Suivez Nous

Le désert californien, scène éphémère d’un théâtre géopolitique et poétique

Lucie Assi | | Art contemporain
Png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAABAAAAAKqAQMAAACehL5yAAAAA1BMVEUAAACnej3aAAAAAXRSTlMAQObYZgAAAGtJREFUGBntwQEBAAAAgqD+r3ZIwAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAADuBVe5AAEdNJdrAAAAAElFTkSuQmCC
Des danceurs devant une oeuvre de Sarah Meyohas dans le festival Desert X en Californie le 7 mars.  Photo : AFP/VNA/CVN

Dans l’immensité aride de Coachella, le festival Desert X déploie à nouveau ses installations monumentales, entre reflets trompeurs, pierres ancestrales et innovations écolo-futuristes. Pour sa 4ᵉ édition, l’événement artistique, ouvert jusqu’au 11 mai, mêle audace esthétique et discours engagé, invitant le public à déchiffrer les fractures du monde moderne sous un soleil de plomb.

Quand l’art interroge le réel : miroirs de vérité et marbre éternel
Sarah Meyohas, artiste franco-américaine, a choisi le désert comme laboratoire optique. Son œuvre phare ? Une centaine de miroirs métalliques courbés, alignés sur un muret de stuc, qui captent la lumière pour tracer une phrase énigmatique : « La vérité arrive par des rayons inclinés ». Une métaphore lumineuse dans un époque brouillée par les fake news.
« La vérité est une notion vraiment importante dans le monde d’aujourd’hui », confie-t-elle. « Et j’essaie de faire un art qui ne trompe pas les gens ».

Png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAABAAAAAKjAQMAAAC5i++6AAAAA1BMVEUAAACnej3aAAAAAXRSTlMAQObYZgAAAGtJREFUGBntwTEBAAAAwiD7p14MH2AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAC8BVQyAAG604MLAAAAAElFTkSuQmCC
L’artiste mexicain Jose Davila pose devant son oeuvre dans le festival Desert X en Californie le 7 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

À quelques kilomètres, le Mexicain Jose Davila dialogue avec le temps long. Empilant des blocs de marbre de 16 tonnes, son installation « Du fait d’être ensemble » évoque Stonehenge… en plus minéral. « Des cailloux comme ceux-là nous rappellent que certaines choses sont là pour rester alors que les désagréments finissent par passer », philosophe-t-il.

Boue high-tech et résilience écologique : l’architecture du futur ?
Ronald Rael, lui, réinvente les traditions avec un robot. Son « oasis en adobe » ? Des huttes imprimées en 3D à base de boue et de paille, un clin d’œil aux techniques ancestrales amérindiennes. Mais derrière le geste artistique, un plaidoyer brûlant : ces matériaux « à l’épreuve des flammes » pourraient, selon lui, remplacer le béton vulnérable des zones sinistrées.

Les récents incendies californiens, qui ont fait 29 morts en janvier, résonnent dans son propos. « C’est le plus vieux matériel de construction de l’humanité », défend-il. « Les bâtiments calcinés étaient pleins de plastique et de produits toxiques. Aujourd’hui, les habitants de Los Angeles ne peuvent toujours pas boire l’eau courante ».

Entre mirages et matérialité, Desert X 2024 transforme le sable en manifeste. Chaque installation, fragile ou monumentale, questionne notre rapport au réel – un spectacle éphémère, mais aux échos durables.

Lucie Assi

Mots-clefs :

Laisser un commentaire

100pour100culture
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.