Inna Modja : Récidive à Motel Bamako !
Pour son troisième retour sur la scène, Inna Modja, cette jeune native du Mali ne choisit pas mieux que de retourner aux sources. A Motel Bamako. Là où tout a commencé. Elle a voulu faire honneur et rendre hommage à ses aînés comme le Rail Band l’orchestre du buffet de la gare de Bamako qui lui ont beaucoup appris.
Dans le même temps le clip « Tombouctou » extrait du dernier album « Motel Bamako » d’Inna Modja qui sera dans les bacs à partir de demain 2 octobre, exprime une liberté à raconter une urgence qui brûle au fond d’elle. Elle ne manque pas de caricaturer la violence faite sous les tropiques aux femmes qui ne demandent qu’à être libres. A travers cette image qu’elle essaie de dépeindre, elle défend la cause de toutes les femmes opprimées dans le monde. Il est constant que l’amélioration de la condition féminine est un challenge qui va au-delà des frontières africaines. Inna ne manque pas d’inspiration dans ce domaine.
Ses racines africaines enflamment dès lors son inspiration. Inna est alors décidée à dénoncer avec Oxmo Puccino en qui elle trouve naturellement un alter ego d’enfants insolents qui ridiculisent dans une ironie joyeuse les dirigeants africains. A travers le titre « Speeches », les deux compères tirent à boulet rouge sur ceux qui se moquent du peuple à coups de discours sans fond. Inna est consciente de la ruse des hommes politiques qui abusent de la naïveté du peuple pour lui servir des paroles creuses qui ne traduisent rien de concret.
Pour Inna Modja, il y une urgence à retourner chez elle en raison de la souffrance que vit le peuple malien de puis un certain temps. Et, on comprend aisément l’intitulé de son titre « Going Home ».
Ce titre est très évocateur et marque quelque peu le caractère guerrier de l’artiste. En effet, il y a presque du tout en Inna Modja. Musicalement son dernier opus aura démontré la capacité de survoler savamment plusieurs rythmes, anciens comme nouveaux dans une orchestration, une symbiose et une harmonie musicales. Celle, qui, déjà en 2007 était vue par la maison Disque Warner comme à la croisée de la pop, de la soul et de la funk a bien s’est bien bonifiée au fil de trois albums pro.
« Motel Bamako » est de facto un agréable mélange de Blues du désert du Sahel avec les guitares mandingues pendant que la flûte peule et la Kora rencontrent le hip hop. Une musique qui rythme bien sûr avec son adolescence et qui imprègne sa descendance Bambara. L’originalité et la richesse de ses compositions ne peuvent laisser de place qu’à une œuvre de grande qualité.
Firmin Koto
