Exposition de peinture : Des galeries au Palais de la Culture

Les arts visuels au quotidien
Sur les bords de la lagune Ebrié, les arts visuels retrouvent peu à peu leur lustre d’antan. Comme pour dire que la Côte d’Ivoire renaît avec les arts plastiques. Ainsi, il ne se passe pas un mois sans que l’on assiste à la mise en lumière des travaux des artistes plasticiens. Les galeries tels le Lab, Arts pluriels, Houkami Guyzagn, Eureka ouvrent leurs portes à des artistes ivoiriens et Africains. Le palais de la culture d’Abidjan vient par ailleurs d’ouvrir le 23 mai dernier sa saison avec une série d’expositions annoncées par son directeur général, Sijiri Bakaba.
Tamsir Dia inaugure « Krohma » à la galerie le Lab…
Le 8 mai dernier, à la galerie le Lab, sise aux 2 Plateaux, les Vallons, rue des jardins une exposition et non des moindres se déroule avec la présence des artistes, collectionneurs, amateurs d’art, journalistes et du grand public. Parmi les participants, l’on pouvait distinguer la voix imposante de Samir Jacques Stenka qui lance à l’endroit de son interlocuteur Thierry Fieux (collectionneur) : «Tamsir, c’est le meilleur d’entre nous. C’est le plus grand artiste plasticien de Côte d’Ivoire». Cette confidence finie de nous convaincre sur la capacité et tout le bien qu’on dit de Tamsir, quand on parcourt ces toiles accrochées sur les cimaises de la galerie le Lab. Une peinture singulière qui force le respect tout en démontrant la maturité de l’artiste. En 1992, Tamsir a été parmi les rares Africains invités par la biennale de Venise. Ce ne fut donc pas une surprise pour personne lorsqu’en 1993, le jury des Grapholies est tombé sous le charme de son travail. Toute chose qui lui a valu le premier prix de cette importante rencontre des arts plastiques qui n’a duré que le temps d’une édition. Aujourd’hui, Tamsir reste égal à lui même et mérite qu’on s’arrête un temps soit peu sur son travail quand on sait qu’il impose au spectateur le respect dû à son talent.
Salif Diabagaté pour son premier coup d’essai à Eureka…
Le talent de cet artiste n’est plus à démontrer et n’a pas du tout été entamé. Après avoir exposé dans d’importantes galeries à travers le monde et assisté à des biennales, workshop et rencontres artistique, Salif Diabagaté était au début mois de mai à sa toute première exposition individuelle à Abidjan. Comme il fallait s’y attendre l’artiste n’a pas du tout déçu. L’on a pu voir des pièces maîtresses qui marquent le parcours artistique de Salif Diabagaté s’inspirant de la cosmogonie Sénoufo d’une part et des portes Dogon d’autre part. Formé à l’Ecole Nationale des Beaux-arts d’Abidjan où il est par ailleurs enseignant depuis deux ans, l’artiste a acquis en maturité
Augustin Kassi et Yasmina, chantres des mamans à la galerie Arts Pluriels…
Comme à l’accoutumée, la galerie Arts Pluriels a pour cette année 2008 célébré les mamans à l’occasion de la traditionnelle fête des mères.
Des œuvres marquées par une innocence et une sincérité du regard à travers des couleurs éclatantes et souvent l’aplatissement de la perspective. Sous sa désinvolture, l’écriture plastique de Kassi cache des conventions techniques et optiques très élaborée, une stylisation, et une volonté de structuration et d’harmonie visuelle. Avec cet artiste, on ne saurait donc assimiler l’art naïf à l’insuffisance technique. La simplification est aussi un moyen de dépassement dont Augustin se sert d’instinct, pour imprégner ses créations d’un pouvoir signifiant, plus direct.
À côté de Kassi à la galerie Arts Pluriels, l’artiste Tunisienne de renommée internationale, Yasmina Felhi-Debache a présenté ses bijoux à partir de mélange de matières. En effet, par déclinaison du traditionnel Berbère vers une ligne contemporaine, elle en sort des colliers, ceintures, bracelets, boucles d’oreilles, bijoux. Les créations de Yasmina sont l’expression même du métissage et de l’échange.
Séni Bamogo et Djiré Mahé ouvrent la saison artistique du Palais de la Culture d’Abidjan
Au niveau des arts visuels, le Palais de la Culture d’Abidjan s’est toujours distingué en donnant la possibilité aux artistes très souvent oubliés de présenter leurs œuvres aux amateurs d’art, collectionneurs et au grand public. Pour ce faire, le Palais était un haut lieu de référence en la matière. Le vendredi dernier, c’est avec une très grande satisfaction de la part des habitués que le Palais a renoué avec ses habitudes d’antan en mettent en lumière les travaux de deux artistes : Séni Bamogo et Djiré Mahé. Et à l’annonce du Directeur Général des lieux d’organiser une fois par mois une exposition de peinture démontre de la volonté de Sijiri Bakaba de ne pas rater la renaissance de la Côte d’Ivoire à travers les Arts Plastiques. C’est ainsi qu’à travers le thème « La construction de la vie » Djiré Mahé et Séni Bamogo ont proposé une soixantaine de toiles qui interpellent sur la nécessité de nous s’inspirer de notre passé pour construire notre avenir. L’homme est au centre de ces œuvres. Sa souffrance est mise en exergue. Dans tous les cas cette exposition annonce sans nul doute une nouvelle Côte d’Ivoire.