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Interview: Thérèse Yao(conteuse)

Raymond Alex Loukou | | Arts Visuels

Jadis considéré comme un art à part entière, le conte face à la modernité est en perte de vitesse. A travers des festivals et autres rencontres, l’on essaie de redorer le blason de cet art  » vivant « . A l’occasion de la Journée mondiale du conte, la Compagnie Naforoba a organisé les J.O 2013 ( Journées de l’ Oralité ) dans différentes villes de Côte d’ Ivoire. Nous avons profité de l’occasion pour nous entretenir avec Thérèse Yao, artiste-comédienne, actrice mais surtout  conteuse professionnelle qui nous parle de son métier avec passion et de l’avenir qui lui est réservé sur le continent. Soyez rassurés, cet entretien n’est surtout pas un conte…

Comment est née l’histoire d’amour entre vous et le conte ?

Je dirais que le conte et moi c’est un mariage de longue date. Je m’explique. Etant issue d’une famille d’agriculteurs, j ai eu la chance, depuis le bas âge d’assister aux soirées de conte au clair de lune en compagnie des parents et de mes autres frères et sœurs. Mais exerçant dans l’art depuis 2005, c’ est quand j ai rencontré les conteurs  Aubin Manphei, Adama Adepoju ( Taxi Conteur )  et plus tard Binda N’gazolo que j’ ai acquis la technique de dire le conte.

Jadis considéré comme un art à part entière, le conte face à la modernité est en perte de vitesse. A travers des festivals et autres rencontres, l’on essaie de redorer le blason de cet art  » vivant « . A l’ occasion de la Journée mondiale du conte, la Compagnie Naforoba a organisé les J.O 2013 ( Journées de l’ Oralité ) dans différentes villes de Côte d’ Ivoire. Nous avons profité de l’occasion pour nous entretenir avec Thérèse Yao, artiste-comédienne, actrice mais surtout  conteuse professionnelle qui nous parle de son métier avec passion et de l’avenir qui lui est réservé sur le continent. Soyez rassurés, cet entretien n’est surtout pas un conte…

Comment est née l’histoire d’amour entre vous et le conte ?

Je dirais que le conte et moi c’est un mariage de longue date. Je m’explique. Etant issue d’une famille d’agriculteurs, j ai eu la chance, depuis le bas âge d’assister aux soirées de conte au clair de lune en compagnie des parents et de mes autres frères et sœurs. Mais exerçant dans l’art depuis 2005, c’ est quand j ai rencontré les conteurs  Aubin Manphei, Adama Adepoju ( Taxi Conteur )  et plus tard Binda N’gazolo que j’ ai acquis la technique de dire le conte.

  Pourquoi avoir choisi cette voie pour porter haut vos messages ?

Le conte est un art complet. Il renferme les autres formes  d’art. Pour tout dire, par le conte, on peut sensibiliser, éduquer,  moraliser,  conscientiser …etc. Pour moi c’est la voie adéquate pour faire passer les messages que ce soit au niveaux des adultes ou des

tous petits.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que l’art oratoire est dépassé ?

Je m’inscris en faux contre cette idée selon laquelle l’art du récit est dépassé. C’est une forme d’expression qui bien que connaissant des difficultés n’ a pas encore dit son dernier mot. La parole était au commencement de la vie selon dit la sainte Bible. S’  il y a encore la vie c’est que la parole a encore  sa place.

Avez-vous suivi une formation particulière pour faire carrière dans le conte ?

Je n’ai pas suivi de formation particulière. J’ai plus tôt participé à plusieurs ateliers de formation organisés par les conteurs professionnels dont la réputation ne souffre d’aucune contestation. Aux côtés de ces sommités j’ai pu faire mes armes et aujourd’hui je peux affronter n’ importe quelle scène pour dires des contes.

Pour vous qu’est ce qui est le plus difficile dans l’art oratoire ? Est-ce la transmission du contre au public ou la maîtrise du conte par le conteur lui-même ?

 Pour moi cela va de soi. La maîtrise du conte est l’outil dont le conteur se sert pour faire passer le message. Donc l’un dans l’autre, cela fait partie des atouts d’un bon conteur.

Il est souvent dit que les africains savent naturellement conter ? Est-ce vrai ?

Ceci n’est pas faux en soi puisque l’africain est orateur à la base. Mais voudrais ajouter qu’à côté de ce qui peut paraître naturel, il y a toute une formation, tout un apprentissage à faire. C’ est un art qu’ il faut apprendre pour en maîtriser les rouages. Sinon regardez autour de vous, il y a des africains qui n’ excellent pas dans le conte pourtant leur enfance  fût bercée dans cet environnement.

Quels sont les festivals de conte et autres sessions de formation auxquels vous avez participé ? .

J’ai participé  au festival international de conte « Yeleen  » au BURKINA-FASO. A la Caravane du conte Abidjan-Dakar organisée par le Centre Culturel  Allemand,  à la Journée Mondiale de l’ Oralité organisée par la Compagnie Naforoba pour  ne citer que ces rencontres-là. A coté des festivals j’ai animé un atelier de formation sur le renforcement des capacités des conteurs professionels sur  l’ instument de musique traditionnel ( j ‘ai nommé l ‘Ahoco) au Benin, en janvier 20013.

Quels avantages aviez-vous tiré de cela ?

