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Le langage corporel est-il une parole de la gestuelle ?

Desire Amani | | Arts Visuels

Png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAASwAAAC5AQMAAACob5ByAAAAA1BMVEUAAACnej3aAAAAAXRSTlMAQObYZgAAAB1JREFUGBntwQEBAAAAgqD+r3ZIwAAAAAAAAIBXARwvAAHKlwBPAAAAAElFTkSuQmCCLe corps, dans ce récit pérenne face à la création et vers la voix de la parole  gestuelle, a pour point commun la mère nature (le monde) et le centre de l’expérimentation singulière à la vie (le temps). Cette collaboration mutuelle entre ces deux corps, semble être avec aisance, une véritable action performante. Riche et très colorée dans son essence, la voie du langage corporel affirme une ferme totalité symbolique et existentielle.

Cette plage à la fois, une place tournante de notre mémoire (histoire) montre combien de fois dans cette cosmogonie humaine, chaque acte spirituel, chaque aire culturelle, chaque alliance à parenté ou consanguinité de notre société possède ses propres théorisations, ses propres mythes multiples sur l’origine de notre univers d’où la naissance de ce monde.
L’objet-corps et l’espace-temps ont toujours su témoigner avec ivresse, leur cohabitation depuis la nuit des temps.
Défini comme le réservoir du souffle humain, le corps est à la fois un support de protection des données charnelles, énergétiques ayant un lien avec le commun des mortels. Les différents éléments qui le composent, rafraichissent en renforçant avec rigueur le cordon ombilical qui les relie passionnément.
La seule réalité perceptible du corps en tant que matière, esprit et âme, rejoint le vocable « pratique » ou « l’action de »  (ce que le corps offre ou ce que le corps peut-être capable d’offrir à la nature visible et non visible selon son temps de passage), résumant humainement et artistiquement le fruit de toutes créations : la créature et la création.
Si l’on arrive à joindre l’art à la parole et le corps à l’art, alors le corps peut-il arriver à se tutoyer, se bonifier au fil du temps avec la parole et donner naissance à un langage en parfaite synergie avec le corps : le langage corporel ou gestuel.
Comment écouter la parole du corps humain ?
Dans la nature, en général, tout vibre, tout chante. Chaque corps ou chaque être vivant produit en émettant des pulsions vibratoires, qui se propagent en ondes oratoires. Raison pour laquelle, d’aucun pourrait parler de la parole du corps, la langue du corps, la voix du corps et du langage du corps.
Si « Toute origine est sacrée, a fortiori l’origine absolue » , la description des phénomènes de la nature, ne peut qu’épouser la forme d’un mythe, conçu par l’homme ou révélé par l’auteur qui serait à l’origine de la création de notre univers d’où notre  monde. Il est à souligner dans cette assertion que : «  ces mythes temporalisent, par la nécessité même de l’expression, ce qui échappe au temps par la nécessité même de l’existence. Ils humanisent obligatoirement ce qui est surhumain. »
Depuis le début du XXe siècle, l’incrustation de la temporalité du corps comme partie intégrante de l’œuvre dans l’art contemporain soulève une diversité raciale de questionnements autour du langage gestuel et corporel. Les arts du spectacle, la danse, le théâtre, les arts visuels, la musique, les sciences humaines et la linguistique en particulier ont été amenés à dissocier différents sens du mot langage, que l’usage confond le plus souvent. Au sens large, le langage, littéralement signifie tout système ou ensemble de signes permettant l’expression ou la communication. En somme, un art de véhiculer un message par le biais de certains codes.
En ce sens, l’on parlera plus précisément de langage dit informatique, (ensemble de signes utilisés pour formuler des instructions) ou du langage artistique, gestuel et même animal. Mais le langage au sens strict est une institution universelle et spécifique de l’humanité, qui comporte des caractéristiques typiquement propres qu’il nous paraît indispensable (d’élucider), de dégager dans notre recherche.
Le corps comme langage, langue et parole :
Dans une approche des notions de l’esthétique, l’un des maîtres à penser connu principalement par sa plume, Georg Wilhelm Friedrich Hegel souligne dans l’introduction à l’esthétique, le beau Champ Flammarion pp. 41-42: « D’une façon générale, le but de l’art consiste à rendre accessible à l’intuition ce qui existe dans l’esprit humain, la vérité que l’homme abrite dans son esprit, ce qui remue la poitrine humaine et agite l’esprit humain. »
Il met aussi l’accent en attirant d’une manière spécifique notre cognitif sur la fonction première de l’art.
