En danger d’extinction : Des experts au secours des langues africaines

A la clôture du 27ème congrès de la société linguistique de l’Afrique de l’Ouest (Slao), vendredi dernier, 19 août, à Abidjan sous le thème « typologie et documentation des langues », les experts en linguistique ont, au titre de l’avenir des langues africaines, recommandé que soit développée la recherche sur les langues émergentes dans les sociétés africaines telles que le nouchi, le franlof, etc.
Les langues africaines sont en danger d’extinction. C’est au vu de ce constat que les linguistes ont préconisé également qu’elles soient mises au centre des politiques de développement.
« Toutes les langues africaines, grandes ou petites, sont en danger d’extinction (…) parce que bon nombre d’entre elles n’ont pu résister au violent choc culturel et physique qu’a constitué la rencontre de l’Occident avec l’Afrique », a indiqué le Pr. Jérémie Kouadio, doyen de l’Ufr langues littératures et civilisation et président du comité d’organisation de ce congrès qui a duré cinq jours.
Aussi, a-t-il expliqué qu’il urge que toutes les langues qui survivent encore livrent leurs secrets c’est-à-dire leur phonétique, leur fonctionnement syntaxique et leur lexique.
C’est d’ailleurs pourquoi le congrès a recommandé l’exploitation du potentiel scientifique des langues africaines. Et cela à travers la production de documents de référence sur leur phonologie, leur fonctionnement syntaxique et leur lexique. Mieux, il recommande
également le développement de projets de création de dictionnaire dans les langues africaines.
Pour les experts venus d’Afrique et de l’Occident, il faut faire des langues africaines des instruments de développement et de cohésion sociale. Ainsi, le 27ème congrès de la Slao recommande de vulgariser et de promouvoir le rôle de la langue dans le rétablissement et le
renforcement de la paix.
Toute chose qui rejoint les préoccupations du directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur, Alexis Ibo, pour qui, « la langue en tant vecteur de la culture doit diffuser nos valeurs, intégrer nos diversités, vulgariser notre identité et promouvoir le développement.»
« Le président Alassane Ouattara accorde une place de choix à la donne linguistique dans sa politique de réconciliation nationale et de recherche scientifique», avait souligné à l’ouverture M.Alexis Ibo.