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ART CONTEMPORAIN Regain d’activité à Abidjan, flambée des prix

Cheickna D Salif | | Arts Visuels

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Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, est devenue en l’espace de quelques mois une plaque tournante de l’art contemporain. L’on peut affirmer sans risque de se tromper que les mois d’avril et de mai sont très riches en vernissage et en exposition d’œuvre d’art.

Ce regain d’activité s’explique surtout par la prolifération des sites et espaces réservés exclusivement à l’art contemporain et à l’apparition sur la scène de l’art des collectionneurs et critiques d’art qui se sont érigés en véritables mécènes. Tels sont les cas de Illa Donwahi, Thierry Fieux, Mme Guirandou et le professeur Yacouba Konaté. Grâce à leurs actions respectives, Abidjan renoue avec les habitudes d’un pays stable, tant il vrai que l’art demeure un indicateur essentiel pour jauger le niveau de stabilité d’une nation. L’art se porte donc très bien ces temps-ci à Abidjan, du moins en termes de visibilité, comme pour réaffirmer que la crise politico-militaire n’est qu’un lointain souvenir.

Aujourd’hui, Abidjan peut se targuer d’avoir la Fondation Charles Donwahi pour l’art contemporain. Une bâtisse d’une trentaine de pièces mise à la disposition de l’art par Illa Donwahi et son frère Alain Donwahi qui entendent ainsi apporter leur modeste contribution à la promotion de l’art en Côte d’Ivoire. Comment pouvait-il en être autrement quand on sait l’engagement de Illa pour la mise en place de la section ivoirienne de l’AICA (Association Internationale des Critiques d’Art)?

Aujourd’hui, cette Fondation est devenue une plaque tournante de l’art contemporain à Abidjan. Le mercredi 22 avril dernier et ce jusqu’au 23 avril, la Fondation Charles Donwahi pour l’art contemporain a convié le public à un événement rarissime en Afrique, les 50 ans de peinture de Jean-Claude Heinen. Puisque nos peintures date des années des indépendances. C’est une première dans l’histoire de la peinture en Côte d’Ivoire d’assister à un tel événement. C’est sans doute pour cette raison que le Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo qui n’a pas voulu se le faire conter a effectué le déplacement. Cette exposition rétrospective a été l’occasion de revisiter 50 années de carrière picturale de Heinen qui, il faut le souligner est plus connu dans le domaine de l’architecture. Pour mémoire, il faut rappeler qu’il est l’architecte de l’immeuble de la BCEAO à Abidjan.

Ce même mercredi, autre décor, à la galerie Arts pluriels, Mme Guirandou a choisi de mettre en lumière les travaux du peintre Ghanéen, Abladé Glover. Malgré l’absence de ce dernier, le public invité a pu épiloguer sur les créations de Glover qui est resté égal à lui-même. Connu pour ses couleurs vives, donc chaude, il a présenté quelques monochromes bien réalisés qui atteste de la maîtrise de son art.
Né en 1934 à Accra au Ghana est diplômé de l’Université des sciences et technologies de Kumasi et de l’école des arts de Newcastle Upon Tyre de Londres et de l’université de Kent en Ohio aux USA.

À la galerie Arts Pluriels, l’on notait la présence, pour ce vernissage qui prendra fin le 30 avril prochain, de MM. Fologo, Essy Amara et de Mme Danielle Boni Claverie. Des personnalités de premier plan sur la scène politique ivoirienne. Toute chose qui a fait dire à certains visiteurs que l’heure est plutôt à la réflexion et à l’analyse quand on aperçoit les politiques s’intéresser de plus en plus à l’art sous nos tropiques.
Le lendemain jeudi, escale à la rotonde des arts au Plateau quartier des affaires à Abidjan.

En ces lieux, le professeur Yacouba Konaté et Yaya Savané exposent des jeunes plasticiens. Connu à Abidjan pour avoir participé à de nombreuses expositions Dagnogo, Pachard, Yapi Roger, Salif Diabagaté etc. ont travaillé sous le thème «L’histoire, nous regarde». Le hic de cette exposition, c’est un catalogue raté à la limité truffé d’erreur concernant certains artistes qui n’ont pas manqué de s’en plaindre et surtout la flambée des prix de leurs œuvres. Puisque pour la première sortie des moins connus d’entre eux, le compteur affichait la bagatelle des 2 millions de francs CFA. Et dire que nous sommes dans un pays où 48% de la population vivent avec moins de 1 dollar par jour. Il n’y a qu’un pas pour soutenir mordicus que l’art s’adresse à une élite voire à une certaine catégorie.

Heureusement pour nous que le mardi 21 avril dernier, la galerie Le Lab du passionné d’art Thierry Fieux a présenté au public des sculptures très contemporaines du sculpteur autodidacte Camara Demba. Réglant ainsi la question des limites et du devenir de cette discipline en Afrique. Sous l’inspiration des mangas personnages de bande dessinée japonaise et les conseils avisés du maître des lieux et de son équipe, Demba vient d’ouvrir une brèche essentielle sur la contemporanéité des créations des sculpteurs africains.

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