ANCIEN FEU : Qui peut prétendre connaître l’Amour ?
La première de couverture est belle voire sexy. La couleur est un savant mélange de rose et de rouge. Couleurs de l’amour et de la passion. La quatrième de couverture nous expose le visage de l’auteur. Une jeune et belle dame au sourire charmant. Elle s’appelle Nathalie Amani N’guessan-Gballou. Le lectorat ivoirien la connait très peu. Pourtant « Ancien Feu », ce roman-ci est déjà sa troisième œuvre.
Le titre « Ancien Feu » nous renvoie au français populaire ivoirien. Il dénote le souvenir d’un amour passé. Un amour du passé qui peut renaître comme le sphinx de ses cendres. Car le véritable amour défie le temps et l’espace. C’est en quelque sorte la trame de ce petit roman long de 130 pages. En scène sur ce territoire où l’amour est roi Robert et Natacha. Ils pensaient leur amour englouti par le dictat de la distance et du temps. Quand ils se sont vus dans le cadre de leur service, après une demi-dizaine d’années, ils n’avaient pas imaginé que le destin allait leur jouer un de ces tours ! Il est bien connu : la logique de l’amour échappe à la raison. La jeune fille vit avec un homme, Thomas, dans un foyer apparemment stable. Le jeune homme, lui, prétend être en instance de divorce avec son épouse avec qui il a des enfants. Le service les rapproche. Les voyages les rapprochent davantage. La proximité et l’habitude finissent par faire vibrer les cœurs. Chacun éprouve cette soif tyrannique de l’autre. Mais il faut se libérer du présent pour se réconcilier avec le passé. Malgré les incompréhensions, les suspicions, les hésitations, le feu de l’amour sous la cendre continue de vivre et de battre comme leur cœur.
Nathalie Amani, avec réalisme, nous relate une de ces petites histoires d’amour qui peuplent la vie des hommes et des femmes. Dans les villes et villages, dans les bureaux et les services se nouent et se dénouent des destins. Mais il faut que cette histoire dépasse l’anecdote pour qu’elle nous arrache de la grisaille quotidienne. Et c’est là que pèche notre autrice. Ni le style ni le rythme de cette histoire ne nous emportent. L’écriture manque de folie et de fantaisie. De la paralittérature en somme.
Etty Macaire