Car « l’art consiste dans la maîtrise avec laquelle on sait représenter les mystères que recèlent les apparences des phénomènes extérieurs, considérées pour elles-mêmes. L’art consiste surtout à saisir les traits momentanés, fugitifs et changeants du monde et de la vie particulière, pour les fixer et les rendre durables. »
Dans cette perspective, l’aura de notre pensée opposera le langage, en tant que faculté ou l’ensemble des aptitudes à constituer un système de signes, à la mentalité de la langue comme l’instrument de communication propre à une communauté humaine bien déterminée. Justement, une langue, dans son approche notionnelle est un ensemble institué, et constant, de symboles verbaux ou écrits singulièrement à un corps social, et susceptible d’être bien ou mal traduit dans une langue avec la langue.
En somme, le langage, ici, dans notre approche ne doit pas non plus être confondu avec la parole, qui est l’acte individuel par lequel s’exerce la fonction linguistique. Le corps renfermant toutes ces qualités, marque avec stabilité et avec assurance le véritable temple de la mémoire ou résident concomitamment le corps-même, la parole, la langue, le langage et l’organe gustatif : la langue.
Dans l’esprit des arts dits performatifs ou la performance artistique, seul le corps, dans sa motricité au cours de sa mobilité attractive, est capable de concentrer toutes ces expressions langagières et celles dites corporelles dans le même moule pour véhiculer efficacement un message en se servant d’un alphabet spécial.
La parole du corps, propre à la plastique :
Parmi tous les systèmes de communications, celui des êtres  humains comporte un certains nombres de caractères particuliers et indissociables des autres caractéristiques humaines. Pour Descartes, le langage témoigne en quelque sorte, d’une faculté de penser et de raisonner propre à l’homme.  Et si les animaux ne parlent pas la même langue que les hommes, c’est faute de penser et non faute de moyens de communication. Car ils arrivent à développer avec dextérité dans divers cas, la façon dont ils éprouvent leurs passions. Le corps dans son apport, rien que de par sa plastique, parle de manière artistique. Il renvoie à celui du langage qu’on nommera langage articulé et conceptuel.
Le corps comme un système de signes :
Le langage du corps semble être un chantier qui met en accord ses composants. L’on pourrait le comparer comme un jeu, un jeu banal. Un brassage d’éléments interdépendants qui s’alimentent tous réciproquement et qui ne peuvent se comprendre isolément.
Le corps comme la dimension pragmatique du langage :
La voix du corps n’est pas seulement un système de signes servant à communiquer des pensées ou à représenter le monde. Il est également au plus haut degré, une activité sociale au sens plus large de sa vocation. Cette voix corporelle s’introduit comme un jeu de langage pour révéler la diversité fonctionnelle tant séduite par les chemins dorés de cette transmission, qui se voit muette mais très assourdissante. Remplie des fonctions bien déterminées, chaque geste corporel renvoie à une pratique collective qui établie ses propres règles. Ces jeux d’échange plastiques autour d’une motricité, régissent des faits sociaux. Dès lors, le langage corporel ne constitue plus un langage privé mais un langage accessible aux yeux de la nature. C’est un art d’accomplissement des idées conçues.
Le corps et son pouvoir gestuel en quelques mots :
La pensée contemporaine de la linguistique corporelle artistique de nos jours, marque le succès de la communication dans son ambivalence expérimentale : un art garanti et reconnu de notre société.
Le corps humain qui fut, durant une longue période de l’histoire de notre civilisation, un objet qu’il convenait de taire, d’ignorer et de cacher, est devenu, à la fin du XXème siècle, le centre de préoccupations multiples. Très prisé de notre ère, dans certains domaines de l’art, la mode, la coiffure, l’esthétique, le marketing, le management et autres, le corps humain demeure la clé de voute de la mondialisation et le trait d’union entre toutes activités. Comme le souligne dans Nanta Novello Paglianti : « Les liens entre l’art et la vie, entre expérimentation langagière et rythme sont réunis par le geste qui relie la trace du corps à la surface picturale. La peinture qui est en acte devient inséparable du vécu de son réalisateur. »
Le corps transmet alors à l’esprit qui l’habite le langage interne des symboles par le pouvoir de l’intuition guidée.
Désiré Amani

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