Il est des images qui parlent d’elles-mêmes. Je fais allusion aux superbes bijoux créés par une africaine moderne. Mise à part la dimension esthétique, ils ont une portée culturelle et pédagogique en ce sens que c’est une facon “agréable” de faire connaître au monde cette Afrique royale actuelle et historique au féminin oubliée, méconnue, inconnue. Ce serait une entorse à la culture de ne pas révéler ces bijoux aussi bien que leur créatrice au public. C’est avec ces mots que j’ai convaincu Carolyne de Feral de mettre de côté sa discrétion légendaire et de m’accorder cette interview pour notre journal “100 pour 100 Culture”.
Vous avez la parole. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Je suis Carolyne de Feral et je suis originaire du Cameroun. Je suis ingénieur du patrimoine, chercheur , artisan, conseillère et disciple du dernier roi sculpteur, Sa Majesté Zofoa 1 de Bamungo au Cameroun. Celui-ci s’est employé sa vie durant à sculpter maints chef- d’oeuvres, et également à rassembler et conserver les objets du patrimoine.
Est-ce vrai que votre surnom “Madame Culture”, provient de sa Majesté Zofoa en personne?
C’est vrai. Il m’avait aussi gratifiée d’un autre titre: “mère-roi”, titre accordé par Sa Majesté à des personnes émérites. Il avait été agréablement surpris que je m’intéresse obstinément au vêtement traditionnel, à la vesture ancienne de notre people afin de mieux les vulgariser par des écrits et aussi d’en faire des reconstitutions. Il m’avait fait l’honneur de me proposer cette tâche que j’executai avec bonheur mais aussi ô combien de difficultés. Vous savez, c’était une véritable course contre la montre pour les collecter, les restaurer et les préserver. Ca a été et cela continue à être une tâche ingrate mais paradoxalement gratifiante .
Pourquoi vous êtes-vous interessée aux thèmes royaux?
Je fais aussi allusion au titre de votre entreprise.
Je suis moi-même descendante d’une lignée royale du Grassland camerounais. De ce fait, j’ai eu l’avantage d’avoir un accès privilegié à beaucoup d’objets rares et intéressants. Sans oublier les informations culturelles et historiques de différents royaumes qui m’ont ouvert leurs portes, pour les besoins d’une thèse que je préparais avec le musée de l’Homme de Paris.
D’où vous êtes venue l’idée de cééer ”Reines d’Afrique”?
Comme je vous ai dit: restauration, préservation, reconstitution. Et déjà dès ma plus tendre enfance, j’ai toujours eu plaisir à créer et à fabriquer et vêtements et bijoux. A la vue de tout ce merveilleux patrimoine méconnu pour ne pas dire méprisé, Il était évident que quelqu’un avec une fibre artistique se lance dans cette aventure.
Pourquoi avez-vous donné à votre marque l’appelation de « Reines d’Afrique »?
Pour vous dire la vérité, c’est un hommage appuyé à toutes ces reines , véritables collaboratrices de l’artiste dans la finition de certaines realisations du maître que j’ai côtoyées: je fais bien entendu allusion au roi sculpteur Zofoa I, à l’époque où j’étais dans son sillage.
Pourquoi leur attribuer des noms royaux? Queen Pokou, Reine Zota,Yayo Dofoa, Mbenghaze, Mambou… Ce sont des noms de reines. Qui sont-elles ces reines?
VALORIATION DU PATRIMOINE. Ce sont des reines africaines. C’est pour sortir ces reines, actuelles ou historiques, de l’ombre et de l’oubli. C’est un clin d’oeil à mes illustres prédecesseurs.
Pourquoi seulement des Reines? Pourquoi pas de Rois?
C’EST UNE AUTRE HISTOIRE. MAIS CE N’EST PAS AFRICANO-CENTREE, C’EST JUSTE UN TREMPLIN OU ON S’APPUIT POUR S’OUVRIR A D’AUTRES.
Quel genre de bijoux créez-vous? Quelle matière? – Reines d’Afrique” est CREE avec DES MATEriAUX ANCIENS, PERLES ANCIENNES, DE PERLES DE BRONZE, BAKELITES. PIERRES AUSSI, tout matériau ayant une portée esthétique , DE POIDS D’OR ET DE BRONZE, DU LAITON, DES PERLES DE VENISE. ET CE SONT SOUVENT DES PIECES UNIQUES.
Votre enterprise “Reines d’Afrique concerne les bijoux uniquement?
Non, les BIJOUx NE SONT QU’UNE PARTIE, CAR NOUS FAISONS DE LA RESTAURATION, de la decoration, DES EXPOSITIONS AUSSI, C’EST UNE AVENTURE QUE NOUS ESPERONS FRUCTUEUSE.
Que souhaitez-vous pour votre firme?
Nous avons L’INTENTION DE L’INSCRIRE DANS UN CADRE DE CO-DEVELOPPEMENT ENTRE LE NORD ET LE SUD…