Rome (ICCROM). Toute chose qui a consolidé ma foi, mon amour, ma passion, pour l’art et la culture. C’est ainsi que j’ai été nommée directrice du Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire où je pense avoir fait mes preuves. J’ai réussi à montrer aux gens que le musée n’est pas un lieu austère mais un lieu de vie, de rencontre, d’échange et d’éducation. C’est la raison pour laquelle, nous avons à notre manière essayé d’innover à travers de nombreuses activités culturelles. C’est notre arrivée au musée qui a permis d’informatiser toutes les collections du musée et de moderniser la gestion de cette structure, la Côte d’Ivoire en est témoin. Et cela, grâce au gouvernement Américain à travers l’ambassade des Etats Unis en Côte d’Ivoire. Auprès de cette Ambassade, nous avons été éligible à deux reprises aux fonds des Ambassadeurs.

UN PASSAGE FORT ENRICHISSANT AU MUSEE DES CIVLISATIONS
Notre passage au musée a permis à l’Ivoirien de façon général d’avoir un autre concept du musée. C’est vrai qu’au départ, on dit toujours qu’un musée est un lieu où l’on garde des vieilleries. Notre passage nous aura permis, de contribuer aux changements de mentalité. À travers le musée, j’ai eu la passion pour l’art et la culture. À telle enseigne qu’on ne pouvait pas faire trois mois sans avoir des activités au musée. Aujourd’hui encore, je suis très fière lorsque des jeunes m’accostent en ville pour m’exprimer leur nostalgie des activités éducatives qu’on a toujours menées à leur intention au musée. J’en suis très fière.

L’ASSOCIATION AWALET, ARTS ET CULTURE
Au musée, on était canalisé par des attributions qui nous étaient assignées par un ministère. Pour ce faire, il y avait des choses qu’on ne pouvait pas faire étant dans l’administration.

Ce n’est pas parce que je n’avais pas les mains libres. Vous savez, un ministère est organisé. Chacun agit selon les attributions qui lui sont assignées. Pour moi, c’était une passion inachevée. C’est dire que j’avais une vision. Celle de travailler continuellement sur le terrain, collecter des informations, archiver etc. Je pouvais ainsi faire tout ce qui est patrimoine culturel, animation culturelle et valorisation de l’enfant et de la femme à travers l’art et la culture. C’est dire qu’à travers l’association Awalet, j’ai les mains libres de faire ce que je veux selon ma passion et ma vision. Je suis donc libre d’entreprendre les activités que je veux. Mais avec un certain nombre de principe puisque nous sommes dans un pays organisé.

Nos missions au sein de l’association Awalet consistent à sauvegarder et valoriser le patrimoine culturel ivoirien à travers la recherche et l’éducation, valoriser l’enfant, créer un espace d’expression pour des artistes, des activités d’animation. C’est vraiment ouvert. Mais c’est le patrimoine culturel, les arts et la culture de façon général.

HOMMAGE À AMEDÉE PIERRE ET FESTIVAL DE LA CULTURE AKYÈ
Pour une jeune association, nous pensons avoir fait le minimum qu’il fallait réaliser. On peut dire que le bilan est plus ou moins positif. C’est vrai qu’on n’a pas de grands moyens mais, nous sommes riches de notre passion, de notre vision et de notre amour pour l’art, la culture et la valorisation de ce patrimoine. Par la grâce de Dieu, le projet hommage à Amédée Pierre a plus ou moins réussi. Mieux nous avons eu assez de retombées tant matériels que financières. Il faut le dire, toute la Côte d’Ivoire en est témoin. À travers le festival de la culture Akyé, nous rendrons hommage à ce peuple qui, il faut le dire a été constant depuis l’indépendance pour parler des orchestres. Et ces artistes existent encore et continuent de s’améliorer.

Ce festival (ndlr : reporté à une date ultérieure) va montrer tout ce que le peuple Akyè possède comme patrimoine culturel à travers un certain nombre d’activité. Il y aura d’abord une grande exposition à plusieurs volets qui va montrer les arts et la culture Akyè (us et coutumes) au palais de la culture. Le deuxième volet va concerner les orchestres, l’historique et le parcours. Le troisième volet concernera les artistes avec en point de mire Anoma Brou Félix, qui est un doyen à qui hommage doit être rendu. Le quatrième volet c’est l’hommage qu’on veut rendre aux femmes Akyè dans leurs diversités. Après il y aura des moments de rencontres d’échange à travers des panels où un certain nombre de thème seront développés. Il y aura un espace gastronomique, notamment les mets Akyé. Pour joindre l’utile à l’agréable nous allons clore ce festival avec deux concerts en public.

ARTS ET DE LA CULTURE, OUTILS DE RECONCILIATION
Les arts et la culture constituent le ciment du développement d’un pays. C’est-à-dire qu’avec cette discipline on doit pouvoir contribuer à la cohésion sociale. Et cela à travers un certain nombre d’activité qui peut réunir des peuples différents où il y a eu des incompréhensions. Malgré tout, et quelles que soient nos origines régionales, religieuses, nous sommes des frères. En fait, il s’agit de sensibiliser à travers l’art et la culture. Du 8 au 31 août dernier (2007), nous avons en collaboration avec la fondation Georges Niangoran Boua organisé une activité pour les enfants qui s’articulait autour des alliances inter ethniques sous le thème « l’unité retrouvée ». Il y a eu une exposition à l’Ivoire pour donner cette notion de solidarité aux enfants. Et les retombées des œuvres vendues qui s’élève à 500 000 FCFA sont revenues à la « page blanche ». C’est vous dire sue l’art et la culture doivent servir à réaliser des œuvres sociales

Cheickna D Salif: