L’Église catholique ouvre la porte à la bénédiction des couples homosexuels

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; ce serait une abomination. » Peut-on lire dans la Bible hébraïque, Lévitique (18, 22). Le Vatican a publié un document qui autorise les prêtres à bénir les unions de personnes de même sexe et de couples non mariés, tout en réaffirmant son refus du mariage homosexuel.
L’Église catholique a fait un pas historique vers l’accueil des personnes homosexuelles et des couples « en situation irrégulière ». Dans un document intitulé « Sur la bénédiction des unions de personnes de même sexe », la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’organe chargé de veiller à la pureté de la doctrine catholique, a donné son feu vert pour que les prêtres puissent bénir ces unions, à condition qu’elles soient « ordonnées à vivre dans la fidélité, dans la continence et dans l’ouverture à la vie ».
Le document, approuvé par le pape François, reconnaît que « Dieu ne cesse de bénir chaque personne de bonne volonté qui vit dans cette situation, en reconnaissant les éléments constructifs de ces unions qui favorisent la croissance humaine et spirituelle ». Il précise toutefois que la bénédiction des couples homosexuels et des couples non mariés n’est pas un sacrement, et qu’elle ne doit pas être confondue avec la bénédiction nuptiale, réservée aux couples mariés selon le rite catholique.
L’Église catholique maintient en effet son opposition ferme au mariage homosexuel, qu’elle considère comme « un péché grave » et « une profanation du plan de Dieu sur le mariage et la famille ». Le document rappelle que « Dieu a créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance, et les a appelés à se donner l’un à l’autre dans l’amour et dans la fécondité ». Il affirme que « la bénédiction de Dieu ne peut être invoquée sur le péché » et que « la bénédiction des unions homosexuelles ne peut être considérée comme licite ».
Cette décision du Vatican intervient après des années de débats au sein de l’Église catholique sur la question de l’homosexualité, qui a divisé les fidèles et les clercs. Certains évêques et prêtres, notamment en Allemagne, en Belgique ou aux États-Unis, avaient déjà pris l’initiative de bénir des couples homosexuels, au risque de s’attirer les foudres de Rome. D’autres, plus conservateurs, s’étaient opposés à toute ouverture envers les personnes LGBT, invoquant la fidélité à la doctrine traditionnelle.
Le pape François, qui avait déclaré en 2013 « Qui suis-je pour juger ? » à propos des homosexuels, avait manifesté son soutien à une loi sur les unions civiles pour les personnes de même sexe, lors d’un documentaire diffusé en octobre 2020. Il avait alors affirmé que « les personnes homosexuelles ont le droit d’être dans une famille » et qu’elles « ont besoin d’une couverture légale ». Ses propos avaient suscité l’espoir de nombreux catholiques homosexuels, mais aussi la controverse chez certains de ses détracteurs.
Rachelle Tapé
Mots-clefs : Église catholique, homosexuels, Le pape François