 Je suis sortie  de ces rencontres enrichies de l’expérience des autres conteurs. c est le résultat de tous ces partages qui font de moi la conteuse que je suis aujourd’ hui.

Le conte est aujourd’hui à la croisée des chemins avec la modernité qui tend à le faire disparaître. Pensez-vous que le conte a encore de beaux jours devant lui ?

 Je répondrai par l’affirmative car le conte peut se servir de la technologie moderne pour ventiler ses informations. Vu sous cet angle la modernité ne peut qu’être au service de l’oralité. Pour moi ces  deux entités se complètent.

Vous venez de participer à la journée mondiale de l’oralité. Que vous a inspiré la thématique choisie cette année et quelle a été votre contribution à cette journée ?

 Cette année le thème était :  »  Le conte comme facteur de développement d’une nation ». C’est un thème qui est d’actualité, et je pense que la nouvelle génération de conteurs que nous sommes essayons d’apporter notre contribution à notre mère patrie

J’étais sur le festival comme conteuse. C’était une belle rencontre artistique.

Comment ressentez-vous le fait que plusieurs pays viennent en Côte d’ Ivoire  pour célébrer le conte ?

 C’est un réel plaisir de communier avec les autres conteurs chez nous. Le conte est entrain de prendre prendre son envol sur la terre d’ Eburnie. Ces genres de rencontres sont à multiplier pour qu’il ait plus d’engouement autour du conte. Le fait d’accueillir plusieurs conteurs d’horizons divers est un excellent melting-pot pour célébrer l’art oratoire. J’en suis fière!

Depuis que vous exercez ce métier avez-vous le sentiment qu’il vous a changée ou changer quelque chose autour de vous ?

Bien sur ; le conte a changé ma vision des choses. A partir  du moment où tu passes le clair de ta vie à donner des leçons de vie aux autres en racontant des histoires, il est clair que tu t’ imposes une certaine ligne de conduite, si tu veux le pratiquer comme métier.

Vous êtes aussi comédienne et actrice. Comment le conte intervient-il dans ces autres corps de métiers ?

Le conte tout comme le téléfilm ou la pièce de théâtre, c’est une histoire qui a pour but d’ éduquer. La maîtrise de la parole est importante dans le jeu d’acteur. C’est un atout pour moi que je capitalise au maximum en fonction des situations.

* Il se dit généralement que le conte s’ adresse aux enfants. Pensez-vous que les adultes ont leur part à prendre ?

 On dit aussi qu’ en tout adulte sommeille un enfant « . Tout  le monde est concerné par le conte. il a un impact éducatif. Ce n’ est pas seulement les enfants qui ont besoin d’ être éduqués.  Le conte s’ intéresse à tous les âges.

Avec la modernité, ne pensez-vous pas que le conte est sorti de son cadre naturel ( clair de lune au village ) ?

   Le conte a ceci de mystérieux de sorte qu’ il transporte l’ auditoire. Pour moi quelque soit le décor ou l’ habillement du conteur, il édifie toujours. Le lieu ne me paraît pas mais plutôt le message véhiculé. Sinon on peut restituer le cadre ancien et conter…

 Pensez-vous que le conte est assez vulgarisé en Côte d’ Ivoire ?

   Pas vraiment ! beaucoup reste à faire.

Quel peut être l’apport du conte dans en pays en pleine reconstruction comme la Côte d’ Ivoire ?

     Le conte comme je le disais tantôt éduque; alors qui dit éducation dit construction du futur.

Quels sont les projets que vous nourrissez pour la promotion du conte en Côte d’ Ivoire ?

Je projette d’encadrer les enfants dans le domaine du conte. Ce sont ces enfants qui seront le porte-flambeau du conte demain.

Pouvez-vous nous dire un conte pour clore cet entretien ?

   En ces temps là, Dieu avait un ministère bien précis pour chaque chose sur terre. Le ministère de l’eau était réservé à la tortue et la tortue par mesure de prudence avait confiné toute l’ eau du monde entier dans sa carapace et se déplaçait avec. Chaque jour il y avait une longue fille d’ attente devant la case de dame tortue; puisque personne ne peut vivre sans eau. Mais au lieu de servir à boire aux uns et au autres, elle  pretextait etre fatiguée. Les murmures montaient jusqu’ à Dieu. Et  Dieu lui- même reconnu que la tortue n’avait pas cette attitude au moment de la passation des charges. Malgré tout Dieu calmait les plaignants, dans l’espoir qu’un jour la tortue revienne à de meilleurs sentiments. Un jour tout les cailloux avaient soif il allaient en fil indienne voire la tortue. Ce jour là, elle  disait que son enfant était malade et qu’il fallait le soigner avant de commencer le service de l’eau.

Dans la colère ils montèrent voir Dieu. Dieu n’en pouvant plus des plaintes donna l’ordre aux cailloux de régler les comptes à dame tortue. C’est depuis les cieux que tous les cailloux formèrent un grand bloque et et se jetèrent en chute vertigineuse sur la carapace de la tortue; qui se brisa en milles morceaux  et l’eau qu’elle contenait arrosa le monde entier. Les êtres vivants connurent la pluie pour la première fois. Il eut un déluge de sorte à former des marres, des lacs, des océans et tout ce que vous connaissez comme étendue d’eau. Voici l’origine de l’eau sur la terre.

Ramyond-Alex