Le champion de lutte sénégalaise Gris Bordeaux en colère contre le ministre de la justice

Gris Bordeaux, président des lutteurs en activité au Sénégal
Les lutteurs sénégalais ont affiché leur mécontentement contre le ministre de la justice Me Malick Sall, qui les a accusés d’être à l’origine des violentes manifestations qui ont secoué le pays le mercredi dernier, dans une interview accordée à France 24. Gris Bordeaux, président des lutteurs en activité au Sénégal, a annoncé une plainte contre le ministre de la justice.
Gris Bordeaux, président des lutteurs en activité au Sénégal, se dit très révolté contre le ministre de la justice Me Malick Sall, qui a porté de graves accusations contre les lutteurs sénégalais lors d’une récente interview accordée à France 24. Le champion de lutte sénégalaise a décidé de porter plainte contre le ministre Me Malick Sall, qui les a en effet tenus pour responsable des violentes manifestations qui ont récemment secoué le pays après l’arrestation d’Ousmane Sonko, l’un des opposants au président Macky Sall.
Dans une émission de la Zik Fm, Gris Bordeaux a fait l’annonce d’une plainte contre le ministre de la justice en ces termes : « Nous sommes en train de parler avec l’avocat de l’association qui m’a conseillé de porter plainte. Donc on va le faire. Parce qu’il a parlé sur une chaine internationale. Il faut le dire, depuis le début du Covid-19, nous n’avons pas reçu l’aide de l’Etat et pourtant nous sommes restés dignes. Face à cette situation, l’Etat n’a qu’à tirer des leçons au lieu d’accuser des lutteurs. C’est du n’importe quoi ! »
Avant la déclaration de Gris Bordeau, Khadim Gadiaga, président d’honneur des lutteurs en activité, avait exprimé sa surprise mais aussi son indignation face aux propos controversés du ministre Malick Sall.
« J’ai été surpris et abasourdi par les propos du ministre de la justice lors de son interview sur la chaine d’informations française France 24. C’est notre autorité, nous le respectons beaucoup mais que les lutteurs sont sortis pour manifester leur colère en pillant parce qu’ils n’ont pas de combat me choque énormément. Et s’il veut dire que tous ces jeunes que l’on a vu dans les rues de Dakar pendant des jours sont tous des lutteurs alors prenons tous les universités et faisons-en des arènes où lutter », s’est indigné le président d’honneur des lutteurs en activité.
Et Khadim Gadiaga de mettre en garde : « Il est temps qu’on respecte les lutteurs dans ce pays. Souvent, ils sont accusés d’être des nervis et je puis vous assurer que s’ils se réclament pratiquant de la lutte, ils n’ont pas de licence. Dans notre association, nous avons simplement décidé de bannir tout membre s’adonnant à cette violence. Je pense qu’il faut rectifier cette erreur et avoir de la considération pour ce noble métier que l’on fait. A l’unanimité, nous voulons qu’on rectifie ce discours ».
Le mercredi 3 mars, après l’arrestation du député Ousmane Sonko, président du parti Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) et opposants au président Macky Sall, le pays est entré dans une phase de contestation qui a causé plusieurs pertes en vie humaine et d’importants dégâts matériels.
Pour expliquer ces violentes manifestations réclamant la libération d’Ousmane Sonko, qui s’apprêtait à aller répondre d’accusations de viol sur une employée d’un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser, le ministre de la justice Me Malick Sall a affirmé sur France 24 que les lutteurs sans combat depuis un an sont les manifestants des émeutes notés récemment au Sénégal.
Arsène DOUBLE
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