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INTERVIEW / AKIM MOÏSE ( artiste-peintre ) :  » L’ ART NAÏF NE MOURRA PAS DE SI TÔT « .

Raymond Alex Loukou | | Arts Visuels

Akim Moïse fait partie des artistes-peintres ivoiriens qui croient en l’ avenir malgré les difficultés contextuelles. Cet adepte de l’ art naïf vit et travaille à Grand-Bassam. En attendant  une exposition individuelle pour valoriser son travail, le peintre s’ est prêté à nos questions.

  Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

   J’ ai fais l’ école de peinture artistique d’ Abengourou en 1990. Par la suite, j’ ai intégré l’ ENAS-CI ( Entreprise des Arts et Services de Côte d’ Ivoire. A la recherche du mon chemin, je suis tombé sur Kouakou Camille qui résidait à Bassam. J’ ai été séduit pas son travail. A partir de là, j’ ai déposé mes valises chez lui et mon apprentissage auprès de lui  a commencé.

Combien d’ années de présence totalisez-vous sur la scène artistique ? 

Neuf années jalonnées d’ expositions collectives. J’ ai participé à toutes les Biennales des Arts Naïfs d’ Abidjan ( BINA ) à compter de celle de 1998. En 2003, j’ ai exposé à l’ Alliance Française de Kumah ( Ghana ). J’ ai été à une expo à Douala au Cameroun en 2004. J’ ai participé à au moins trois éditions d’ Arkadi de Marie-Josée Hourantier. En 2011, j’ ai participé au Salon International des Arts Plastiques d’ Abidjan ( SIAPA ). L’ année dernière au mois de juin j’ ai participé à l’ expo  » Abidjan vue par les naïfs ivoiriens  » à l’ Institut Français de Lomé. Je pense à mon humble niveau avoir contribuer à faire connaître mon travail.

 Pourquoi avez-vous optez pour l’ art naïf ?

J’ ai touché à divers courants courants artistiques lors de ma formation. La peinture contemporaine m’ intéresse. Mais à la recherche de ma voie, je suis tombé sur les œuvres de  celui que j’ appelle affectueusement Maître Camille. J’ ai été subjugué par son travail. Je me suis dit : voilà ce que je veux faire! La minutie, la précision sont les qualités requises dans ce travail. Cela constitue la force du Maître.

 Qu’ est-ce que vous fascine tant dans ce courant ?

C’ est une peinture parlante. Elle transmet un message qui tout de suite su. Cette peinture est aussi un moyen didactique pour faire passer des messages. Souvent on traite les sujets avec beaucoup d’ humour.C’ est une peinture plaisante qui relate notre vécu quotidien.

 Une autre voie vous tente ?

Cela va dépendre mais pour l’ instant je compte m’ enraciner voire me perfectionner dans le naïf. Il y a encore des choses à explorer dans ce courant pictural.

 Quel regard jetez-vous sur les arts visuels en Côte d’ Ivoire ?

Les artistes ivoiriens se battent ou du moins ils se débattent. Ce n’ est pas le talent ni la créativité qui leur manquent. Cependant je crois que les structures en places ne s’ impliquent pas davantage dans le secteur. C’ est vrai qu’ il y a un Ministère de la Culture mais sa politique n’ est toujours pas bien perçue par nous les acteurs. Le Ministère devrait créer assez de plateforme pour permettre aux artistes de s’ exprimer. Au niveau des galeries il y a problème parce qu’ elles n’ exposent que les peintres connus alors qu’ il faut aussi donner la chance aux artistes moins connus de se mettre en lumière.  Au niveau du mécénat, l’ intérêt pour la peinture n’ est pas assez grand. Ne soyez pas surpris que les artistes aillent vers d’ autres cieux présumés plus favorables. Cela dit, il n’ y a pas lieu de désespérer. Sûrement que l’ avenir sera plus favorable.

Que doit faire le Ministère de la Culture ?

C’ est clair que le Ministère ne va se substituer aux artistes mais il peut créer des conditions de sorte que les artistes puissent s’ exprimer. Par exemple, au niveau du Palais de la Culture, le Ministère doit favoriser l’ exposition des œuvres des artistes sur ce site au moins chaque trois mois. Le Ministère peut également susciter des plateformes pour montrer les œuvres des artistes. Il peut créer des concours ou des prix à l’ instar des  » GRAFOLIES  » à l’ époque pour encourager la création locale. C’ est de cela que les artistes ont besoin. C’ est sûr qu’ après ce travail, les mécènes vont se signaler à leur tour. C’ est en tout cas un vaste chantier à explorer.

 Votre mot de fin.

Je voudrais d’ abord remercier Dieu.  Si je suis ce que je suis aujourd’hui , c’ est grâce à Dieu. C’ est par pure grâce ! Je voudrais remercier mes encadreurs et surtout mon Maître Kouakou Camille pour sa sollicitude. Un grand merci à vous car sans vous, nos œuvres passeront inaperçues. Vous faites un travail remarquable et vous méritez de la nation. Mon plus grand vœu c’ est de pouvoir exposer de façon individuelle mes œuvres. Ça sera une occasion pour que le public découvre mes ma signature. Je profite de vos colonnes pour lancer un appel aux mécènes pour qu’ ils s’ intéressent à mon travail. Vive l’ art en Côte d’ Ivoire !

Raymond loukou Alex