Parti de Dakar en 1966 pour atterrir à Lagos en 1977, le FESMAN vient de regagner Dakar sans doute pour se ressourcer et rebondir de plus belle. 1977 – 2009. Cela fait exactement trente-deux (32) ans qu’avait lieu à Lagos au Nigéria la deuxième et dernière (?) édition du Festival Mondial des Arts Nègres.
Une initiative du président-poète Sénégalais, Léopold Sédar Senghor qui a affiché ses ambitions dès la première édition en 1966. Il s’agit donc pour lui de réaffirmer la primauté de la culture et la contribution des artistes et écrivains Noirs à la pensée universelle. Mieux, il voulait ainsi permettre à tous ces créateurs de confronter les résultats de leurs recherches. D’où le thème « Fonction et importance de l’Art Nègre et Africain, pour les Peuples et dans la Vie des Peuples »
Après la 2ème édition, le FESMAN s’était abonné aux oubliettes puisque entre temps une biennale de l’art contemporain, Dak’art, prenait le pas sur cette importante rencontre artistique et culturelle.
Il suffit simplement d’évoquer les noms de quelques personnalités qui ont pris part à la première édition : André Malraux, Aimé Césaire, Duke Ellington, Joséphine Baker, Langston Hugues et bien d’autres pour s’apercevoir du gigantisme et de l’écho retentissant du FESMAN à travers le monde.
Si la 2ème édition a pu se tenir 11 ans après la premier en 1977 au Nigéria, il a fallu cependant attendre l’année 2009 soit 32 ans plutard pour le FESMAN III.
Ainsi du 1er décembre au 14 décembre 2009, la 3ème édition se tiendra à Dakar sur le thème «Renaissance Africaine, diversité culturelle et unité Africaine».
La bonne orchestration du FESMAN III sera l’affaire du dramaturge, poète et romancier Alioune Badara Bèye avec un budget conséquent estimé à 30 millions d’euros.
Au niveau des délégations inscrites, les résultats du côté de la Côte d’Ivoire retiennent pour la peinture et la sculpture, respectivement SORO Pehouet et Ayebi
Pour mémoire rappelons que le Grand Prix des Arts Nègres en 1966 a été remporté par l’ivoirien Christian Lattier qui malgré ce sacre est rentré sans gloire dans son pays.
Toute chose qui fait dire à bon nombre d’observateurs de la scène artistique que le jeune Pehouet après avoir remporté le Grand Prix Guy Nairay (Concours National des Arts Plastiques) en 2007 arpente ainsi les traces du maître, premier plasticien ivoirien Christian Lattier.
Il faut signaler que le FESMAN est ouvert aux artistes émergents et touche huit disciplines : littérature, danse traditionnelle et contemporaine, musique traditionnelle et moderne, mode, artisanat d’art, art visuel et cinéma.
Dakar, Lagos, Dakar. Un si long trajet. Telle est la chevauchée triangulaire d’une rencontre qui doit retrouver ses marques.