Hantavirus en France : quarantaines, isolements, contrôles… le gouvernement durcit le protocole sanitaire

Photo: XAVIER GALIANA/AFP
La France franchit un nouveau cap dans la gestion du risque lié à l’hantavirus. Après le rapatriement dimanche des passagers français du navire d’expédition MV Hondius, les autorités ont publié un décret renforçant immédiatement les mesures sanitaires sur le territoire. Isolement prolongé, quarantaine obligatoire, surveillance des cas contacts et sanctions pénales : face à la confirmation du premier cas positif en France, l’exécutif veut éviter toute propagation du virus.
Ce lundi matin, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a confirmé qu’une passagère rapatriée présentait un test positif à l’hantavirus après avoir développé des symptômes durant le vol retour. Une annonce qui marque un tournant dans cette affaire sanitaire suivie de près depuis plusieurs jours.
Des passagers du MV Hondius placés sous surveillance stricte
Le nouveau décret publié au Journal officiel détaille précisément le protocole désormais appliqué aux personnes ayant séjourné à bord du MV Hondius, ce navire de croisière devenu le centre d’un foyer d’infection particulièrement surveillé.
Les cinq passagers français rapatriés dimanche ont été immédiatement transférés à l’hôpital Bichat, à Paris. Selon les nouvelles règles, ils doivent être placés en quarantaine dans un établissement de santé le temps de subir une évaluation médicale et épidémiologique complète. À l’issue de cette phase, les autorités peuvent décider soit de prolonger leur quarantaine, soit de les placer à l’isolement pour une durée pouvant atteindre quarante-deux jours.
Parmi eux, une femme testée positive à l’hantavirus a vu son état se dégrader rapidement après l’apparition de symptômes pendant le voyage retour depuis les Canaries. Les quatre autres passagers ont, pour l’instant, été testés négatifs, mais restent hospitalisés sous surveillance renforcée avec de nouveaux dépistages prévus dans les prochains jours.
Le gouvernement assume clairement un durcissement du dispositif. L’objectif est désormais de limiter au maximum les risques de transmission et d’identifier rapidement toute personne potentiellement exposée au virus.
Cas contacts, quarantaine à domicile et sanctions : la France active un dispositif exceptionnel
Le décret ne concerne pas uniquement les passagers du navire. Les autorités sanitaires élargissent également les mesures de contrôle à toutes les personnes ayant été en contact avec des voyageurs du MV Hondius ou avec des malades confirmés.
Selon le texte, ces cas contacts pourront être soumis à des mesures de quarantaine ou d’isolement si les autorités estiment qu’il existe un “risque sérieux d’infection”. Cette évaluation dépend notamment de la proximité des échanges, de leur durée et du port éventuel d’équipements de protection.
Deux vols internationaux datant du 25 avril font aussi l’objet d’une surveillance particulière. Les passagers concernés doivent désormais se signaler rapidement aux autorités sanitaires et respecter une quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation médicale.
Ces vols ont été identifiés après le décès d’une passagère néerlandaise liée au foyer épidémique du MV Hondius. La sexagénaire, qui présentait déjà des symptômes digestifs lors de son trajet entre Sainte-Hélène, Johannesburg et Amsterdam, est décédée peu après son arrivée en Afrique du Sud. Son infection à l’hantavirus n’a été confirmée que plusieurs jours plus tard.
Au total, plus d’une vingtaine de personnes présentes en France sont actuellement considérées comme des cas contacts à surveiller. Toutes ont reçu pour consigne de s’auto-isoler immédiatement.
Le gouvernement prévoit également des sanctions sévères en cas de non-respect des mesures imposées. Le décret rappelle que le refus de se conformer à une quarantaine ou à un isolement peut entraîner jusqu’à six mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende.
Alors que l’hantavirus reste une maladie rare en Europe, cette séquence montre à quel point les autorités françaises redoutent désormais l’apparition de nouveaux foyers importés. Entre vigilance sanitaire, surveillance hospitalière et contrôle des déplacements, la France entre dans une phase de précaution maximale face à un virus encore peu connu du grand public.
Alexandre Martin