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Sindika Dokolo : Son louable dévouement pour la restitution des œuvres d’art africains

Arsene DOUBLE | | Art contemporain

Le monde de l’art contemporain africain a assisté, il y a plus d’une semaine, à la mort tragique de l’un de ses grands défenseurs, le Congolais Sindika Dokolo. Connu pour être un passionné de l’art, l’époux de la richissime angolaise Isabel dos Santos s’est illustré dans la lutte pour la restitution des œuvres d’art africains, volées au moment de la colonisation.

 

De son vivant, Sindika Dokolo a fait sienne la lutte pour la restitution des œuvres d’art africains. Il s’y est investi beaucoup. En Europe, Sindika Dokolo, l’époux de la richissime angolaise Isabel dos Santos, a milité pour que ces œuvres ou objets volés soient restitués aux musées africains. Pour ce combat, l’illustre collectionneur d’œuvres d’art accordait, sans arrêt, des interviews aux grands médias du monde entier.

« Grâce à cette acquisition, (…) j’ai eu subitement voix au chapitre sur des sujets tels que l’importance de l’art sur un continent en mutation, les travers du monde de l’art, la responsabilité politique des acteurs culturels (…) ou encore les contradictions inhérentes au concept même d’art africain par opposition à l’art en Afrique », a précisé le collectionneur d’œuvres d’art Sindika Dokolo, dans une interview à Jeune Afrique.

« Cette voix au chapitre » lui permet alors des prises de position qui enchantent et exaspèrent, selon le rivage où l’on se trouve. Sindika Dokolo le dit alors carrément, il s’agit de pillage, la restitution doit être immédiate et sans condition. En 2019, le collectionneur d’œuvres d’art menace ceux qui refuserait de rendre ces pièces de poursuites judiciaires. Il montre l’exemple en restituant une quinzaine d’objets personnels et pointe du doigt des collectionneurs bruxellois « dont (il) connaît très bien l’adresse. »

A celles et ceux qui le questionnaient sur la place qu’il entend occuper, Sindika Dokolo a répondu qu’il « se considère davantage comme un acteur politique dans le domaine de la culture, comme un mécène ou un promoteur d’artistes. »

« On a fait croire à trop de Congolais que leur histoire a commencé avec l’arrivée des premiers colons au 15ème siècle, qu’avant il n’y avait rien de bon, de beau et de grand. On a fait cela pour les convaincre qu’ils n’avaient pas de valeur par eux-mêmes. L’Histoire étant un instrument de domination parmi d’autre. », a-t-il soutenu.

Sindika Dokolo aura donné de son temps, de son énergie, de son amour et de son argent pour permettre à l’art contemporain africain d’acquérir ses lettres de noblesse. Sa disparition tragique soulève la question de la promotion des œuvres d’art africain. Y-aura-t-il des hommes et des femmes en Afrique, dévoués et fortement attachés à la chose artistique, pour poursuivre l’œuvre inachevée de ce grand passionné de l’art qu’était Sindika Dokolo ?

Arsène DOUBLE

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