Notre Doge à Venise

C’est la magnifique artiste Berlinde De Bruyckere qui nous représentera à la Biennale de Venise qui s’ouvre le 1er juin. Elle s’inspire pour ce projet de l’image de saint Sébastien et des livres du prix Nobel, Coetzee, qui est son « commissaire ». Une artiste qui mêle toujours Eros et Thanatos et les métamorphoses de nos corps.

Le port de Gand, ce vendredi sous le soleil. Juste à côté, tout l’atelier de Berlinde De Bruyckere prépare fébrilement le pavillon belge à la prochaine Biennale de Venise. L’artiste ne veut rien dévoiler et veut que ce soit un choc, le 29 mai, à l’ouverture aux officiels.

L’œuvre de cette grande artiste suscite tant d’émotions. La vulnérabilité, la fragilité et la solitude en sont un fil conducteur. Elle puise son inspiration dans l’histoire de la littérature et du cinéma, mais témoigne aussi dans son travail artistique d’un grand amour pour les maîtres anciens comme Lucas Cranach et Antonello da Messina. Berlinde De Bruyckere travaille avec des corps de chevaux, des arbres, des corps humains et animaux coulés dans la cire, qu’elle présente dans un état déformé, torturé. Elle met particulièrement l’accent sur la composition et la texture de ses sculptures : le pelage brillant des chevaux, l’épiderme cireux des figures humaines laissent percer le rouge et le bleu du sang et des artères, les boursouflures des blessures. « Mon esprit me porte à chanter les formes changées en corps nouveaux », écrit Ovide dans ses « Métamorphoses ».

Guy Duplat

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