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A LA DÉCOUVERTE DE LA VILLA KAÏDIN : QUAND LES CULTURES DE DIVERS HORIZONS SE RENCONTRENT POUR CÉLÉBRER LE BRASSAGE CULTUREL.

Raymond Alex Loukou | | Arts Visuels

Motivation de la création de cet espace culturel.

Artiste, sculpteure, d’origine vietnamienne et ivoirienne d’adoption,  Kaïdin Monique  Le Houelleur  réside et travaille en Côte d’Ivoire, depuis les années 80.

Outre ses œuvres monumentales inscrites dans le paysage urbain d’Abidjan et dont la plus importante « l’Offrande » d’une hauteur de 6 mètres, taillée en marbre pour la Cathédrale Saint Paul  d’Abidjan, fut bénie par le Pape.

Elle a été  la lauréate du Pavillon de l’Afrique à l’Exposition Universelle de Hanovre  en l’an 2000. Son œuvre « Symbol of life »  (h 15 m) fut par ailleurs inaugurée par le Chancelier Gërhardt  Schroëder.

Son parcours d’artiste s’est doublé d’un engagement personnel en initiant des actions culturelles  pour  la Côte d’Ivoire, comme « la Côte d’Ivoire au quotidien »  au Centre Georges Pompidou en 1988, grâce à sa  rencontre avec le peintre Gérard Fromanger.

Rencontres tout aussi enrichissantes avec d’autres personnalités et artistes de renom venus également dans ce contexte d’implication culturelle. On citera pêle-mêle le célèbre peintre américain Jean Michel Basquiat, auquel elle a fait découvrir la Côte d’Ivoire, le pays Sénoufo, des écrivains, poètes, critiques d’art comme  Alain Jouffroy, Alain Borer, Jacques Leenhardt  entre autres, le grand peintre Espagnol Miguel Barcelo,  qui de ce fait, a séjourné à Grand-Bassam quelques temps, le photographe  Uwe Ommer, auteur des   » 1000 familles pour l’an 2000 « .

1993 est une année exceptionnelle pour l’artiste multidimensionnel qui a également  le grand honneur de recevoir, Leurs Altesses Impériales le Prince et la Princesse Takamado du Japon venus la première fois en Côte d’Ivoire.

Artiste avant-gardiste, l’ambition de Kaïdin a toujours été de développer le potentiel culturel et artistique de la Côte d’Ivoire, le promouvoir  et créer des échanges avec d’autres cultures à travers le monde.  Elle a toujours voulu servir de passerelle entre les artistes.

 

HISTORIQUE DE LA VILLA.

En Avril 2009, la « Villa Kaïdin »  lieu culturel,  fut inaugurée par l’événement « Tiébélé – Abidjan » réalisé en partenariat avec l’Ambassade d’Espagne.

Accueillies en résidence, des femmes artistes, paysannes du Burkina Faso, à qui elle avait fait découvrir le Musée des Arts Premiers à Paris et en Chine, ont démontré au public abidjanais leur talent. Cet événement consistait à montrer aux élèves des Beaux-Arts,  designers et autres, une technique traditionnelle du Burkina Faso, la peinture « KASSENA », un art en voie de disparition au fil des ans.

Son expérience d’artiste « nomade » qu’elle revendique et assume avec fierté lui a fait réaliser que pour aider les jeunes artistes et artisans africains au plan de leur développement personnel, culturel et économique,  la découverte des autres cultures et techniques était nécessaire.  A partir de ce moment-là, les résidences s’avéraient importantes et devaient remplir  au moins l’une des trois missions suivantes : la création avec des artistes africains,  un volet pédagogique et/ou un volet social.

Dans son programme  du premier semestre 2012, deux résidences ont eu lieu :   La première avec Emmanel Lincot,  fondateur de la chaire des études Chinoises contemporaines (Institut catholique de Paris), Emmanuel Lincot est Rédacteur en Chef de la revue Monde Chinois Nouvelle Asie et enseigne à l’école du Louvre ; Il intervient régulièrement sur France 24, BFM Radio, RFI et France Culture. Politiste et Sinologue (HDR), Emmanel Lincot a publié de nombreux articles et ouvrages sur les enjeux contemporains de la Chine tant dans les domaines politiques que culturels.

Le 1 er mars 2012,  Emmanuel Lincot  a entretenu les  » résidents  » de la Villa sur le thème:« Quelles relations entre la Chine et l’Afrique ? Histoire, enjeux et perspectives ».

La seconde a vu l’intervention  du conférencier d’Hugues  Le Houelleur. Hugues Le Houelleur  fait partie des pionniers, des aventuriers sauveteurs.

Né à Bangui, en Centrafrique, d’une mère métisse vietnamienne et d’un père français, après une enfance et adolescence en Côte d’Ivoire, des études de pisciculture en France, il travaille comme technicien à l’Orstom  en Côte d’Ivoire. C’est là qu’Hugues Le Houelleur découvre sa passion pour les orchidées et décide d’y consacrer toute sa vie.

Ayant suivi l’enseignement du professeur Aké Assi  et formé par le botaniste Italien Barbetta, Hugues Le Houelleur se perfectionne ensuite  au Vénézuela  avec un autre spécialiste Ernesto Fodats, de l’Université de Caracas.  Il ouvre en Côte d’Ivoire « Orchid’s Garden » son propre jardin botanique d’orchidées.

Lors d’une escale en France, en mars 1993, alors jeune trentenaire, Hugues Le Houelleur rencontre un membre de l’équipe du célèbre « radeau des cimes »  Francis Hallé, directeur du laboratoire de botanique tropicale de l’Université de Montpellier.  Lequel lui parle du barrage EDF  de Petit Saut, en GUYANE, sur le fleuve Sinamary, sur plus de 300 km carrés.  On y sauve les animaux … mais pas les orchidées. Hugues se sent investi d’une mission, ferme son Jardin botanique, s’envole pour la Guyane en Septembre 1993, au secours des orchidées de Petit Saut… C’est de cette merveilleuse aventure qu’Hugues Le Houelleur a entretenu les  » résidents  » avec projection du film « le Chasseur d’orchidées » le 16 mars 2012.

En dehors de ces résidences, des programmes de conférences, projection de films sur des sujets divers, animent la Villa Kaïdin tout au long de l’année. Depuis juin 2010, la Villa Kaïdin est ouverte aux mécènes, pour des réunions ou autres manifestations. Des événements culturels « à la carte » seront également proposés aux entreprises partenaires.

La Villa Kaïdin est Située  à la Riviera 2 dans la commune de Cocody.

En visitant cette Villa, l’on est marqué par les œuvres de Kaïdin consacrées au poète japonais Matsuo Baschô sur les traces de qui elle est partie de 2007 à 2008. De ce voyage, elle en est revenue avec des créations qui, tout en gardant leur originalité et leur authenticité rappellent les œuvres de l’artiste japonais.

La Villa Kaïdin telle que présentée ici est un véritable creuset d’échanges culturels. Une Villa métissée, transculturelle à l’image de la propriétaire qui a fait du brassage culturel son cheval de bataille tout au long de son parcours artistique. Une Villa de l’Universel au cœur de la capitale économique ivoirienne pour le bonheur des artistes et autres amoureux de l’Art.

Une Villa telle une auberge pour restaurer notre âme et notre esprit une vue d’une création artistique toujours renouvelée et dynamique.

 

Loukou Raymond-Alex